L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

la grande bouffe 27 mai 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 36 min

                                    Repas de noce  année 1946

 

  L es restrictions de la dernière guerre  avaient beaucoup fait souffrir la population . J’ai retrouvé un menu de  l’époque d’après guerre  :  3 viandes pour le repas du midi , trois viandes plus un poisson pour le repas du soir sans compter les nombreuses entrées et  desserts. Mais bon sang ! Où pouvaient-ils mettre tout ça?

A remarquer que le trou normand n’est pas oublié  et que le Calvados semble couler à flots ! heureux temps où l’on ne soufflait pas dans le ballon , mais il faut dire que les déplacements se faisaient en voiture à cheval et que l’animal connaissait la route !  

 

 

 

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Pas d’obèses dans les années 40 16 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 07 min

   La nourriture n’était pas très copieuse à la ferme durant la guerre.  Le repas du midi consistait  ordinairement en galettes de Sarrazin à volonté, cuites sur une énorme poêle appelée tuile sur lequel on étalait une mince couche de beurre. Et c’était tout jusqu’au soir.

Le Mercredi, jour du marché à la ville voisine, on  voyait arriver sur la table  la morue salée, plat que j’ai toujours eu en horreur,  heureusement, il y avait des pommes de terre et de la crème.

Quelquefois, le Dimanche après la messe  on invitait de temps en temps un oncle et une tante pour manger une volaille . Pas d’assiettes sur la table, juste un grand plat où piochaient les invités prenant une tranche de pain noir où ils déposaient le maigre morceau de viande et mangeaient avec leur couteau. Après chacun sauçait le plat . Le jus coulait dans les baccantes des oncles qui arboraient tous cet ornement à la mode!

Moi qui venait de la ville ça m’interpellait un peu . Pas d’entrées, pas de fromage, jamais de fruits, sauf ceux qui poussaient dans le jardin : groseilles, cassis.

Le soir, on mangeait de la soupe à la graisse de bœuf avec des légumes : carottes,  poireaux, fèves; pommes de terre, choux.  Chacun avait sa propre soupière contenant au moins un litre et demi pour les adultes. les enfants avaient l’équivalent d’un bol et l’ on mangeait avec de grands bruits,  comme dit Jacques Brel bien plus tard.

On gardait les œufs, la crème et le beurre en trop pour les vendre à l’épicerie pour avoir du sucre , du café  avant que toutes ces denrées ne soient rationnées par les allemands. Le plus dur fut le rationnement du pain  : 250 grammes par jour et ce,  jusqu’en 1948 , quatre ans après la guerre.

250 grammes ! ça peut sembler beaucoup à nos générations qui n’en mangent plus guère, mais c’était une grande partie de l’alimentation puisqu’il n’y avait rien d’autre. On aurait fait n’importe quoi pour se procurer du pain.

 »Ventre affamé n’a point d’oreille! mais à mon avis il n’a pas non plus de cœur , car les deux femmes de la maison nous poussent avec ma jeune tante à aller  quémander du pain au  »Moulin d’Angonnet  » qui abrite l’état major allemand.
Ma grand mère nous promet 50 centimes chacune pour aller mendier  »le Brout  » Est-ce mon esprit mercantile ou la curiosité ?  nous voilà parties.

50 centimes ce n’était pas cher payé , vu la mission confiée à des enfants de 6 ans en territoire ennemi!  

Nous frappons à la porte du moulin : Etonnement du portier qui alerte tous ses coreligionnaires qui nous font rentrer . Nous sommes donc toutes les deux au milieu des allemands :de grands gaillards et nous si petites! Alors, poliment j’explique que l’on voudrait bien du pain:  Ya! Ya! .  Ils nous entrainent à travers les grands couloirs du moulin et là surprise, une grande pièce est décorée pour Noël avec sapin et tout le toutim , ils s’apprêtent manifestement à faire bombance alors que nous n’aurons qu’une orange pour l’évènement!

L’un d’entre eux nous caresse les cheveux, l’air  attristé, il nous explique que lui aussi a (petits enfants restés au pays) et commente (connerie la guerre)!

