L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

Le Duché de Normandie : The End. 16 avril 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 38 min

 

   

                                                      La mort du Lion.

   Qui aurait pu imaginer  que le Duché de Normandie vivait ses dernières années lorsque le Duc Roi Richard  Cœur de Lion et le Roi  de France Philippe Auguste partent ensemble faire la troisième  croisade,  Richard Cœur de Lion ayant convaincu  son ennemi juré de l’accompagner .

Les deux Rois prennent la croix le même jour !  C’est vrai que la confiance ne règne  pas trop entre ces deux là !  le Roi de France est toujours prêt à grignoter cette Normandie tant convoitée. De toute façon dès le début de la croisade, Philippe Auguste  rebrousse chemin.

Le temps de faire quelques conquêtes en guerre Sainte,  Richard désire  aussi rentrer,  l’esprit peu tranquille. Mais c’est sans compter sur la duplicité du Roi de France que le fait capturer en route par le Duc d’Autriche qui n’y va pas par le dos de la cuillère pour  la rançon. Deux mille marcs d’or ! 280px-Château_Gaillard_(Les_Andelys),_vu_du_ciel me demandez pas à quoi ça correspond : Google qui sait tout n’a pas su me le dire !

Il aura fallu pour rassembler toute cette somme  le concours de sa mère,  Eléonore d’aquitaine, l’argent des Barons et même des paysans pour qu’il puisse être libéré un an et demi plus tard !

Plusieurs années seront  nécessaires pour restaurer la situation,  la stabiliser et tenir en respect tous les vautours;   il fait édifier plusieurs forteresses le long des rivières mais sa fierté est  Le Château Gaillard situé aux Andelys . Dominant la Seine , rapidement construit,  il l’appelle  »Ma fille d’un an. »

A 41 ans, c’est l’un des plus puissants personnages de cette époque ; Rappelons qu’à l’âge de 11 ans,  il est intronisé Duc de Normandie et Roi d’Angleterre. Il semble invincible et pourtant!

Qu’avait-il besoin d’aller guerroyer à Chalus  en Haute Vienne ,  pour récupérer,  nous dit la légende,  un trésor que le Vicomte de Limoges aurait trouvé sur ses terres,  trésor romain ayant appartenu à un proconsul  Lupius Capréolus  vivant vers 44 ans avant Jésus Christ composé de 12 statues en or grandeur nature. Le Vicomte propose de partager le magot avec son suzerain. Comment ?  partager?  il me revient de droit ce trésor! il va me » le bailler de gré ou de force ce magot »!

Et  voilà notre vaillant Lion aidé de son fidèle lieutenant Mercadier et de quelques hommes d’armes en route pour Chalus.

la forteresse est modeste et mal défendue. Richard évalue les forces en présence (une petite dizaine de soldats) sous la direction du défenseur Bertrand de Gourdon.

Les chevaliers de Chalus voyant leur cause perdue,  hissent le drapeau blanc et offrent au Roi de lui livrer le château contre la vie sauve. Richard réplique qu’il n’aime pas les lâches , qu’il prendra la forteresse de « vive force et qu’il les fera tous pendre »

Chacun se prépare au combat et c’est sans armure (il est invulnérable n’est-il pas le Lion?) qu’il s’apprête à affronter l’ennemi .

Avec son fidèle lieutenant, il fait le tour de la place pour reconnaitre l’endroit le plus propice d’où il va pouvoir donner l’assaut. C’est alors que l’arbalétrier Bertrand de Gourdon tire une flèche du haut du château atteignant Richard au bras. Il retire lui-même la flèche, mais les soins de son chirurgien n’empêcheront  pas la gangrène et la mort quelques jours plus tard. Il aura eu le temps de faire pendre, comme il en avait fait la promesse toute la garnison sauf  Bertrand de Gordon qui lui avait décoché  le coup mortel .  Est-ce pour être magnanime ? Est-ce pour le châtier plus tard  de façon retentissante?

En tout cas, le corps du Roi encore tiède, Marchadier son lieutenant fit écorcher vif et pendre l’auteur du coup mortel.

