L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

Ou a vécu la fée d’Argouges? 1 décembre 2017

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 01 min

  Ou a vécu la fée d’Argouges?

Le Château de Gratot (Manche)

    Une chose est certaine :  plusieurs branches de la famille D’Argouges  habitèrent le château de Gratot dans le Cotentin, Chateau_gratot_01 le manoir de Vaux sur  Aure  appelé aussi manoir d’Argouges  dans le Calvados non loin de Bayeux et le château de Rânes dans l’Orne

Où vraiment se situe la légende , mystère !

On aurait tendance à privilégier l’existence de la fée dans le château d’Argouges qui sait?

Partout l’on vous montrera la trace de son petit  pied lorsqu’elle disparut  à jamais ! mais au fait si je vous la racontais cette légende !

A cette époque vivait un méchant géant qui terrorisait la contrée.
Le Seigneur d’Argouges avait bien  fait lever une petite armée pour arriver à bout de cet affreux monstre, mais rien à faire.

Les plus valeureux combattants furent décimés et, ni le châtelain ni personne ne voulurent affronter de nouveau  le géant et la région resta sous le joug de ce tyran.

Le hasard, qui fait toujours bien les choses, voulut que le Seigneur fasse la connaissance d’une extraordinaire beauté: une fée qui prétendait posséder quelques pouvoirs.

Elle proposa au Seigneur de l’aider à se débarrasser de L’intrus .

La bataille fut acharnée, mais la victoire revint au maître du château qui, ravi demanda à l’ensorceleuse ce qu’elle désirait pour sa récompense. Epousez moi sire ! Ce qu’il fit de grand cœur car il était déjà séduit  depuis la première minute où il avait croisé son regard . Elle mit toutefois une condition : son époux ne devrait jamais prononcer le mot mort!

le mariage fut grandiose, dura plusieurs jours , tout  les Seigneurs des alentours ayant été invités.

              Le manoir d’Argouges.

Manoir-d-Argouges-facade-exDepuis , pour faire honneur à la belle châtelaine, ce n’étaient que réceptions, festins, bals, tournois , chasses où étaient invitées les personnes de qualité les plus en vue.

Un jour, qu’une splendide fête étaient donnée au château, plus de deux cent convives franchirent la belle demeure dans leurs plus brillants équipages.

Les jeunes Seigneurs et leurs épouses avaient apporté grand soin à leur toilette.
De son côté, la châtelaine avait fait confectionner une robe garnie de perles et de dentelles dont la couleur bleu nuit seyait admirablement à son teint de blonde. Sa coiffure ornée de rubans avait nécessité le concours de la meilleure chambrière.

La belle ne semblait pas encore prête et son mari s’irritait de ne pas la voir arriver. Il n’était pas d’une nature très patiente et son visage laissait apparaitre un agacement de plus en plus évident.

Elle finit par apparaitre dans ses beaux atours,  plus belle parmi les belles.   Lui qui s’observait si bien d’ordinaire à ne pas prononcer le mot fatal, ne put toutefois s’empêcher de lui faire des reproches en langages châtié. Il ne lui dit pas « Qu’est ce que tu fiches « comme aurait dit le commun  des mortels à  notre époque  mais :

-Belle dame, vous êtes si longue à vos besognes qu’il serait bon de vous envoyer chercher la mort !

A ces mots, la fée poussa un cri aussi déchirant que si on lui avait porté un coup mortel et s’enfuit à jamais en laissant l’empreinte de son pied menu sur le rebord de la fenêtre par  où elle avait disparu.

Toutes les nuits, dans un linceul blanc, on dit qu’elle hante encore les lieux où elle a vécu et que l’on entend sa voix déchirante crier : A la mort à la mort !

 

 

le miracle de la Ferte Saint Romain. 15 juillet 2017

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 57 min

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    Le miracle de Saint Romain. 

 

 

Debout depuis le matin, afin de ne rien rater, la foule avait déserté la Cité de Rouen pour se masser près des quais de la Seine où devait avoir lieu l’événement. 

Pour une fois, il ne s’agissait pas de voir le bourreau dans l’exercice de ses fonctions : pas de chance ! le sang ne coulerai pas ce jour là.

On était à la Pentecôte, en l’an de grâce 1544, et il s’agissait de l’inauguration d’un petit monument appelé la Fierté et chacun voulait voir à quoi il ressemblait et l’usage qu’on en ferait. 

La tension montait,on se reconnaissait. La foule criait d’impatience et les moins incultes se plaisaient à raconter qu’on était là pour célébrer le miracle survenu au temps où Saint Romain était  Évêque de Rouen.