Ils semblent ravis d’avoir de la visite et commencent même à chanter des chansons de Noël.

Nous, on voudrait bien partir, nos mères  »indignes » nous attendent dehors , mais les allemands n’ont pas l’air de vouloir nous (lâcher la grappe).

D’une petite voix, je reformule la raison pour laquelle on est là,  et nous voilà avec deux belles miches de pain noir.

Le temps commence à sembler long à nos mères qui angoissent de ne pas nous voir revenir,  et bourrées de remords, du moins je l’espère, elles  frappent  à la porte  au moment où l’on sort. Personne ne demande son reste et l’on ne recommencera pas l’expérience!  »

  

    

 

 

années 40 vie à la campagne. 15 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 05 min

IMG J’avais déjà  réalisé ce qu’était la guerre , puisque les premiers bombardement furent pour nous à Rouen,  mais en entendant au petit matin,  un jour de Juillet  40,  alors que nous  avions déserté la ferme,  le bruit des motos  et des bottes allemandes qui descendaient la grande rue,  je n’en menais pas large . Grands coups de crosse dans les volets du café épicerie de grand papa . Sans résultat au départ car nous nous étions retranchés à l’étage.  Mon grand père ancien de la guerre de 14-18,  avait planqué ses décorations et tremblait de toute sa carcasse.

Il faut descendre! Ca urge! mais pas téméraire Jules ! C’est alors que ma grand mère,  victime d’une poussée d’adrénaline qui lui donne le gosier sec,   s’en prend à la cuvette où s’était rasé le  seul homme de la maisonnée (il n’y avait pas d’eau courante)  mousse, barbe,  cheveux,  elle pousse le tout pour pouvoir boire cette eau sale jusqu’à la dernière goutte,  elle si maniaque qui  n’aurait même pas bu derrière moi , sa petite fille.

En définitive c’est elle qui ira ouvrir la porte, servira les allemands qui réclament du Calva et payent sans sourciller. 

Finalement, les allemands se tiennent bien : pas de pillages, pas de viols . Nous n’aurions pas eu à nous plaindre plus que ça de leur occupation,  si nous n’avions pas été rationnés autant  pour la nourriture. Ceux qui possédaient des pièces libres furent aussi priés de se pousser pour leur laisser la place, ce qui était pour le moins très désagréable.

Lorsque la résistance s’installa sur le territoire et que les SS sans foi ni loi arriveront, ils deviendront plus agressifs et répressifs,  n’hésitant pas à prendre des otages si quelqu’un leur porte préjudice.  

Pour conclure: deux mots sur l’épicerie .

Ceux qui n’ont connu que les supermarchés, ne peuvent pas imaginer ces lieux de vente où il ne nous serait pas venu à l’idée , même en rêve ,  qu’un jour on pourrait se servir seul.

Au plafond, des morues salées donnaient une odeur très caractéristique dès qu’on avait franchi la porte. On pouvait aussi voir quantité de  balais et de brosses en chiendent  pendus au dessus de nos têtes .

Continuons notre inventaire : par terre, des sacs de jute contenant des lentilles, des haricots, des fèves,  du riz et du café.

Quelques apéritifs sur les étagères du Byrrh, du Dubonnet, du Vermoult et du Pernod que les clients commandaient pour aller boire à coté dans la salle de billard , mais ce qui se vendait le mieux c’était le café bouillu et  rebouillu sur la cuisinière,   que l’on aurait pas pu concevoir sans Calva:  plus de Calva que de café,  un vrai  »tord boyau » et aussi la  »moque de bère » genre de bol plein de cidre.

A la vitrine de grands bocaux de bonbons vendus à la pièce. rouleaux de réglisse avec au milieu un pois jaune, des coquelicots nous mettaient l’eau à la bouche mais nous étaient donnés avec parcimonie, le père Jules n’ayant pas l’habitude d’attacher son chien avec des saucisses!

L’huile, le vin, le cidre  se vendaient à la tireuse,  les clients apportaient leur bouteille pour les remplir ainsi que leur timbale à lait où l’on versait à l’aide d’une mesure,  le lait venu de la ferme distante de 3 kilomètres,  que se chargeait d’emmener quelque fois seul le cheval Favori.