Que mon corps soit enterré à Fontevrault, mon cœur dans ma cathédrale de Rouen, quand à mes entrailles qu’elles restent à Chalus!

Tant qu’au trésor, on n’ en entendit jamais plus parler. Nous laissons le soin au lecteur de juger du bien fondé de son existence, laissons  la légende et reprenons le cours de l’Histoire avec un grand H .

La mort de Richard bouleverse la donne . Son frère Jean Sans terre est un faible et Philippe Auguste sait en tirer profit . L’armée Française entre en  Normandie en 1202.  La forteresse de Château Gaillard tombe au bout de six mois de siège. C’est la fin du Duché.

Il nous reste les belles ruines du Château  qui dominent la Seine.

 

 

 

Guillaume le Bâtard Conquérant. 8 avril 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 18 min

   Guillaume le Bâtard.

Guillaume n’a que 7 ans lorsque son père part en terre Sainte,  laissant la Normandie s’embraser. La province est mise à feu et à sang alors que chacun veut se tailler la part du lion . Un si riche pays! On s’étripe, on s’empoisonne : » Au plus fort la pouque » comme disent les normands !

Certains Barons,  vassaux des anciens Ducs  osent dire qu’ils ne reconnaitront jamais le bâtard alors qu’ils ont juré le contraire à son père.  On assassine son tuteur Gislebert. L’enfant se réfugie au château du Vaudreuil où le maître des lieux,   Osbern le met à dormir avec lui dans son lit pour le protéger, mais une nuit Osbern  est poignardé par Guillaume de Montgomery qui  cherchait le petit Duc.

Ce dernier se réveille inondé de sang.

Et ce n’est pas fini!  les meurtriers pourchassent  encore l’héritier et lui massacrent  ses deux précepteurs Turquetil et Théroulde.

Et ce n’est pas fini ! Alain le Duc de Bretagne à qui avait été confiée la tutelle de Guillaume meurt subitement empoisonné!
A partir de ce moment, il en va de la vie du petit Duc ,  miracle qu’il soit encore vivant!   Il  disparait  »muché »à l’abri des chaumières avec les petits camarades des villages les plus reculés. C’est près de la famille de sa mère qu’il sera le plus en sécurité et personne ne le trahira .

Il grandit en se méfiant de tout et de tous, il ne doit compter que sur lui-même

Trop de partis en présence :P arti français, Parti norrois,  car il ne fait pas oublier que les scandinaves arrivent  en masse et veulent comme les anciens Vikings la part du gâteau normand, tirer un bout de la couverture à soi par tous les moyens  : le Parti des Barons toujours aussi félons , toujours en révolte les uns contre les autres.  Mais c’est le Parti de l’église  bien peu fiable,  aux mœurs douteuses qui arrivera à s’imposer avec la Trêve de Dieu qui interdit tous combats,  tous massacres,  depuis le Mercredi au coucher du soleil jusqu’au Lundi jusqu’au lever du jour, sauf pour les armées du Duc,   sous peine d’excommunication ce qui équivaut à  la mise au ban de la société….. bien fragile.

Le Roi de France, sans se souvenir qu’il doit son royaume  à Robert le Magnifique qui lui avait alors  apporté son aide, ni  qu’il est le  tuteur honoraire de l’enfant,   recommence  à grignoter les frontières définies par Rollon. La ville de Tillières est  alors brûlée par ordre de Guillaume, mais le Roi de France continue  son incursion  sans se soucier des traités signés jadis. « Quand on a qu’une parole et que l’on en a besoin on la reprend » pense t-il et il continue  de nouvelles conquêtes jusqu’à Falaise se souciant peu de cet enfant de 15 ans.
Mais le jeune Duc ne supporte pas l’affront.  La lutte pour la vie qu’il a dû subir dès son jeune âge , la vie au grand air avec les paysans lui ont  donné force ,  courage et décision. Il rassemble toutes les forces fidèles pour aller reprendre la forteresse natale. Le combat est violent,  Guillaume en tête dirigeant la course de son cheval, brillant par son épée, éclatant par son bouclier et son javelot fait tomber la forteresse  en une journée. Il va falloir compter dorénavant sur la main du maître, du chef.