Lorsque ce dernier avait pris ses fonctions, le malin dépité de voir que la nouvelle religion faisait de plus en plus d’adeptes, se mis en tête de terroriser la population en lui envoyant un dragon vomissant des flammes, et les manants le voyant sortir de la Seine avaient beau se signer, rien n’y faisait : ni les prières des premiers chrétiens, ni l’autorité de l’Evêque  qui d’une voix impérative s’épuisait à invectiver la bestiole.
Vade rétros Satanas !

A quoi ce dernier répondait par  de grands éclats de rire que l’on entendait bien au delà des faubourgs de la ville .

Je t’ordonne de rentre en enfer Satan!

Pas le moindre succès ! la Gargouille,  puisqu’on lui avait donné ce charmant nom,  se tordait de rire  et l’on commença à discréditer Saint Romain qui n’avait disait -on aucun pouvoir contre les forces obscures. 

Découragé et voyant qu’il ne parviedrait  pas  à bout de la Gargouille, il alla chercher un condamné à mort de la meilleure trempe, un vrai de vrai qui avait tué père et mère  et qui pour cela croupissait dans les cachots de Rouen sans espoir d’en sortir un jour si ce n’est les pieds devant. 

Aides moi à me débarrasser du monstre et tu seras gracié lui dit saint Romain !

La tache était ardue mais la récompense alléchante. 

Notre malandrin mit tant d’énergie à combattre la Gargouille , tandis que l’Évêque l’enchantait par des prières et des patenôtres, que tous deux réussirent à le neutraliser et à mettre hors d’état de nuire le vilain dragon, faisant brûler sa dépouille pour qu’il retourne en enfer, lieu qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Saint Romain et son condamné furent un peu oubliés et soudain à partir du XII° siècle on remit au gout du jour la commémoration de l’événement. 

C’est pourquoi en 1544, on édifia un petit monument devant servir de reliquaire contenant les restes du bon saint, à charges de les présenter chaque année par un condamné que l’on devait gracier ensuite.

 

Il y eut une murmure, puis la clameur s’amplifia: le voilà ! et l’on vit l’heureux élu , hirsute et totalement décharné, quelques tire laine ou malandrin qui avait échappé au châtiment  suprême et qui pourrissait dans les prisons de Rouen. . 

Notre homme monta solennellement les marches , hissant le coffre qui contenait les reliques et là stupeur! le condamné sentit sa tête bourdonner , ses yeux clignotèrent et la pâleur de son visage apparut à la foule anxieuse. Il y avait si longtems que l’homme n’avait pas vu la lumière du jour! 

Allait-il lâcher son précieux fardeau et devoir retrouver son cachot immonde? 

Soudain, il se mit à penser à l’histoire du Prélat et de son Acolyte et commença à prier ardemment , alors qu’il ne l’avait pas fait depuis sa plus tendre enfance, puis s’arque boutant; il présenta par trois fois le reliquaire  à la foule en délire qui applaudit en criant le nom de Saint Romain!

 Cet usage se répéta chaque année jusqu’en 1790. Peut-être un miracle de Saint Romain ? les Révolutionnaires ignorèrent le petit monument et le laissèrent en l’état. 

Les bombes de la dernière guerre firent de même et l’on peut toujours le voir près de la halle au toiles à proximité de la Seine.

Tant qu’à la chasse, datant de XIII° siècle elle est conservée dans le trésor de la cathédrale de Rouen  

 

 

 

Histoire du pendu. 14 janvier 2017

Classé dans : histoire - biographie,humour,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 24 min

                                                                                                       J’hésite pour classer cette rubrique.

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Découverte dans de vieux documents j’ai trouvé l’histoire plutôt drôle.                

Alors,  à vous de choisir histoire ou légende ?

 

- C’était jour de foire à Argentan (Orne) et ce jour là, le Vicomte rendait ses jugements de Haute Justice  et il venait de condamner à être pendu haut et court un certain Vannier   qui l’avait, murmurait-on bien mérité pour avoir brigandé sur les routes, égorgeant au besoin les braves bourgeois qui avaient le malheur de résister.

Bref, un mauvais sujet qu’il valait mieux ne pas croiser sur sa route.

Le cortège se composait du Hérault de la ville , suivi du Vicomte , du Bailli, d’un sergent accompagné de douze hommes d’armes, d’un moine pour le repos de l’âme du malandrin, et derrière le cortège l’exécuteur des Hautes Œuvres, le bourreau,  superbe par sa stature et son regard de brute, vêtu de l’habit  de sa profession un chaperon rouge.

 

Un murmure d’effroi parcourut la foule venue en spectateur, lorsqu’en moins de temps qu’il faut pour le dire, on mit le coupable nu comme un ver, on lui enfila une camisole de toile grossière mal taillée, on le hissa sur l’échelle , on lui mit la corde au cou , et pendant que sonnait la prière des agonisants accompagnée du glas, on le lança.

le corps fit « floc » se balança au bout de la corde, se raidit, devint tout rouge et le mort se mit à tirer un langue violette énorme.

