L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

Histoire du pendu. 14 janvier 2017

Classé dans : histoire - biographie,humour,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 24 min

                                                                                                       J’hésite pour classer cette rubrique.

albert-besnard-le-pendu-1873-eau-forte

Découverte dans de vieux documents j’ai trouvé l’histoire plutôt drôle.                

Alors,  à vous de choisir histoire ou légende ?

 

- C’était jour de foire à Argentan (Orne) et ce jour là, le Vicomte rendait ses jugements de Haute Justice  et il venait de condamner à être pendu haut et court un certain Vannier   qui l’avait, murmurait-on bien mérité pour avoir brigandé sur les routes, égorgeant au besoin les braves bourgeois qui avaient le malheur de résister.

Bref, un mauvais sujet qu’il valait mieux ne pas croiser sur sa route.

Le cortège se composait du Hérault de la ville , suivi du Vicomte , du Bailli, d’un sergent accompagné de douze hommes d’armes, d’un moine pour le repos de l’âme du malandrin, et derrière le cortège l’exécuteur des Hautes Œuvres, le bourreau,  superbe par sa stature et son regard de brute, vêtu de l’habit  de sa profession un chaperon rouge.

 

Un murmure d’effroi parcourut la foule venue en spectateur, lorsqu’en moins de temps qu’il faut pour le dire, on mit le coupable nu comme un ver, on lui enfila une camisole de toile grossière mal taillée, on le hissa sur l’échelle , on lui mit la corde au cou , et pendant que sonnait la prière des agonisants accompagnée du glas, on le lança.

le corps fit « floc » se balança au bout de la corde, se raidit, devint tout rouge et le mort se mit à tirer un langue violette énorme.

Un brave homme s’en venait au marché d’Argentan avec un veau , il se divertit du spectacle comme tous ceux qui étaient présents et il rendit la grimage au pendu en lui tirant lui aussi la langue. 

Son veau vendu, l’argent en poche, il fit la tournée des cabarets de la ville,  Les Trois Maryes, les Trois Roys, les Trois Sauciers et la Croix Blanche,  de sorte qu’il sortit de la ville alors qu’il faisait nuit noire  et que ses pas n’étaient plus très assurés.

Passé devant le gibet où il avait vu pendre le matin, il s’arrêta, admira encore une fois le supplicié dont la tête s’inclinait et la langue démesurée s’étirait hideuse et drôle.

Le marchand éméché lui fit un petit discours de fraternelle amitié.

Frère pendu, lui dit-il mauvais gibier de potence! Hic,

Pourquoi sors tu ta langue ainsi ? Non seulement ça t’enlaidit, j’te l’dit moi, bien en face, mais en plus, ça doit te donner une soif  hic!

Tu dois bien avoir le gosier sec? descends  et viens, je vais vais t’offrir un verre Hic!

Réponds moi as  tu soif  ?

Et une voix proche de répondre 

-Puisque c’est l’effet de ta bonté, attends moi j’arrive!

L’autre dégrisé se mit à courir, suant à grosses gouttes et plus il courrait, plus la voix se rapprochait: attends moi, attends moi ! 

C’est ici que nous devons éclairer la lanterne de nos lecteurs pour la bonne compréhension du texte. 

Un brave rémouleur n’ayant pu se loger , était sorti de la ville et avait trouvé sur cette route pour gîte la berne d’un chemin . La nuit était obscure, comment pouvait t’il imaginer  qu’un gibet se dressait au dessus de lui alors qu’il était étendu sur l’herbe verte ?

Il n’a jamais compris pourquoi celui qui l’invitait à boire un verre se sauvait à toutes pattes devant lui. 

 

 

 

expressions typiquement normandes. 5 avril 2016

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 45 min

 

 

Quelques expressions normandes

 

 heula

 

Heula ! La plus célèbre  expression normande qui a mon avis veut faire part de la surprise.

P’tet benk oui P’tet benk non, soulignerait l’indécision du Normand,  mais il est rusé l’animal et préfère tergiverser pour avoir le temps de bien réfléchir.

Locher les pommes pour secouer le pommier.

Bouiner : tourner en rond ne pas faire grand chose .