On proposait aussi de la crème et du beurre faits maison.

Tout ça c’était avant les restrictions. Je vous raconterai comment s’organisa la vie lors de l’occupation des allemands, mais toujours sur le même ton léger. Je n’ai pas envie de faire pleurer dans les chaumières.    

      

 

 

La vie en 1940: les personnages. 14 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 58 min

 

Je vous ai dit que je vous présenterais les personnes qui vivaient à la ferme à cette époque .

 »Mais on en a rien à cirer de sa famille »! allez vous penser! et pourtant,  même si vous avez entièrement raison, il est nécessaire pour la bonne compréhension des anecdotes qui vont suivre  que je campe un peu les personnages.

Une petite précision :  maman et moi étions là par hasard, ayant été sinistrés à Rouen, c’est pourquoi nous avions fuit la ville pour nous réfugier à la campagne.

Ma grand mère Victorine,   était une femme dure ne s’écoutant pas . Elle avait eu la bonne idée lors d’un retour de flamme:  de faire à 40 ans une fille que était de mon âge et avec laquelle nous faisions les quatre cent coup: la tante et la nièce du même âge.   Il y avait aussi   l’arrière grand mère  Euphrasie que l’on disait gâteuse,  mais qui avait certainement  la maladie d’Alzheimer.
5 femmes à la maison, mon père étant prisonnier de guerre et mon grand père Jules possédant outre la ferme,  un café épicerie à la ville voisine distante  de 3 Kilomètres,  préférant faire son joli cœur ,  vu qu’il avait un succès certain, ( il ressemblait à Omar Sharif tout craché, sauf qu’Omar Sharif venait tout juste de naitre) et il préférait  laisser s’échiner ma grand mère au cul des vaches.

Je commencerai par l’aïeule Euphrasie  dit Frosine qui des fois débloquait  grave. : un jour nous entendons de grands éclats de rire et des voix étrangères dans la cour de la ferme ,  Il faut vous dire que  les allemands ayant envahi la France et avaient  leur QG non loin de là.

Euphrasie avait retroussé ses longues jupes qui tombaient habituellement jusqu’aux pieds , Elle ne portait jamais de culotte ou à la rigueur  des culottes fendues comme la mode l’exigeait. la neige était tombée, et la voilà qui en prend des paquets pour se laver consciencieusement » le fourchet » avec plusieurs allemands  comme témoins goguenards.

Ma grand mère abrège le spectacle en faisant rentrer vite fait l’actrice et en la réprimandant vertement!

Autre mélodrame: la mort accidentelle du cochon .

Comme beaucoup de personnes l’ignorent,  le  cochon est un animal fragile et c’est pourquoi celui dont il est question était condamné à rester bien au chaud dans sa cabane sans connaître les joies de la liberté. Pourtant un jour, le loquet mal fermé, voilà notre bestiole qui se croit en  vacances. Et que je te gambade ! et que je me baigne dans la mare fangeuse! tant et si bien que quelques jours plus tard , le fugueur est retrouvé mort de congestion sans doute, dans la cabane qu’il avait pourtant réitéré » manu militari » dès que son escapade avait été découverte.

Bon réflexe de ma grand mère qui fait venir le charcutier pour le saigner . Il fallait bien en tirer profit,  malgré qu’il ne fut pas arrivé au poids d’abatage, car  on avait si peu à manger!

Le gros hic était,  que le grand père Jules , point commode,  devait se pointer ce jour là à la ferme et il fallait qu’il ne sache pour rien au monde  que le défunt avait batifolé avant d’avoir passé de vie à trépas.

Consigne nous est donnée ainsi qu’à l’aïeule,   laisser ma grand mère exposer les faits pour édulcorer la chose,  mais à peine arrivé, Frosine crache le morceau à son fils:

Jules, tu sais,  Frosine dira ri!

Mais qu’est ce que tu as à me dire toi?

Ri ! ri du tout , et au moment de passer à table , elle crache le morceau:

-Non Jules, ton cochon il est point mort: il est sai de lait (sou d’voir bu trop de lait ) Dans la mare le cochon!  et plouf ! Et elle riait à gorge déployée , il n’est point mort.