La Normandie se pacifie pour un temps,  mais c’est  sans compter sur les barons qui se révoltent contre l’autorité de Guillaume et surtout les revendications d’un nouveau  venu sur l’échiquier normand ,  Guy de Bourgogne,  cousin de Guillaume,  descendant  légitime de la lignée des Ducs. il y a aussi les Cotentinois qui issus des premiers normands ne rêvent que d’en découdre.

Tout parait fichu pour celui qui s’est  battu pour se faire reconnaître,  mais tout orgueil bu,  il va tenter sa dernière carte auprès de son Suzerain, ce faux jeton, de Roi de France .

Il vient seul,  imposant par sa belle stature, par la hardiesse de sa démarche, il fait valoir ses arguments : permettre à Guy de Bourgogne de régner en Normandie, c’est resserrer l’étreinte et perdre peut-être son minuscule royaume.

Devant le  »culot » de son vassal,  le roi de France finit par lui accorder son aide .
Le temps de rassembler de part et d’autre leurs armées et tout les révoltés  se retrouvent au dessus de Caen  à Val -es -Dunes,  plus exactement.

La mélée est terrible , les chevaux s’ébranlent dans la poussière et la furie des clameurs, des invocations, des trompettes. Il n’y a plus de Roi, plus de Duc,  chacun lutte pour sa vie et Guillaume  fait merveille par son agilité. On se donne à fond des deux cotés de la bataille,  mais dans la violence du combat le Roi de France  reçoit  un coup de lance qui le renverse. Emoi de ses supporters,  Il finit par remonter à cheval malgré la Broigne de fer qui pèse des tonnes.

Nous on va pas en faire des tonnes,  en disant que les ennemis prirent » la pâtée »,   qu’il y eut de nombreux morts et que devant la fureur des assaillants,  les survivants préférèrent partir la queue entre les jambes ou  sans demander leur reste, comme vous voulez.

Bon ! voilà notre Duc qui a gagné une bataille calmant pour un temps les vautours.

Dans cette seconde moitié du XI° siècle, la grande ile anglaise sombre peu à peu dans la nuit de l’anarchie faiblement gouvernée par Edouard le Confesseur . Ce dernier descend en ligne directe de Rollon : Richard sans peur est son grand père et Guillaume Longue épée son arrière grand père. C’est dire les liens familiaux qui unissent les deux hommes qui s’apprécient. Il préfère de loin Guillaume pour lui succéder que son  beau-Frère Harold qu’il juge faux et félon.  A sa mort, ce sera Guillaume le Roi ! 
  Harold se déplace en Normandie à la demande du mourant  :  jurement sur les saintes reliques! d’abord il  jure tout ce que veut bien Guillaume sans en penser un traitre mot.  La suite nous le montrera.

Mort du roi d’Angleterre :  Harold le parjure se fait immédiatement sacrer roi. Guillaume éclate en fureur à l’annonce de la nouvelle. Il lui rappelle son serment sur les Saintes écritures et lui propose même d’épouser sa fille.  Refus de ce dernier avec hauteur. Guillaume va t-il s’en tenir là ? Ce serait mal le connaître!

Pour atteindre le nouveau Roi d’Angleterre dans son repaire,  il faut traverser la mer et livrer bataille : qu’ à cela ne tienne!  Guillaume a promis beaucoup: la peau de l’ours Harold est vendue :   En cas de victoire chacun de  ses partisans se partagera des comtés, des baronnies, des évêchés. Chacun promet la construction de navires :  il y en aura  près de mille en tout,  pour les hommes comme pour les chevaux.   7000 hommes sont près à combattre .
Pas de chômage: Tous les chantiers de construction battent leur plein et les navires  se rassemblent  à Saint Valéry en Caux . Il aura fallu de six à huit mois pour rassembler toute la flotte.