Toute la pouque sent le hareng. la pouque est un sac en jute. Cela veut dire que toute la famille est bonne à mettre dans le même sac.

J’aime pas les vaches qui vêlent tard  disait mon père qui ne supportait pas que l’on remette les choses à demain ;

Quelle déchafre ! me disait-on quand je revenais déchirée  après m’être battue avec les garçons.

Dans le Cavados Fi toto disaient mes oncles.  Quelque fois  en colère ça devenait un juron: fi de garce ou encore pire fi de putain.

C’est rien bien : C’est drôlement bien.

Tête de broc, tête de machu, de nachu, ou de blin. Tête de lard

Comment se saluait le normand:

Cha va ti ? réponse Red bi et té   je ne traduirais pas na!

Bé te Ka sé, rabat ton capet et counnait personne: bois,  toi qui a soif et ne t’occupe pas des autres.

Eun ryin qui vale en ri : bon à rien .

Il a pu d’goule que d’effet. Des paroles mais pas d’actes,  on pourrait dire cela de nos politiques.

Grand diseux, p’tit faiseux.  A peu près idem.

 La foure de tchi fume bi  ( la crotte de chien fume bien.) pour railler quelqu’un qui fume. )

Aimable comme une ronce à tchi  : pas  aimable:  mais je ne sais pas ce qu’est  une ronce à chien et mon papa qui disait çelà  n’est plus là pour m’expliquer.

Peter pu haut qu’il a l’tchu  (  connu)

Ch’est un mougeard. Parlant d’un dépensier.

C’est l’tchu qui lui faire perdre la tête : On dirait aujourd’hui c’est une chaudasse. 

Afféter la salade :  L’assaisonner.

Sauter par dessus la vaque à ma sœu  : se dit de quelqu’un de très en forme

La cabane va tomber  su’ l quin ‘ La faillite n’est pas loin .

Arrête de digonner dans ton nez: sans commentaires.

Clencher la porte : pour l’ouvrir.

O ti mu sul’ dos qu’une serpe: elle tient mieux sur le dos qu’une serpe.  Se dit d’une fille volage.

Faire pisser un cat par la patte: Se dit lorsqu’on boit dun liquide acide,  piquette etc…

Avoir le foin qui dépasse la charrette : se dit d’une fille non épilée en maillot de bain (peut-être pas que normand mais j’ai bien aimé l’expression) .

Attraper un poulet de haie : se retrouver avec un enfant illégitime souvent le facteur ou le laitier étaient les responsables  des poulets de haie.

Alle a l’croupion qui c’mence à jauni: Se dit de quelqu’un qui prend de la bouteille

Avoir le ventre d’un curé de canton: Les curés étaient bien reçus et nourris par leurs paroissiens

Galbé comme un lapin de six semaines :  pour se moquer de la maigreur .

Ol en finit pas de faire des croupettes aux gens : des compliments des courbettes.

O commence a dégalocher sec : elle commence à perdre la tête.

A la quarre, près du gros caillou d’boué là ou qu’ c’ est qu’la vaque a écorné le cochon.  la quarre désigne le coin . Le reste ? de l’humour à deux balles.

O commence a senti pisser. disait-on d’une adolescente qui accepte  les hommages des jeunes mâles .

Ol a  tombé su un pieu . Se dit d’une femme qui affiche une grossesse certaine.

Il est rond comme une queue de pelle . Il s’est encore arsouillé  . Il a bu plus que de raison.

Donne nous dont un café coiffé. c’est un café avec du calva.

Il est rentré consommé saoul. Ivre mort.

Quand i pieu su l’curé, ça dégoute su l’vicaire.  Les conséquences sont pour tout le monde.

Le temps s’embernaudit, les poules s’accroupiottent, il va nous tomber une rouapée.   le temps se noircit, les poules s’accroupissent il va nous tomber une averse.

 Tu dirais ça à un cheval de bois il te donnerait un coup de pied . Se dit lorsqu’on est en présence d’un menteur.

 

 

 

 

 

l’hygiene,à tout prix. 22 janvier 2016

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 33 min

l

 

l’  hygiene à tout prix.