Un brave homme s’en venait au marché d’Argentan avec un veau , il se divertit du spectacle comme tous ceux qui étaient présents et il rendit la grimage au pendu en lui tirant lui aussi la langue. 

Son veau vendu, l’argent en poche, il fit la tournée des cabarets de la ville,  Les Trois Maryes, les Trois Roys, les Trois Sauciers et la Croix Blanche,  de sorte qu’il sortit de la ville alors qu’il faisait nuit noire  et que ses pas n’étaient plus très assurés.

Passé devant le gibet où il avait vu pendre le matin, il s’arrêta, admira encore une fois le supplicié dont la tête s’inclinait et la langue démesurée s’étirait hideuse et drôle.

Le marchand éméché lui fit un petit discours de fraternelle amitié.

Frère pendu, lui dit-il mauvais gibier de potence! Hic,

Pourquoi sors tu ta langue ainsi ? Non seulement ça t’enlaidit, j’te l’dit moi, bien en face, mais en plus, ça doit te donner une soif  hic!

Tu dois bien avoir le gosier sec? descends  et viens, je vais vais t’offrir un verre Hic!

Réponds moi as  tu soif  ?

Et une voix proche de répondre 

-Puisque c’est l’effet de ta bonté, attends moi j’arrive!

L’autre dégrisé se mit à courir, suant à grosses gouttes et plus il courrait, plus la voix se rapprochait: attends moi, attends moi ! 

C’est ici que nous devons éclairer la lanterne de nos lecteurs pour la bonne compréhension du texte. 

Un brave rémouleur n’ayant pu se loger , était sorti de la ville et avait trouvé sur cette route pour gîte la berne d’un chemin . La nuit était obscure, comment pouvait t’il imaginer  qu’un gibet se dressait au dessus de lui alors qu’il était étendu sur l’herbe verte ?

Il n’a jamais compris pourquoi celui qui l’invitait à boire un verre se sauvait à toutes pattes devant lui. 

 

 

 

La brèche au Diable et le tombeau de Mary Joly. 13 février 2016

Classé dans : histoire - biographie,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 05 min

 

 

Le site de la brèche au Diable  et le tombeau de Mary Joly.

 

Si vous vous intéressez à la Normandie, votre curiosité vous a certainement poussé jusqu’en  Suisse Normande, qui comme son nom l’indique,   n’est pas un pays de plaine.

Mettez vos chaussures de randonnées  et suivez moi .  nous sommes dans le Calvados dans les communes de Potigny puis Soumont saint Quentin  à 7 Kilomètres de Falaise.

Là, coule tranquillement la rivière appelée le Laizon.  Mais dans un temps très reculé cet endroit ne fut pas de tout repos . Je vous ferai grâce de toutes les légendes qui circulent sur ce lieu  désolé sur le laizon et vous raconterai ma préférée.

Lassé de voir son manoir inondé chaque année par la crue du Laizon, qui obstruait en partie son cours, le Seigneur de Poussendre se voua en vain à tous les saints du ciel!

Le malin, toujours à l’ affut d’un mauvais plan,  le surprit un soir la tête dans les mains  entrain de pleurer.

Son chagrin fit rire d’aise Satan qui frotta ses mains noires et velues l’une contre l’autre en pensant: Il y a bien longtemps que je l’attendais au tournant celui-là ! Cette fois, c’est dans la poche !

Le démon, qui sait être charmant prit un air attristé en abordant le désespéré : » Que vous arrive t’il Messire, quelle est la cause de votre chagrin? »

Le Seigneur mis en confiance  par la compassion de son interlocuteur , lui parla de ses soucis à cause de son  manoir qui menaçait de s’engloutir à chacune  des crues fréquentes et la tristesse de ne pouvoir transmettre ce patrimoine à ses enfants.

-Qu’à cela ne tienne , Monseigneur, vous m’êtes très, très sympathique et je suis en mesure de vous rendre  service. Si vous êtes bien décidé à accepter mon aide, signez ce pacte avec quelques gouttes de votre sang et tous vos soucis disparaitront comme par enchantement.  Au mot de pacte,  le Seigneur sursauta et sut tout de suite qu’il avait à faire au prince des ténèbres,  d’autant plus qu’il avait remarqué que ce dernier dégageait une forte odeur de souffre.

C’est que… je voudrais réfléchir un peu  car je suppose que vous me demanderez  mon âme en échange.

C’est vraiment un plaisir de parler affaire avec vous! Je vous laisse à vos réflexions: N’hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin de moi.