De l’autre côté de la Manche,  effrayé , Harold a levé une armée qui saura en découdre avec le Duc: du moins il l’espère et puis l’Angleterre est une île difficile à aborder.  Il  attend  son ennemi de pied ferme espérant qu’il ne pourra arriver jusqu’ici.  
Pourtant Guillaume arrive avec  une armée innombrable!

Le choc à lieu à Pevensey le 14 Octobre 1066  . Tout le pays semble vide. Il est trois heures de l’après midi quand le Duc met le pied à terre. Déjà alourdi par sa forte corpulence et ankylosé par le long trajet,  Guillaume trébuche et s’étale de tout son long: sombre présage murmure t-on . Mais déjà il se relève et s’écrie: « par la splendeur de Dieu, cette terre, voilà que je l’ai saisi dans mes mains: elle ne nous échappera plus!

Voilà Harold qui rapplique avec une armée  rassemblée en hâte. Rien ne pourra arrêter le sang entre les deux cousins . Je ne vous raconterai pas la bataille votre imagination fera le reste ,  seulement que le parjure fut tué et toute son armée  décimée .

Les supporters de Guillaume de s’écrier : Dieu a jugé!

Ainsi notre petit Duc deviendra  Roi d’Angleterre, couronné à Westminster! ce  qui n’est pas rien.

Inutile de dire que l’administration de ces deux immenses terre donnera lieu à bien des discordes  et à bien des combats . Mais comme je vous avais promis de faire court et que je m’enflamme toujours devant les prouesses de mon Héros Normand, Je vous raconterai pour finir le dernier combat qu’il dut mener contre le Roi de France Philippe I°  le fils du Roi qui lui avait prêté son concours à Val es Dunes, qui souffre de claustrophobie dans son petit royaume étriqué,  alors que Guillaume possède de vastes terres, et secrètement rêve de conquérir la France.

Mais à 60 ans, l’âge est là,  et Philippe I° le roi de France se moque de Guillaume dont la lourde silhouette semble de plus en plus gonflée  de mauvaise graisse.

-Quand donc la grosse femme accouchera t-elle? demande le Roi de France?
Evidemment le propos est rapporté à Guillaume qui ne va pas être long à répondre :  » j’irai faire mes relevailles à Notre-Dame avec dix mille lances en guise de cierges. et il chevauche vers Mantes où la ville est en feu. Des poutres enflammées s’abattent dans tous les sens.  Le Duc Roi se trouve désarçonné .Il ne se relèvera pas.

On va tenter de le guérir à Rouen où il est transporté : en vain.  Il demande à être ramené à Caen où il sera enseveli à l’abbaye aux hommes . Le tombeau est vide par la folie des hommes.

la stature de cet homme nous donne la fierté d’être Normand !                     

 


                                              

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Robert le Magnifique 2 avril 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 27 min


        Nous voudrions bien savoir ce qu’il a bien pu arriver à nos amoureux du lavoir.

Et bien voilà brièvement l’histoire de « Robert le Magnifique » appelé ainsi car il était courageux, généreux, cultivé.

 

                                       Robert le Magnifique.

 

Après avoir engendré,  presque sous nos yeux ( voir le chapitre précédent)  un fils Bâtard que l’on appellera Guillaume, le Duc son père meurt , Robert voudra prendre les rennes du pouvoir après en avoir écarté son frère.  Qu’elle chance ! celui là sera occis par le poison:  l’arme fatale de l’époque.

Loin de nous l’idée d’accuser qui que ce soit et pourtant !

 Robert  ne dirigera le Duché que durant 8 ans. Mais il « mettra « les mains à la pâte,  guerroyant en première ligne pour combattre tous ceux qui veulent défier son autorité. Enumérer les insubordinations des seigneurs qu’il eut à combattre serait bien fastidieux pour le lecteur, mais nous ferons une petite exception pour le Duché de Bretagne qui lui donna bien du fil à retordre. Deux de ses fidèles vassaux l’aideront. Deux guerriers  brutaux qui font un tel carnage de Bretons « qu’on les voyait étendus sur la terre comme un troupeau de moutons égorgés »

Mais un projet  titillait déjà le Duc Robert bien avant la grande conquête d’Angleterre qui devait mettre  son fils sur le trône. Une petite incursion sur le sol Anglais : c’est fou ce que l’idée d’invasion restait familière aux Normands !