Pas besoin de faire un dessin au grand père et ce soir là, nous avons mangé la soupe à la grimace.  

 

 

 

 

 

la vie en normandie années 40 13 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 05 min

magrand mère Victorine. Je suis née en 1934, c’est vous dire si j’ai déjà de la bouteille !  Bon pied bon œil ! un optimisme à toutes épreuves et des souvenirs pleins la caboche.!

Si cela peut vous intéresser, je vais vous raconter un peu la vie dans la campagne normande à  l’ époque de la guerre :  mais pas de catastrophisme de ma part :  que des anecdotes!

Pour commencer j’ai mis ma grand mère en photo . Elle était moderne pour l’époque, ayant un peu vécu à Caen:  pas de grandes jupes:  pas de fichu sur la tête comme ses contemporaines qui n’avaient quitté leur village que pour aller au marché situé à 3 kilomètres.  

Ce qui  était moins moderne, c’était la cabane au fond du jardin, qui malgré sa vétusté était encore en service. Ce qu’il y avait de bien,  c’est que vous pouviez lire les nouvelles car le PQ , c’était du journal coupé en morceau  !

La cabane au fond du jardin   a donné lieu à des générations de constipés car quand il gelait à pierre fendre …

Les excréments récupérés dans la lessiveuse servaient à faire de l’engrais pour le jardin et donnaient des poireaux magnifiques .

La ferme : une grande pièce en terre battue avec une porte à battants. Si vous aviez le malheur de la laisser ouverte  pour aérer, les poules passaient par dessus afin de récupérer les quelques miettes du repas,  non sans s’être soulagées copieusement.

Dans cette grande pièce trônait la cheminée où brûlait un maigre feu :quelques petits morceaux de bois, un peu de bouse de vache séchée  et lors des repas,  on mettait en dessous du chaudron pour activer,  une glane de haricots secs épluchés. pas de gaz,  pas de cuisinière, tout se faisait à la cheminée.

Dans la même pièce,  une grand table et des bancs rembourrés avec des noyaux de pêche , et au fond un lit à alcôve . Le soir on fermait les rideaux en tissus rouge à petites fleurs  pour se tenir au chaud, bien que l’on puisse se glisser sous la courtepointe et l’ édredon rouge.

Un vaisselier avec quelques assiettes apparentes ,la plupart du temps ébréchées,  et luxe  suprême !  une magnifique horloge  qui rythmait le temps et possédait   un balancier  très travaillé : une merveille!

Sur le manteau de la cheminée quelques boites à épices et la fameuse et quelquefois fumeuse  lampe à pétrole car on n’avais jamais entendu parler de l’électricité.

Deux autres chambres sans aucun chauffage, un lit en fer et une commode pour ranger nos quelques nippes:  un change pour le tout les jours, un pour le Dimanche ( la grande lessive se faisait deux fois par an) et sur la commode une cuvette et un broc.

Il ne fallait pas compter sur l’eau chaude ; celle qu’on employait  venait directement du puits et il faut avouer que l’on ne se lavait pas beaucoup…. Juste le bout du nez pour aller à l’école et la messe.

En plus il y avait un petit  »cabouin » où devait dans le temps coucher la bonne,  quand il en avait une,  et une laiterie pour faire le beurre et entreposer le lait .

Dehors il y avait le tas de fumier non loin de la maison où quelques poules grattaient inlassablement sous le regard d’un coq arrogant,  une mare où pataugeaient quelques canards malgré l’écoulement de fumier qui la polluait  et un bâtiment qui abritait le cochon.

Les quelques vaches et le cheval  »Favori » dormaient à la belle étoile. 

Comme il n’y avait pas de pollution:  des étoiles,  il y en avait des myriades et on essayait de repérer les constellations.
ma grand mère disait  » y va g’ler le ciel est etelé.  » (Pas besoin de traduction je crois)

Voilà pour la présentation .

Demain je vous parlerai des personnages atypiques qui habitaient cette ferme.  

 

 
 

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