La dessus le Diable disparut dans une épaisse fumée.

Notre homme se retrouva tout hébété d’être resté  seul avec ses emmerdes , d’autant plus que le vent se mit à souffler en rafales, le tonnerre , dans un bruit d’enfer, fit zébrer dans le ciel des éclairs fulgurants dans des nuages d’encre,  et l’eau de Laizon , grossi par une pluie cinglante  envahit tant et si bien le manoir que son propriétaire dut se réfugier tout tremblant au plus haut de la tour.
 »Satan, si tu es capable d’arrêter ce déchainement des éléments , fais le je t’en supplie afin que je laisse ma demeure à mes descendants !
Allez, prend mon âme ! donne-moi ton contrat de malheur que je le signe avec mon sang. »

Le malin qui attendait tapi dans un coin s’exécuta rapidement de peur que notre homme  ne se ravise et que l’âme du malheureux ne lui passe sous le nez.

Dans un grand fracas, la roche se fendit sur toute sa hauteur et un éclair plus fulgurant foudroya le seigneur qui roula dans le précipice en proférant des jurons et il alla rejoindre directement l’enfer où l’attendait le Démon.
Aussitôt le ciel redevint serin, le Laizon changea de cours et s’engouffra dans la brèche ,  permettant à l’eau accumulée de s’écouler rapidement et plus jamais le manoir ne fut inondé.

C’est ici que nous allons faire connaissance avec le capitaine Dulomboy  habitant du manoir de  Poussendre  hérité de son  lointain ancêtre. 

Un peu avant la Révolution,  ce jeune homme se rendit à Caen pour voir jouer » Le Malade Imaginaire ».

Une belle  actrice du nom de Marie Joly interprétait le rôle de Louison et recevait chaque soir une ovation bien méritée, surtout de la part des messieurs.

Peine perdue elle était très sage et ne vivait que pour son art.

Pourquoi laissa t’elle entrer dans sa loge le brillant jeune homme qu’elle avait remarqué depuis quelques semaines?  Seul Cupidon devrait savoir nous répondre! 

Capitaine Dulomboy pour vous servir! Pardonnez moi d’avoir forcé un peu la  porte de votre loge mais l’admiration que j’ai pour votre talent et votre beauté me donne des ailes!

Que c’était joliment dit tout ça! et que cela nous semble désuet alors que l’on ne tourne pas » cent sept ans autour du pot  »pour dire à quelqu’un qu’on est amoureux et que l’on serait ravi d’avoir la clé de sa chambre!

Bref le capitaine invita la demoiselle  dans son manoir tout près de la  »Brèche du Diable  »et  lui proposa de l’initier aux joies de l’équitation.
C’est ainsi que Marie débarqua un soir de relâche avec sa chambrière,  ce qui faisait beaucoup plus convenable, au logis du capitaine.

La citadine fut bien vite éblouie par la beauté de cet endroit et elle reprit chaque semaine le chemin  qui l’emmenait vers son prétendant . (L’histoire ne dit pas si la chambrière lui servait toujours de chaperon)!


Le Capitaine profondément épris et devant les progrès de sa bien-aimée lui confia sa plus docile monture, puis lui fit découvrir main dans la main les sentiers qui mènent au site merveilleux et sauvage. ( d’où les chaussures de randonnées que je vous ai conseillé plus haut).

Marie qui faisait de grands progrès demanda un jour au jeune homme la permission de gravir seule à cheval le site qu’ils avaient tant de fois admiré.

Les voilà donc partis par une chaude après-midi d’été .
Marie est aux anges,  l’amour lui donne des ailes , elle éperonne doucement sa monture qui l’emmène par les sentiers conduisant au rocher, laissant son ami à quelques pas derrière elle, la jeune fille s’arrête et embrasse du regard le sublime point de vue, lorsque le cheval, certainement piqué par un taon s’approche dangereusement de l’abîme  et se cabre en faisant entendre un douloureux hennissement.
Dans un éclair, Marie comprend qu’elle est perdue!

Avec l’énergie du désespoir, elle tire la bride de son étalon et miraculeusement, au lieu de retomber dans le vide, les sabots de sa monture retrouvent la fermeté du rocher .

Livide, elle se laisse choir à terre tandis que son ami éperdu de bonheur  la serre tendrement dans ses bras!

 La légende dit qu’après avoir frôlé la mort, dans un grand élan de vie, Marie se serait donnée corps et âme pour la première fois à celui qui devait devenir son époux.

Jure-moi, lui aurait elle demandé,  de faire de cet endroit où j’ai bien failli perdre la vie le lieu de ma dernière demeure!