 

ecoliers portant  cartables , tabliers s_'en allant a l_'ecoleUne petite merveille étudiée dans l’atelier de patois normand dont je fais partie.

 

Heula! José,  te v’là sale comme un peigne et toi la Marie,  une vraie Marie Salope et puisque tu t’es égratigné la peau, mets un petit peu de crachat.
Ne remonte pas tout le temps » ta grand mère au grenier  »(José mouche toi !)

T’es tu lavé les pattes José ? je t’ai bien dit  que tu vas aller chez l’père Poutiau essayer des souliers!

-Je n’en ai lavé qu’un! Ils étaient trop noirs j’avais pas assez d’eau .

-Va chercher de l’eau et va te laver l’autre. Et pis,  allez donc tout deux vous décrasser la goule !

-Toi, l’père va te gratter la couenne, mais ne t’écorche pas et puis après c’temps là, va atteler la carriole, faut qu’on aille tous au marché . L’école va bientôt recommencer, faut deux blouses noires à la Marie et un habillement de velours au gars José.   C’est bien commode le velours: c’est solide et y’a point à le laver durant tout l’hiver. C’est comme pour les chaussettes, maintenant que je couds du cuir en dessous, le père et le José n’en changent point souvent , et j’raccommode pour dire jamais.

 

Heulà! José te v’l'a sale comme eun peugne et té la Marie, eun’ vraie Marie Salope, et pisque tu t’es egracigné la pecque, mets eun p’tit qué  d’crache .
Ne r’monte donc point toujours ton horloge, José .
Té tu s’ment laveu  les pattes, José ? Je té bin dit que tu  vas alleu chez l’père Poutiau essayeu des soulieu.

–Je n’eu laveu qu’un,  i té trop nèr, je n’aveu point asseu d’yau.

–Va qu’ri de l’yau et va t’laveu l’aut. Et pis allé  donc tous deux vous décrasseu la goule.

Te, l’père!  va t’ rakieu la couenne, mais n’terusse point et après c’temps là, va atteleu la charte !faut qu’on va tertous au marché. L’eucole e’ va bétou r’commenceu, faut deux biouses nères à la Marie et eun habillement d’velou au gars José…c’é bin c’c'mode le velou, cé solide et pis y a point à laveu  pendant tout l’hiver . C’é comme pour les chausses, à c’ t’heur que j’couds du cuir en d’sour, le père et le José n’en changeant  point souvent , et j’racmode pour dire jamain.

 

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Le plus humoristique de nos normands Alphonse Allais. 30 juillet 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 23 min

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Alphonse Allais : journaliste, écrivain, humoriste est né en la belle ville d’Honfleur (Calvados) le 20 Octobre 1854.  Il mourut le  28 Octobre 1905 à Paris.

Jusqu’à l’âge de trois ans, il ne prononça jamais un seul mot, ce qui laissait à penser qu’il était muet.

Son père était pharmacien et voulu le prendre comme stagiaire,  mais comme il n’aimait ni la pharmacie, ni les études,  il se vit couper les vivres par ce dernier et s’essaya sans trop de succès à la photo,  mais l’homme avait de la ressource et de l’humour :  il devint journaliste dans des journaux humoristiques comme » Le chat noir ».

Si l’on le connaît pour ses calembours et ses bon mots,  il a été un remarquable écrivain et un chercheur.  On lui doit l’invention du café soluble pour un brevet déposé en 1881 bien avant  Nestlé.

Quelques citations drôles   :

Faut-il que les hommes soient bêtes pour fabriquer des machines pour se tirer dessus, comme si on ne( claquait) pas assez vite tout seul ! il devait effectivement (claquer) relativement jeune à  51 ans.

Intégriste: Individu qui veut piéter plus haut que son culte.

Nous parlons de tuer le temps comme si ce n’était pas lui qui nous tuait.

la lune est pleine et l’on ne sait pas qui l’a mise dans cet état.

La femme est le chef d’œuvre de Dieu, surtout quand elle a le Diable au corps.

Il faut prendre l’argent où il se trouve: c’est à dire chez les pauvres: ils n’ont pas beaucoup d’argent mais comme il y a beaucoup de pauvres!