Les normands et leur navire  ne purent mettre leur projet à profit :   une grande tempête dispersa les embarcations,   ce qui obligea  les assaillants  à rebrousser chemin.

 Qu’à cela ne tienne ! toutes voiles dehors vers les pauvres Bretons ! Le Duc Alain attaqué de toutes parts est obligé de demander grâce . La paix est négociée entre les deux cousins ! et oui en plus ils sont cousins! et Alain de Bretagne sera obligé d’accepter la suzeraineté de son parent. 
 Mais voilà que brusquement tout s’effondre . Le Duc est soudainement pris d’une crise de spiritualité. A seulement 24 ans qu’elle pénitence veut -il s’infliger?  il part avec les pèlerins qui s’en vont en terre sainte,  non sans avoir confié la tutelle de son petit bâtard de sept ans  à ce fameux cousin Breton  avec lequel il s’était réconcilié,  puis au roi de France que Robert vient de rétablir sur son trône. Il confiera Arlette  à un de ses fidèles vicomtes  Herluin  de Conteville qui l’épousera .

Et il s’en va peids nus laissant tous les vautours et sa famille derrière lui.
Au hasard d’une rencontre, il reconnait un pèlerin de la paroisse de Pirou dans la Manche.

Sa fatigue est telle que quatre esclaves noirs se relayent pour le porter . Il ne reverra pas la Normandie c’est sûr !  

Il dit alors au pèlerin qu’il a rencontré :             

                                                                                         Dites à mes amis

                                                                                                   Et à la gent de mon pays

                                                                                                 Que par des diables (noirs) tous vifs,

                                                                                                   Me fait porter en Paradis.

Il mourut à Nicée d’épuisement l’année de ses 25 ans.. Voilà le destin de celui qu’on appela le Magnifique.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coup de foudre au lavoir. Chateau de Falaise. 31 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 21 h 18 min

280px-Falaise_chateau_guillaume_conquerant_2Volontairement je passerai sur quelques  Ducs normands. Ce n’est pas qu’ils soient  inintéressants,  loin de là,  mais ils ne s’inscrivent pas  dans le créneau : » histoire romanesque » que j’ai choisi. Les historiens feront le reste.

               Voici l’histoire de Robert le Magnifique fils du Duc Richard et d’Arlette fille d’un Pelletier de Falaise.

Il fait un temps superbe et Robert , faucon au poing revient de la chasse vers le château de son père situé à Falaise, chevauchant avec sa suite de gentilshommes , de valets et de chiens.

Quel superbe équipage ! On est en plein milieu d’après midi et les jolies lavandières foulent le linge dans le lavoir que l’on peut toujours admirer à Falaise.

Bien que la saison soit déjà avancée, les jeunes filles tout à la joie de leur travail, se sont un peu dénudées, retroussées bien haut pour ne pas mouiller leurs vêtements et peut-être un peu aussi pour aguicher le regard de ces beaux jeunes hommes qui chevauchent en prenant plaisir à les regarder .

La chair rose des bras, le modelé des jambes, forment un joli tableau et les rires fusent comme autant d’appel à l’amour.

L’une d’elle s’arrête  un instant pour regarder avec plus d’insistance passer le long cortège.

Ses yeux ont croisé le regard du jeune comte qui pudiquement a baissé les siens.  C’est indéniable, la passion a envahi le jeune homme qui rentré au château ne pense qu’à sa belle lavandière.

Combien de jours Robert de sa tour épia t-il la jolie jouvencelle parmi les claires jeunes filles ? Combien d’hésitations dues à son jeune âge et à l’amour qui vient de naître.  Et si la belle refusait ses avances et si…et si..?

N’y tenant plus, Robert veut une réponse à sa  question : m’aimerait-elle un peu?

Il envoie un  vieux comte qui a toute sa confiance , avec son chambellan faire sa demande au père, Bourgeois de Falaise,  pelletier de son  état.