Son parcours  ne fut pas un long fleuve tranquille, loin s’en faut! Soupçonnée de royalisme,  dénoncée par Danton, elle est enfermée durant cinq mois à Sainte Pélagie avec d’autres actrices de la Comédie Française. Encore heureux qu’elle n’ai pas perdu la tête qui était fort joie. On la perdait pour moins que ça à l’époque!

Cinq maternités, un surmenage dû à son métier  et une faiblesse des poumons eurent raison de sa santé et elle d’éteignit à l’âge de 37 ans .
Fou de douleur, le Capitaine Dulomboy devait s’acquitter de la promesse faite à son épouse bien des années auparavant.

S’il ne connaissent  pas l’histoire, les promeneurs s’étonnent de découvrir ce tombeau dans un endroit aussi solitaire.

Quand le temps est favorable,  madame Kermaïdic dont la famille veille sur le tombeau depuis 5 générations,  peut vous faire visiter ce lieu étrange. Il suffit de lui téléphoner la veille au 02 31 90 67 84 vers 21 heures.    

   

    tombeau de Mary Joly

     

    

 

 

 

 

 

le loup, le mouton et le pieu. 20 novembre 2015

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 48 min

Le Loup, le mouton et le pieu.

Un village de Seine Maritime,  Rouxmesnil-Bouteilles,  a été jadis le témoin d’un petit miracle.

Laissez moi vous conter cette singulière histoire.

En un temps reculé,  un agneau appartenant au custot (le bedeau) de l’église, de Bouteilles broutait sans complexes dans le cimetière l’herbe tendre du printemps.

A son petit ventre rondelet, on voyait que l’animal profitait pleinement de la faveur qui lui était faite , mais ce privilège avait tout de même des limites : celles que lui permettait une corde attachée à un bout de pieu  fiché en terre.

Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes si un loup sans foi ni loi, tenaillé par la faim n’avait pas fait le projet,  en voyant le festin à portée de sa gueule de s’offrir un bon repas.

On imagine sans peine la frayeur du  pauvre agneau devant l’œil torve de son ennemi qui déjà bénit le ciel ( lui qui n’est pas plus croyant que çà ) lui accordant  une telle aubaine.

L’agneau n’écoutant que sa peur panique qui décuple ses forces( ah! l’adrénaline! )donne un gros coup de collier qui entraine corde et pieu et suivit de tout l’attirail,  il prend les jambes à son cou.

Par miracle l’église est grande ouverte: il s’y engouffre confiant. Peut-être a t’il entendu parler du droit d’asile ?

Moins tranquille,  Messire Loup hésite à pénétrer dans le lieu Saint : le frisson du remords l’effleure un court instant, la voix de sa conscience lui murmure  tout le sacrilège de ce geste hardi , et puis Merde!  la faim l’emporte,  il s’engage vivement sur les dalles sonores. Un pas, juste un petit pas le sépare de l’agneau qui plus rapide, ressort vivement par la porte d’entrée en la refermant sur lui à l’aide du pieu qu’il traine toujours,  tenant ainsi captif son ennemi.

Les cris du miraculé attirent bientôt tous les habitants du village .
On accourt sur les lieux pour libérer l’agneau .
Le prisonnier sera vite mis hors d’état de nuire  sous les piques et bâtons et sera promené comme un trophée dans tout le village.

Sa capture alimentera longtemps les conversations lors des veillées:( j’ai de mes yeux vu un loup dans l’église!  aussi vrai que je vous vois!)

Les habitants consacrèrent cet évènement en offrant à leur église une sculpture racontant le prodige: malheureusement lors de la fusion des deux villages, l’église de Bouteilles fut fermée au culte en 1812  et l’on ne sait pas ce qu’il advient de cette sculpture.
 

 

 

 

la légende du corset rouge. 3 septembre 2015

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 47 min

corset-rouge-avec-petit-noe                             La légende du corset rouge.

Jadis vivait à l’abbaye de Saint Georges de Boscherville  (Seine Maritime),  dont nous avons déjà amplement parlé, Don Raphaëllo Capelli Prieur de l’abbaye.

Il avait été médecin dans son pays avant de prendre l’habit religieux : Après les corps il désirait soigner les âmes et pourtant !

Juste de l’autre côté de la Seine, se dressait une forteresse datant du XI° siècle appartenant au seigneur Bertrand de Bardouville, qui après avoir guerroyé avec le Duc Guillaume, s’était décidé de prendre pour épouse la belle Yolaine de Montigny avec lequel il avait eu un garçon de constitution un peu chétive.

Le métier de la guerre rappela le bouillant seigneur Outre -Manche où il possédait de nombreux domaines confisqués aux Anglais lors de la conquête d’Angleterre .

Il quitta donc femme et enfant et Yolaine se trouva bien esseulée lors du départ de son époux.