Il faut demander plus à l’impôt et moins au contribuable.

il état normand par sa mère et breton par un ami de son père.

Le Tic Tac des horloges: on dirait des souris qui grignotent le temps.

 

 

 

Les joyeusetés de la prison de Pont-L’êvêque. 3 juillet 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 48 min

La joyeuse prison de Pont-L’Evêque près de Deauville. 

         prison de pont l'^v^que                             

Ah, ce que l’on a pu » se la couler douce » à la prison de Pont-L’évêque avant qu’une évasion spectaculaire( mais, nous y reviendrons plus tard) fasse découvrir le pot aux roses.

 Les gardiens  et surtout le gardien chef semblent ou débonnaires ou dépassés par les détenus qui s’occupent l’un de la comptabilité( ce dernier ayant été condamné pour escroquerie) , l’autre   dénommé  Teumer fait les fiches de paye des surveillants et s’occupe  du courrier et de la cantine.

 Un autre détenu, électricien  de son état,  effectue les réparations  des alarmes  de la prison,  les petits travaux  chez les  magistrats voisins et au  café du coin où chacun peut aller boire   au comptoir son  petit crème. 

On utilise librement  le téléphone , certains s’autodélivrent des certificats de bonne moralité , reçoivent leurs épouses et leurs petites amies. On y entre et sort comme dans un moulin.

Tout cela aurait pu durer encore un certain temps si l’un des détenus, René Girier dit  » la Canne  »  spécialiste en casses de coffres forts  ( celui du bijoutier VanCleef et Arpels :  gain  65 millions et celui du président du conseil  Edouard Daladier) tant qu’à faire!  ayant à son actif 17 évasions,   décide malgré toute la liberté d’aller et venir, de se faire la belle!

Par la porte ? trop facile !  il veut  réaliser une évasion comme il a l’habitude de procéder : il escalade le mur d’enceinte, salue les gendarmes au passage  avant de sauter dans une traction qui l’attend ,  afin de disparaitre une fois de plus.  Il sera repris et arrêté en 1951.

la prison fermera définitivement en 1958 et elle peut se visiter si l’on s’adresse à l’office du tourisme

Le gardien de la prison sera incarcéré  3 ans , certainement dans une prison moins agréable !

Un film  relatant les joyeusetés de la prison verra le jour en 1956 avec Michel Simon, Dary Cowl.

 

 

La bonne histoire de Louis Pottier. 28 mai 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 27 min

 

 

Louifermiere et filles Pottier est parti depuis quelques années dans un  monde meilleur.

Aux repas du club, aux mariages,  aux communions, à la galette des rois,   on lui faisait raconter l’ histoire qu’il tenait de son grand père( histoire qui n’a jamais été  couchée sur le papier ) au grand dam de son épouse qui en avait ras le bol, d’avoir  entendu ça toute sa vie durant et que ça ne faisait même plus rire.
Je l’ai transcrite  dans son  patois assez moderne de l’Orne que vous n’aurez pas de mal à comprendre.

 »Ma foi, j’cré ben que quand l’Diable s’en mêle y a pas moyen d’y couper de quand ça s’emmanche mal: Après la gelée, c’est l’iau, après l’iau, c’est la grêle et pis la maladie su l’monde et su l’bestiau.

L’aut’ jour, ma femme en rentrant de la « Bremaille » attrape un chaud ferdi. O toussait à rendre l’âme , si tellement ben qu’a fallu qu’o s’mette au lit.

Pendiment c’temps là, not viau et qui était biau comme tout (quoique j’l'avions élevé avec pas mal de peine) attrape une pneumonie.  V’là qui tousse itou!

Un matin la bourgeoise o m’dit :  » Ah tu f’rai bien d’aller quérir le médecin » mais j’y dis :  »j’m'en va d’abord chez l’vétérinaire : perdre un viau de c’prix là, ça f’rai du joli  !

Ben vite, j’avale deux trois canons, j’met la Blanche en limon,  et me v’la parti tout dret au chef lieu de Canton chez le vétérinaire. J’y raconte la bricole  » ça s’ra peut-être ren du tout qui m’dit » mais comme c’t'homme avait sa voiture à  »Prétole » j’étais co bien loin quand il était chez nous.