On ne promet pas le mariage , c’est ainsi chez les Ducs normands qui ont pris des concubines et ont assuré ainsi leur descendance » A la danesch manère « 

Le père hésite car sa fille, qui a reçu une bonne éducation est promise à un riche brasseur des alentours. Mais la belle  insiste!  Père, le Comte est tellement beau laissez -moi aller au château !

-Ce n’est pas convenable mon enfant! Et le qu’en dira- t-on?

Mais c’est le comte et je meurs d’amour pour lui!

Le père finit par donner son accord, non sans inquiétudes . Les émissaires viennent chercher la jolie pucelle vers le soir et lui conseillent de se vêtir d’une grande cape pour ne pas être l’objet de commérages de la part de ses voisins.

-Il ferait bon  que je me cache pour aller voir mon amoureux! Je saurais bien rabattre le caquet aux médisants!

Et c’est toute parée pour son aimé qu’elle franchit les portes du château.
Restés seuls, c’est un tendre babillage entre les deux jeunes gens, jusqu’au moment où Robert  se met au lit . Arlette ne tarde pas,  la coquine,  à le suivre non sans s’être déshabillée , gardant sa chemise de lin -rien de sexy – comme c’était la coutume du temps.
Surprise de Robert : le vêtement est fendu du haut jusqu’en bas. Arlette explique au jeune comte qu’il ne serait pas convenable que le bas de la chemise retroussée ne vienne jusqu’à sa bouche.

Le chroniqueur Wace nous écrit un quatrain sur cet évènement comme s’ il avait été présent à la scène.

   
                                                        Ce n’eut pas été de mise

                                                                Que  le bas de ma chemise

                                                               Qui sur mes jambes frotte et touche

                                                               Soit retroussé jusqu’à votre bouche.

Au matin, dans les bras de Robert , Arlette s’éveille dans un grand cri: elle vient de rêver qu’un arbre immense sorti de ses entrailles ombrage la Normandie, mais aussi la grande terre Anglaise! Présage qui devait s’avérer véritable , puisque le fruit de leur amour, Guillaume dit  le » Bâtard » devait effectivement  devenir, outre Duc de  Normandie, Roi d’Angleterre. Beaucoup de péripéties et d’anecdotes à vous conter à son sujet,  car c’est le plus grand de nos Normands.

Un petit coucou sur mon mail solangelaurent.l@orange.fr me ferait grand plaisir

 

 

 

Guillaume longue épée. 27 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 35 min

 

 Si l’on ne sait pas trop qui était Robert le Diable,  sauf par ses exploits diaboliques , on sait très bien qui était Guillaume surnommé « Longue épée » .

Fils du bouillant Rollon et de  Popa  sa concubine à la « manière Danoise » il se montra plus affale et plus humain que les rudes vikings, ses ancêtres.  

J’ai nourri l’imagination de mon petit fils de dix ans à l’époque, en lui racontant le jour où  dans un conseil,  ses barons  n’avaient pas cru bon de l’inviter. Guillaume  ne dit rien,  mais fit porter  dans la salle  son immense lame , brillante et nue, comme un reproche muet.

Mon petit fils voulait à tout prix retrouver la longue épée, soit dans les châteaux, soit dans les musées.

Mais le « Longue épée » aspirait miraculeusement à d’autres couronnes:  Il voulu devenir moine!   Après avoir relevé de leurs ruines les abbayes que ses ancêtres avaient détruites, il aspirait à une vie pépère.
Tout  plutôt que tous les sacs du nœud ou les paniers de crabe du pouvoir!

Sa crise de mysticisme  le prit comme une envie de pipi,  et ses patenôtres commencèrent à inquiéter son entourage,  notamment l’évêque de Jumièges. qui lui dit : Nous avons tous notre tâche sur cette terre : Dieu ne vous a pas crée pour être moine mais pour être prince!

Son conseiller Bernard le Danois proteste aussi avec énergie : Si c’est pour ne pas combattre,  vas te réfugier en France où tu pourras vivre comme un lâche !  