Avait-elle déjà rencontré Raphaëllo ? Quoiqu’il en soit, la réputation de ce savant ayant franchi la Seine, c’est tout naturellement qu’elle fit appel à son savoir lorsque son enfant souffreteux lui causa des soucis pour sa santé.
Il fut appelé plusieurs fois pour prodiguer de bons soins à l’enfant et ….finit par consoler la mère de sa grande solitude.

On peut-être le meilleur religieux du monde , on en est pas moins un homme  et Yolaine et Dom Raphaëllo poussés par le désir,  devinrent amant.

Prétextant aux yeux des gens de son entourage, qui n’étaient pas dupes, la faiblesse de son enfant nécessitant des soins, elle rencontra de plus en plus le Prieur . Elle trouva un stratagème pour lui faire savoir qu’elle l’attendait: un corset rouge que l’homme connaissait au demeurant fort bien,  accroché à la balustrade du château, et au signal, notre amoureux fou prenait la barque toujours prête à traverser la Seine avec empressement.
Toutes les bonnes choses ont une fin,  et un jour que nos amants étaient en plein ébats amoureux, après quelques coups de pieds rageurs, la porte s’ouvrit brutalement et les deux complices pris,  si l’on peut dire,  la main dans le sac .

Bertrand de Bardouville enragé,  passa au fil de l’épée  le Religieux coupable sans autre forme de procès, tant  qu’à l’épouse,  la prenant par les cheveux, il lui fit tremper dans le sang de son amant le fameux corset rouge qui trainait là sur le lit .
Tu le porteras tout le reste de tes jours afin de ne jamais oublier ta faute!

Je te fais grâce par égard pour notre enfant, car tu aurais mérité mille fois la mort !

La châtelaine finit par perdre la tête . On la voyait errer dans les couloirs du château, hagarde, vêtue simplement de son corset rouge.
Un jour,  alors que son mari était reparti guerroyer on ne sait sous quels cieux, elle se jeta dans la Seine.

 

 

 

le trou au loup 5 juin 2015

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 33 min

Dampsmesnil_-_Allée_CouverteL’allée couverte de Dampmesnil.

Le garde champêtre fut très longtemps une figure locale dans les villages durant des siècles.
Parmi ses principales attributions, il avait en charge de prendre sur le fait les enfants chapardeurs , mais aidé de son tambour, il avait aussi le rôle d’annonceur.

Avis à la population ! : ce 29 Juin 1894, a été assassiné le président de la République Sadi Carnot , sans réaction des villageois( pas l’air plus attristés que ça,)  il continue à débiter un communiqué qui suscite plus sûrement leur intention.

 »Le maire annonce que des messieurs de Paris vont venir explorer » le trou au loup » et ces derniers demandent trois gars solides pour les aider durant cinq jours:  »six francs, c’est bien payé » et il termine son discours par la phrase rituelle  »qu’on se le dise » !

On s’en alla débattre de la chose devant un verre de cidre au café  »le bon coin », et comme en Normandie on ne part pas sur une jambe, » on rhabilla le gamin », terme pour dire que l’on recommanda  un autre verre puis un autre.

-Je me demande bien ce que ces » savants » là vont trouver la dedans ,

-On disait jadis qu’il y avait sûrement un trésor , mais personne n’y est jamais aller voir!

Jusque-là, le vieux Maxime assis dans son coin ne s’est pas mêlé de la conversation, mais entre deux bouffées de son brûle gueule, d’un air doctoral il déclame:

- Voyez vous ! j’ai l’âge de vous donner des conseils, bien que ça ne me regarde point, mais moi j’aurais pas confiance en des gens qui payent trop : d’où c’est qui z’ont leurs sous ?

-Et pis autre chose  »le trou au loup  »on ne sait pas ce que c’est,  et c’qu’on connait pas, et ben faut pas y toucher !

-C’que j’vous en dit, c’est histouère d’en causer mais à vos places, j’irais pas !

-Rappelez- vous quand on chassait les lapins qui s’terraient, on n’les r’voyaient jamais . Le furet à Nicolas n’y est point ressorti et quand il a essayé en écartant les pierres et les broussailles d’y faire entrer son chien, la bête elle a pas voulu, elle s’est  »ensauvée » la queue entre les pattes comme si le clébard, avait flairé la mort ou vu le Diable en personne.

-Pour sûr qu’il y avait de drôles de choses la- dedans!

-Mais tout ça, c’est des menteries !

-Menteries ou pas, y’a quand même des choses qu’on n’explique pas ! Pourquoi on appelle ça le trou au loup!, y’a une raison c’est qu’à plusieurs reprises on a vu sortir de là dedans  des loups énormes : d’abord, qui dit que ces loups là venaient pas des enfers?