Quand je fus là « ça l’tient dans la poitrine qu’y m’dit »

Dans sa voiture, y avait tout c’qui fallait. I sortit un flacon où y avait une espèce de médecine : vous y f’rez prendre tous les jours dans du lait.

Quand il s’en fut allé, j’vas trouver ma vieille , j’y dis   »le médecin, c’est ben coûteux , j’compte ben que vous prendrez la bouteille à vous deux : c’est sûr qu’o m’dit, t’as raison mon père, pisqu’avec le viau j’avons la même affaire, j’prendrons la même bouteille, d’une pierre, ça f’ra deux coups.

Hé ben ! Depuis c’temps là, ça m’retourne la bobine,  j’sais pas c’qui faisait comme médecin d’animaux! Sa sacré médecine, o la sauvé ma femme et fait crever mon viau!

 

 

Petite histoire vraie 16 mai 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 11 min

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                                                             Le coq et le pain bénit.

Cela pourrait ressembler à une fable , mais il n’en est rien.  Il s’agit d’une histoire vraie qui m’a été comptée par Alice,  personne âgée de mon village.

Alice était à l’époque où les trains sillonnaient encore les campagnes,  garde barrière de son état ,  ce qui lui permettait de s’occuper d’une nichée de 7  petiots et de quelques volailles. On vivait de peu à cette époque.
Si cette brave femme n’allait pas à la messe à cause des opinions de son mari,  un communiste pur et dur, sa voisine Solange s’y rendait chaque Dimanche et jours fériés et après avoir fait ses dévotions,  remontait la côte et passait devant le maisonnette de sa voisine.

Un beau Dimanche, se trouvant non loin de la maisonnette, la faim se fait sentir après avoir parcouru  les deux kilomètres qui la sépare de l’église du village.

Comme chaque Dimanche les demoiselles (enfants de Marie ) fréquentant assidument l’église, offraient aux participants une tranche copieuse de pain bénit.

Solange sentant la faim la tenailler attaque , je ne dirais pas à belles dents,  car elle n’en avait plus guère vu son grand âge , la tranche de pain offerte  . Surgit un coq débouchant des bâtiments de sa voisine . Un coq dont les plumes vernissées brillaient au soleil,  tout ça pour ne  pas dire que du  mal,  fusse d’un coq,  mais une bête qui avait tout de même fait son temps.

 L’animal se précipite sur les miettes de pain tombées à terre et se pavane en gloussant , dansant d’une patte sur l’autre devant la promeneuse.

Attendrie, elle lui donne un beau morceau de son pain en lui disant :  » Tiens Vaurien! Mais c’est que tu as l’air d’aimer ça! et elle poursuit sa route.

La semaine suivante,  oubliant le coq et ne pensant qu’au petit creux de son estomac , elle arrive en vue de la maisonnette de sa voisine.  au même endroit surgit le  gallinacé qui semble  l’attendre:

Je n’ai plus rien cette fois, tu n’as pas de chance!

Nous n’irons pas jusqu’à dire que ce coq était d’une intelligence remarquable, mais il comprit malgré tout très vite qu’il n’obtiendrait rien cette fois, et tous ergots dehors, il se précipite vers la femme ahurie !

Au Diable cette bestiole ! murmure t’elle tout en se dégageant de son emprise.

La semaine suivante, il fallut bien repasser devant la maisonnette ou guettait celui qui était devenu son ennemi. Un bâton   fit tenir en respect la bête qui lui fit comprendre toute son animosité.

Furieuse Solange alla voir sa voisine,  propriétaire de l’animal pour lui faire part de sa mésaventure. Le ton monta très vite   »Tout ça c’est de votre faute la mère!

Vous n’êtes pas sans savoir  à votre âge qu’on ne doit jamais donner de pain bénit à un animal quel qu’il soit! tenez donnez en à un chien, il devient enragé, à un chat, il va miauler nuit et jour.  