  Nous donnerons peu de choses sur les batailles qu’il fut obligé le livrer,   contre les Bretons qu’il reconduit jusque chez eux l’épée dans les reins , puis contre les vikings du Cotentin,  ses frères qui viennent de se révolter.

D’autre part le roi de France meurt en laissant son héritier Louis IV d’outremer âgé de quinze ans.   Déjà,  les vautours rôdent comme des mouches sur un pot de miel pour la succession . Hugues de France et Othon  le Germanique sont aux taquets.  Par la force et par la ruse,  Guillaume impose le jeune roi à Paris.

Louis IV  d’Outremer n’aura pour  Guillaume » Longue épée » , ce fidèle vassal,  que de l’ingratitude . Il n’aime pas se souvenir qu’il doit son trône à un fils de pirate normand et sera le complice,  sinon  l’instigateur de sa mort dans un complot perpétré en Flandre à coup d’avirons et d’épées.

Le proverbe l’a bien dit: Fais du bien à un chien  il te chiera dans la main!

 

Aimez vous mes petites chroniques normandes? Si oui faites moi un petit coucou sur mon mail solangelaurent.l@orange.fr  Merci.

 

 

Robert le Diable. 26 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 18 min

chateau robert le Diable 

 

                  Le château Robert le Diable à Moulineaux

        près de Rouen,  où vécurent les premiers Ducs Normands.

 

    Si vous prenez  l’autoroute qui va de Caen  à Rouen, un peu avant cette ville,  vous ne pouvez louper ces ruines majestueuses datant dit -on du XI° Siècle.

 

 Venons à ce Robert le Diable. En voilà un qui a intrigué les historiens ! il  aurait eu pour père un certain Duc Aubert et pour mère la Duchesse Indre.  Point de trace de ces deux là  pourtant dans la généalogie des Ducs normands.!

On va s’en référer aux troubadours qui en ont fait des tonnes et des  sagas: « Li Romans de Robert le Diable ».

 Il advint que le Duc Aubert par un jour de Samedy,   venoit de chasser en la forêt du Rouveray. Il  eut le désir de coucher avec sa femme Indre , mais elle le repoussa. Devant l’insistance de son tout puissant mari , elle devait céder en lui disant que » Dieu n’avait point aucune part de ce qu’il l’avaoit obligé faire . »

Si c’est pas  Dieu, c’est  le Diable !  voilà la malédiction formulée,  et dès sa naissance on vit l’empreinte du malin accompagner ce Robert.

Au moment de l’accouchement une tempête traverse le ciel , une tour s’écroule, une chouette entre dans la chambre de la Duchesse.  

Immédiatement,  on découvre le  caractère Diabolique du gamin : il bat ses nourrices, leur mord les seins, tue son précepteur pendant son sommeil à coup de couteau dans le ventre à l’âge de sept ans.  Adolescent, il pille les églises et les monastères, viole les nones,  tue les villageois pour leur voler leur femme .

Peut-être que si on le préparait à devenir chevalier il atteindrait un idéal noble?  déclare son père.

Pauvres parents qui ont pu croire cela ! Pendant la nuit qui précède la cérémonie où il était censé prier dans la chapelle du château, il se rend dans un monastère de Rouen, choisit la plus belle des nones, la viole toute la nuit ,  la tue au petit matin et  revient se recueillir dans l’abbaye Saint Ouen de Rouen.

le lendemain à la messe, comme le veut la coutume, le père fait venir son fils devant lui en lui  rappelant ses devoirs de chevalier,  en  lui donnant  l’accolade, il lui frappe symboliquement   l’épaule du plat de son épée . Robert  se saisit aussitôt de la sienne pour étriper son père qui ne doit la vie qu’au secours des assistants.
Puis il traîne avec lui  une bande de renégat.   Au menu : pillages, brigandages, viols :  le pauvre père n’en  peut plus et il fait publier dans tout le pays que « quiconque occira son fils Robert sera pardonné  ». Il envoie au château de  Moulineaux  des messagers pour s’en emparer , mais celui-ci les renvoient à son père les yeux crevés.