L’aubergiste offrit une tournée générale histoire de détendre un peu l’atmosphère, voyant le moment où l’affaire (l’hébergement des archéologues )allait lui passer sois le nez.

-N’écoutez pas de pareilles sornettes ! s’il y avait un risque les messieurs de Paris ne s’y frotteraient pas !

A la perspective de gagner trois francs six sous, Victor se lance: Si Timothée et Jules y vont, j’y vais aussi !

Le jour fatidique arrive: heureusement que les  »savants  »se sont fait accompagner par les riverains, le chemin est impraticable! il faut débroussailler pour le retrouver. Seule la connaissance parfaite  du secteur permet aux trois guides improvisés de monter jusqu’à l’endroit où il ne passe plus personne depuis des lustres . Ils ont tellement chassé et même braconné dans le secteur qu’ils ne risquent pas de s’égarer. Oh ! pensent-ils,  y vont  êtes déçus les Parigots,  y’a rien à voir!

Pourtant ce n’est pas l’avis des archéologues qui font débroussailler jusqu’au moment où ils découvrent deux énormes  pierres plates  partiellement couvertes de terre.
Les premiers travaux du matin permettent de constater que ces pierres reposent sur d’autres dalles plantées verticalement  et bientôt les piocheurs s’emploient à dégager ce qui fut un vestibule.

-Un vestibule ! c’est comme dans les châteaux et les maisons bourgeoises fait remarquer Timothée!

-Sauf qu’ici, ça s’appelle une allée couverte et que ça représente un tombeau !

-Tout cela date de plusieurs milliers d’années ,  et fait assez rare,  ce monument comporte une sculpture représentant des seins de femme.

Timothée ouvre de grands yeux  : elle a quand même de drôles de nénés faut s’savoir !

La première trouvaille est un amas de tessons de poterie, sans doute les débris de plusieurs urnes funéraires, mais il en manque beaucoup trop pour espérer reconstituer quelque chose . Bientôt, apparaissent des ossements identifiés comme  des ossements humains . Les dents en bon état prouvent qu’il s’agit de sujets jeunes , l’espérance de vie ne dépassant pas 30 ans à l’époque.
Puis nos deux archéologues découvrent deux haches polies, une pointe et une perle en os , des dents d’ours, de cheval et de canidés.

-Alors ce n’est pas l’entrée d’un souterrain demande Timothée?

-Mais non, vous voyez, c’est fermé au fond: c’est simplement un tombeau !

Nos deux  »savants  »sont conscients de leur maigre butin :  dommage que le  site ait été fouillé voire saccagé par le passé !

-Avons nous quand même fait du bon travail ?

-Pourquoi dis tu ça?

-Je n’en suis pas si sûr! On leur a révélé l’existence d’une allée couverte dont ils ignoraient l’existence mais on a détruit autre chose.
-Quoi donc ?

Une belle légende celle  du trou au loup !

 

 

Mettez vous bien ça dans la tête! 27 mai 2015

Classé dans : le mont Saint Michel,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 18 min

           

    Reliquaire d’Aubert Evêque d’Avranches.                  Origines du Mont saint Michel.

 

   L’Evêque d’Avranches  Aubert se réveilla un matin alors qu’il n’était pas dans son assiette ou 180px-Crane_de_Saint_Aubertplutôt dans son écuelle.

J’ai dû abuser de ce petit vin clairet apporté par un hôte que j’avais hébergé hier soir se dit-il !

Il essaya de se remémorer un vague cauchemar. L’Archange Saint Michel en personne lui commandait clairement de bâtir sur le mont Tombe une église en son honneur!

Chacun sait qu’un mauvais rêve peut vous poursuivre dès que vous refermez l’œil, et la nuit suivante, il  revit le prince céleste lui présenter de nouveau sa requête .

-C’est trop fort se dit l’Evêque! Je ne dois plus penser à ça, c’est forcement une vacherie du démon jaloux de ma tranquillité dans mon bel évêché!

 »Vade rétro satanas! »

La troisième apparition eut lieu en rêve quelques jours après: l’ Archange renouvelait son souhait très très en colère!

-Cher Aubert !  je vous ordonne de faire construire un sanctuaire sur le Mont Tombe en mon honneur,  semblable à celui du Mont Gargano en Italie et d’aller faire chercher quelques reliques à cet endroit !

Le prince céleste ne se contenta pas de scander ces ordres sur un ton impérieux. Pour manifester sa volonté par un signe visible, il appliqua son doigt sur le crâne de l’Evêque obstiné .

Ce contact forma un trou qui devint ineffaçable!

l’Evêque fut convaincu cette fois , il relata son aventure à qui voulait bien l’entendre,  montra sur son front la marque indélébile et, devant ce prodige fut suivi d’un grand nombre de personnes jusqu’au Mont  Tombe.