Qu’est ce que je peux faire maintenant? Si cette bête à prit un mauvais sort , je ne vais tout de même pas la manger. Alors bouffez la  si cœur vous en dit et vous me donnerez un coq des vôtres.!  »

 Personne ne mangea la bestiole qui une fois tuée finit lamentablement comme Job sur le  tas de fumier. 

Inutile de dire que les voisines se firent la gueule pour le restant de leurs jours,  Solange ayant refusé  tout net  de donner un de ses coqs.        

 

 

 

le paquet de tabac 25 avril 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 02 min

 

                                                                  Pour rire un peu

 

Augustin, un grand gaillard de bientôt quarante ans,  bon garçon mais un peu niais, s’occupait de la ferme avec ses parents.

Sa mère lui disait toujours : « Il serait bien temps de te marier » mais  Augustin n’était pas bien pressé. Dans le hameau plus loin, une fille, Euphrasie qui avait largement coiffé Sainte Catherine ,  lui aurait bien plu mais il n’osait pas s’avancer.

Tout de même, au printemps, il fit sa demande. La fille ne parut pas plus réjouie que ça, mais elle ne dit pas non et posa une condition : » si j’dis oui Augustin, faudra que t’arrête de fumer à cause que je ne peux pas sentir l’odeur du tabac. »

Et Augustin que l’on ne voyait jamais sans une cigarette au bec se dit : » Des filles comme celle-çi, il n’y en a point d’autres  dans le pays,  c’est pas demain que je retrouverai une pareille occasion » et il promit…

Leurs parents furent bien contents de voir se fréquenter leurs enfants. Les parents d’Euphrasie firent restaurer une petite maison séparée d’une haie d’épine . La noce fut décidée pour l’automne, au mois d’Octobre. Ce fut une grande noce: les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les voisins étaient invités et après avoir bien mangé bien bu, poussé la chansonette, les mariés se retirèrent dans leur maison.

Le lendemain matin, c’est la mariée qui sortit la première . Mélie, sa mère, dès qu’elle l’aperçut par dessus la haie, lui demanda « Est-ce que ça s’est bien passé cette nuit? « 

Ah ! dit Euphrasie, la nouvelle  mariée, il est drôle : hier soir, il a déboutonné ma robe, enlevé son pantalon et sa cravate, il s’est couché, et il a ronflé toute la nuit !

Ah !dit sa mère ! il ne faut pas lui en vouloir à ce pauvre garçon, il a pas l’habitude, ça ira mieux demain…

Mais le lendemain et les jours suivants, c’était toujours la même chose et c’est Mélie la mère qui eut l’idée suivante:

Mais ton pauvre homme, il a l’air triste on dirait qu’il lui manque quelque chose! Si tu lui donnais un paquet de tabac!

C’est ce que fit Euphrasie et le lendemain matin,  sa mère Mélie la vis sortir de chez elle  avec un sourire jusqu’aux oreilles! 

Maman, si tu savais comment ça s’est passé , encore bien mieux que ce qu’on m’avait dit: c’est incompréhensible  ce que le tabac a fait effet, je vais lui en racheter un paquet.

Je suis bien contente pour toi fit Mélie : v’là des sous, rapporte en un pour ton père!  

 

                                                                                                                    Un petit mio de patois.

 

Gustin, eun graund gaillard de byintôt quarante auns, bouon garçoun mais un moi nio, faisait vali d’aveu ses gens.

Sa mère li disait tréjous: »i serait byin temps de te mariaer » mais Gustin n’était  brin pressi. Dans le hammé pus bas, eune file Phosène qu’avait largement coueffi Sante Cathlène, li aurait byin plleu mais il osait pas s’avaunchi.

Touot de même, chu renouvé,i fit sa demande; cha réjouit pas d’excès la file mais o  dit pas nennin et posit eune counditioun : – Si je dis oui, men poure Gustin, fâora arrêter de fumaer rapport que je peus paé senti l’odeu du tabac.

Et Gustin que no viyait jammais sauns eune cigarette au bé se dit  dans li: »Des files coume c’té chin yen a pé dans le trige; si j’arrive brin à m’n'affaire , ch’est pas deman où matin que je vas avei dé demême eune bouone occasion », et i promint.