Pourtant un jour il devient las de tant de crimes. Est-cela son destin? Il veut en avoir le cœur net et va voir  sa mère qui vit alors dans un château voisin.
Il se présente à elle l’épée à la main, la menaçant de lui arracher la cervelle. si elle,  sa génitrice ne lui révèle pas la raison de son âme si méchante.

Il saura que le Diable à prit sa part dans sa naissance,   se repentira et ira  voir le pape qui lui ordonnera sept  ans de pénitence et deviendra Ermite.  Les sept ans achevés il restera loin du monde et sera béatifié.

 Sa dépouille sera transférée à Saint Jean de Latran à Rome où de nombreux miracles se produiront sur sa tombe.  Comme quoi!       

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos bouillants ducs Normands 25 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 21 min

poppa à Bayeux2015 Poppa captive et concubine de Rollon a la  »manière Danoise »

 

        Je vous avais promis de vous faire connaître  l’histoire de cette belle province.

            Pas question de me substituer aux historiens dont c’est le métier,  mais plutôt de vous conter en marge    des anecdotes,  le romanesque qui entourent ces personnages, ces faits  souvent transmis par les trouvères.

              Voici comment serait née notre  belle région.

                                                                                          

                                La naissance de la Normandie.

            Nous sommes en 911. Les bouillants Vikings ont depuis près de cent ans découvert les charmes de notre   belle province, Ils se plaisent bien chez nous , et il y a de quoi,  remontant les boucles de la Seine, dévastant les abbayes, s’enhardissant  même à piller Rouen et pendant que l’on y est, pourquoi pas Paris en 845?

De vrais démons ces  »Northmans »! Aucun roi Carolingien ne pourra en venir à bout!

C’est ici qu’entre en scène leur chef appelé Hrolfr en Français Rollon. Était-il Danois ou Norvégien? Les avis divergent, mais les chroniqueurs sont unanimes la dessus: il était tellement graaaand qu’aucun cheval ne pouvait le porter d’où son surnom Rolf le marcheur!

Pour faire simple, ça n’était pas un enfant de chœur, après Rouen et Paris, il s’attaquait à Bayeux, s’octroyait tout le butin qui pouvait lui tomber sous la main  et par la même occasion capturait la fille du comte Bérenger:  Poppa pour en faire sa concubine.  Voilà donc le personnage qui veut rafler une partie de  la Normandie au pauvre Roitelet  de France qui n’a qu’un mini royaume  »L’Ile de France ».

Charles le Chauve sait bien qu’il vaut mieux éviter de rentrer en guerre ouverte  avec un pareil Coco,  et finalement il lui octroiera ce qu’il avait déjà acquit de fait,  à condition de s’en tenir là et de ne plus remettre ses grands pieds au delà de la rivière de l’Epte.

Le traité stipulait que le Normand devait se faire baptiser lui et les siens et épouser la fille du Roi !

 

le traité aurait eu lieu en 911 ou 912 dans l’église  de Saint Clair sur Epte avec suivant la coutume jurement sur les reliques .
 L’usage exigeait que le Vassal mette les mains dans celles de son Suzerain . Rollon consentit avec peine à ce rituel , mais quand il s’agit de fléchir le genoux et de baiser le pied du Roi,  son sang ne fit qu’un tour et il refusa net, chargeant l’ un de ses lieutenants de le faire à sa place. Celui-ci par maladresse,  ou peut-être,  si on est méchante langue par insolence, leva le pied du Roi si haut que ce dernier tomba à la renverse , si bien que tous les témoins de la scène pouffèrent de rire.

Charles le Simple ressentit un tel affront qu’il ne trouva même pas le courage d’en tirer vengeance. Comme prévu après sa conversion, qui devait lui restait un peu à travers la gorge, Rollon se serait marié avec Gisèle la fille du Roi en l’église  de Saint Clair sur  Epte .

La légende prétend que peu avant sa mort il aurait ordonné le sacrifice d’une centaine de Chrétiens en offrande à ses anciens Dieux Thor et Odin.

Et puis alors! On ne sait jamais, il vaut mieux se concilier les bonnes grâces des Dieux de quelque bord soient-ils!

 

 
 

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