L’Archange lui apparu de nouveau en rêve:

-Un taureau attaché à un arbre délimitera l’endroit exact ou je veux mon sanctuaire !

Des miracles se produisirent tout au long de la construction : un rocher énorme obstruait une portion de l’espace délimité par l’Archange pour construire l’église et tous les efforts des travailleurs n’avaient pas réussi à  faire bouger d’un pouce le roc.

Saint Michel apparut de nouveau en songe à Aubert.

-Allez chercher le petit du dénommé Bain , il est bien plus fort que son père qui s’obstine sans réussir à faire bouger le roc d’un poil!

-Mais ce n’est qu’un enfant !

-Suffit dit Saint Michel !

Le chérubin d’un an fut conduit devant le récif, poussa de son petit pied potelé le roc qui s’effondra avec fracas.

La construction allait bon train jusqu’au jour où l’eau vint à manquer : Aubert frappa de sa crosse le flanc du rocher d’où jaillit une eau bienfaisante qui fut par la suite recommandée pour ses vertus salutaires sur les malades.

Et voilà comment prit naissance  »la Merveille  »qui est toujours l’objet de pèlerinages en l’honneur du bel Archange!          

 

 

 

L’âne et le loup. 22 mai 2015

Classé dans : le mont Saint Michel,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 48 min

 

 

L’Ane et le loup.

Cela pourrait faire l’objet d’une fable de la Fontaine, mais à ma connaissance,  ce dernier n’a pas mis en scène ces deux animaux réunis.
Nous le ferons l’espace de ces quelques lignes.

-Du temps où le Mont Saint Michel qui s’appelait à cette époque le Mont Tombe  n’était habité que par quelques ermites,  un âne fut dressé par le curé de la paroisse de Beauvoir, située à quelques kilomètres du Mont pour ravitailler les religieux.

Il faut voir comment l’âne remplissait bien son service, d’un pas guilleret sachant résister à la  vue d’une touffe d’herbe fraîche et tentante  pour être le plus ponctuel possible : un modèle en somme!

Or, un loup qui passait par là et que la faim tenaillait, ne s’attendrit pas sur les vertus du plus humble que la terre n’ait jamais porté.

Perfidement, il dévora l’âne et sa cargaison , se léchant longuement les babines , mit quelques jours à digérer le tout, faisant jeuner les pauvres religieux encore plus que de coutume.

A peine remis de son festin, l’Archange qui veillait en ces lieux, souffla le remords dans son cœur de loup et lui fit découvrir toute sa félonie.

-Que puis-je faire pour réparer ma faute?

-Tu seras condamné à exécuter le travail que faisait si bien l’âne que tu as dévoré sans vergogne!

Le loup ne se le fit pas dire deux fois et il faut bien avouer qu’il s’acquitta de sa tâche aussi bien que ne l’avait fait son prédécesseur.

 

 

 

le Mont Saint Michel insolite. 21 mai 2015

Classé dans : le mont Saint Michel,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 16 h 24 min

                                                                                

280px-Mont_St_Michel_3,_Brittany,_France_-_July_2011

 

                                        Le Mont  Saint Michel insolite.

 

Comment parler de la Normandie sans évoquer notre joyau : le Mont Saint Michel. Beaucoup d’ entres  vous font partie des trois millions de visiteurs annuels qui ont découvert  »la Merveille ».

Je ne me lancerai pas dans sa description, son histoire :  Wikipédia sait faire ça mieux que moi, et je voudrais m’en tenir au côté romanesque  et merveilleux.

 

                                         Les Druidesses  du Dieu Belini.

 

Avant d’être un sanctuaire chrétien, les Gaulois appelaient ce lieu  »Mont Tomba Belini  » . Il est probable en effet que sur ce monticule s’élevait un temple consacré par les druides à Bélénus , le soleil,  considéré comme un Dieu dans la mythologie.

Une légende  nous dit que les prêtresses du lieu possédaient un pouvoir, celui de tirer des flèches qui avaient pour effet de calmer les tempêtes.

Pour obtenir cette faveur venue du ciel, il fallait amener à ces charmantes créatures d’agréables puceaux qu’elles entrainaient au font de leur grotte ombrageuse où des parfums aphrodisiaques avaient été copieusement répandus.
la retraite durait plusieurs jours et le jeune homme pouvait ressortir au milieu des hommes après avoir reçu de sa partenaire autant de coquilles attachées à ses vêtements qu’il avait satisfait à ses désirs: des médailles de virilité en somme!

Curieuses pratiques alors qu’il était plus habituel de sacrifier des vierges pour plaire aux Dieux!

 .

 

 

 

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