Leus gens des déeus bords feûtent byin aise de veî leus quenales s’aloter de pae ensemblle. Les gens de Phrosène firent ragriyi eeune petite maison partagie aveu eune haie d’épène. La neuche fut décidée pouor l’arryire, chu meis d’octobe. Cha feut enun graunde neuche : les ounclles, les tauntes, les cousins, les couosènes, les veisins étaient invitaés  ô sei, ampraès avei byin mouogi, byin beu, poussaé la caunchounette les mariaés s’acachîtent dans leus maisoun

La lendeman oû matin, ch’est la mariée qui sortit la premyre. Mélie, sa mère dès qu’o l’avisit par dessus la haie lyi demandit: « Cha s’est-i byin passaé c’te nyit ?

Ah! que fit Phrosène la nouvelle mariée, il est drôle: hyir aû sei, il a déboutounaé ma robe, halaé ses tchulottes st itu sa cravate, s’est couchi et à rounflli toupte la nyit!

Ah que fit Mélie, fâot paé li en vouli à chu pouore garçoun, il a paé l’habitude, cha ira muus deman…

Mais le lendeman et les jouor d’ampraès chétait tréjous de demême et ch’est Mélie  qu’eut l’idaée la premyure:

Mais chu pouore janne houme, il a l’air trisse, no dirait qu’i y a de quei qui li maunque.Si tu li baîllais eun paquet de tabac?

C’h'est cha que fit Phrosène et le lendeman oû matin, Mélie la vit sori de tcheu lyi, la goule fendue jusqu’ès oyères: Mouman, si tu savais coument que cha s’est passaé, enco byin muus de ce que no m’avait dit, c’est incoumprenablle ce que le tabac a fait d’effet, je vas li en racataer eun paquet.

J’sis byin aise pouor tei que fit Mélie et en quemin faisaunt: v’là des sous, rapporte-z-en yeun pouor ton père!

D’après un récit d’Aleixandre Godey.

 

 

Comme aurait dit la tante Marie ! 18 avril 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 15 min

IMGMa tante Marie et l’oncle Charles.

 

Je pense que l’on est complètement mort quand personne ne parle plus de vous. Ma tante Marie, quoique n’étant plus de ce monde depuis au moins 40 ans,  nous avait prédit: » vous causerez de mé! longtemps! Elle parlait le patois et je la comprenais bien.
J’espère que vous aussi vous allez faire un petit effort.

Elle s’habillait d’une grande jupe noire et d’un corsage de même couleur et  était chaussée de gros sabots de bois d’où  dépassait un peu de paille.
Ce qui étonnait dès qu’on l’approchait était son odeur bien caractéristique : odeur de renfermé, d’urine et de feu de bois.

Au nez, parmi cent personnes je l’aurai reconnue.

La pauvre n’avait plus que quelques cheveux sur son crâne visible où il y avait des croutes comme quelquefois chez les nourrissons.

Elle n’avait plus qu’une dent, une seule, mais ça ne l’empêchait pas d’avoir un grand sourire. tout le monde l’adorait.

J’ai oublié de vous dire: elle ne portait pas de culotte, levait un peu la jambe pour faire pipi sans s’accroupir.

Un coup de torchon sur le museau pour aller à la messe de la Toussaint et des Rameaux : pour l’hygienne concernant le reste, quand on lui posait la question elle répondait: Ca s’lave ti pé tout seul! (Ca se lave ti pas tout seul.)

 L’eau glacée du puits n’était pas très engageante,  et si on avait voulu utiliser le chaudron pour chauffer l’eau il y a en avait pour une heure,  et le bois était plus que rare.

Elle avait un mari,  l’oncle Charles, son ancien patron qu’elle avait déniaisé dans la soue à cochon en soignant ces charmantes bestioles.

Elle se plaisait à raconter cette anecdote car pour tout dire , elle parlait cru : » C’con là il avait jamais vu de fumelle il osait pé ‘s ‘décider.

Il trouva quand même bien le mode d’emploi, car il lui fit deux filles. »

Quand elle racontait cela,  devant l’oncle, pas méchant pour deux sous il répliquait…Hu !  mon Dieu que t’as bête! en riant dans ses moustaches.  Ce sont les seules paroles entendues de sa bouche car ce n’était pas un  »diseux ».

Tante Marie , j’aurai tant d’histoires croustillantes  à raconter sur toi, mais j’ai peur de fatiguer mon lecteur.  Si tu nous vois du haut du ciel, rassures toi on se rappelle de té ! et l’on commence quelquefois nos phrases par : comme disait la tante Marie!

              Quelques unes sont restées célèbres dans la famille : Regardant les bébés avec attendrissement C ‘est bi biau pour avoir été fait à coup   d’tchu !

Pour parler d’un dépensier:  c’est un mougeard  : y veut pêter plus haut qu’il a le tchu !

Et lorsqu’on lui parlait de la mode: Diable de mode si mon tchu peut pas dans ma culotte !

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,  le tchu avait une grande importance dans le langage fleuri de la tante Marie.

Elle avait d’autres expressions : En parlant d’un ivrogne: Viau qui tête bi n’a point besoin d’mougi.

Pour celle-ci , j’aurai pitié de vous et traduirai: A la tine mon godet plus tu berras plus t’auras sé. J’aime mieux bère et m’en ressenti que te laisser pour m’en r’pentit. 

A la tienne mon verre, plus tu boiras plus t’auras soif.  Jaime mieux boire et ressentir les effets de l’alcool que d’en laisser pour m’en repentir.

 

 

 

 

 

 

Si mes petites chroniques normandes vous amusent contactez moi : mail solangelaurent.l@orange.fr

 

 

 

une petite histoire normande drôle 4 mars 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 08 min

                                                

Mon Histoire.  (Si quelqu’un voulait cette histoire en patois original me contacter)

Deux jeunes filles  s’en vont à Confesse à Varenguebec petit village de  la  Manche . Les deux demoiselles appréhendent un peu,  car ayant passé quelque temps à Paris ,  leur vie n’a pas été un exemple de vertu. On  chuchote   tout  bas à Varenguebec qu’elle auraient même fait commerce de leur charme.  C’est ce qu’on murmure au lavoir.

Les voilà sur le chemin de l’église car la confession est incontournable et ….quand faut y aller, faut y aller!

-Qu’est ce qu’on va bien pouvoir raconter au curé? On peut tout même pas lui dire qu’on a mené  une vie de patachon! !

J’ai une idée dit l’autre ! on va lui dire qu’ on a  »tarlatané ». Il est point trop malin y va pas chercher plus loin.
La première se présente au confessionnal : quels sont vos pêchés ma fille ?
J’ai dit du mal de mes voisins et j’ai  »tarlatané une fois » : Bien mon enfant! vous réciterez trois Pater et  trois Ave!

La deuxième demoiselle se présente et avoue avoir  »tarlatané » deux fois ’:  Trois Pater , trois Ave!

Une fois ses paroisiennes parties, le curé pour peu futé qu’il soit,  se pose tout de même des questions et si…. ce qui se dit dans le pays?….Trop tard je les retrouverai à la prochaine confession et là, là, je ne les louperai pas pour la pénitence!

Toutes guillerettes les filles rencontrent en route la vieille Marie Lefèvre qui s’en vient à l’église .

 »Je m’en vais à  confesse mais à  mon âge faudrait bien que j’en invente pour lui faire plaisir au curé…. .   Pourtant j’ai quelque chose sur le cœur que je voudrais bien lui avouer,  mais j’sais point comment m’y prendre.

J’ai des vents !  mais des vents !  sans arrêt et ça part  boum!  boum!    j’en suis raide gênée.
Et bien Marie,  vous lui dite que vous  »tarlatanez » ! Comme y comprend rien à rien,  y vous donnera l’absolution.

La voilà donc derrière le petit croisillon et comme le curé la connaît par cœur,  il l’écoute d’une oreille distraite.  Pourtant d’un seul coup,  le voilà  surpris par les propos de la Marie……… en plus de ce que je vous ai déjà dit ,  faut que je vous avoue que je » tarlatane » toute  la  journée, Et un coup! Pan! et un autre coup! Boum!  même que ça me fait du bien quand le coup y  part. »

Le curé n’en est pas revenu!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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