L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

Le corbillard du Pape 6 octobre 2017

Classé dans : histoire - biographie — histoiresetlegendesnormandes @ 15 h 25 min

 

diligence du pape

Le corbillard  du Pape

 

Quel rapport peut-il y avoir avec un pape , un corbillard, et notre belle Normandie ?

 Il y avait longtemps que les Papes et leur cour avaient déserté Avignon,  après avoir occupé la ville durant  70 ans pour de multiples raisons , pour retrouver  leur bonne ville de Rome pour d’autres non moins bonnes raisons . 

Le climat clérical entre l’Italie  et la France n’est  pas toujours au beau fixe , loin s’en faut . 

 Le pape dont nous allons parler  s’appelle  Pie VI,  et il s’attirera de gros ennuis  en voulant se croire Dieu le père . C’est l’époque de la Révolution et il condamne tout bonnement la constitution civile du clergé.  Il devient ouvertement l’ennemi des Républicains; Il condamne les députés bourreaux du Roi  et va jusqu’à excommunier  la nation Française toute entière . Il n’y va pas de main morte! 

La terreur s’annonce et les édifices religieux sont incendiés: bref c’est la guerre à outrance.  De l’autre coté  de la frontière avec l’Italie,  la révolte gronde car les jeunes Romains se rallient aux idées nouvelles.

Bref le général Bonaparte , en  1796, futur empereur, n’en peut plus et se rebiffe . Il réclame vingt millions de livres or au pape; une petite fortune et ultime humiliation, ce dernier doit reconnaître la République. Le Pape est contraint de quitter Rome sous deux jours. Il essaye de se réfugier dans des villes moins hostiles,mais il est rattrapé  à Valence( France)où il mourra à l’age de 82 ans en Août 1799. 

Une sépulture digne d’un pape lui est bien sûr refusée. On lui concède  des obsèques civiles( Giovani Angelo Braschi ) exerçant la profession de » Pontif ».  

Le nouveau Pape Pie VII est bien obligé de faire profil bas devant la toute puissance de Napoléon : c’est le Concordat .  Le nouveau maître  accepte que l’infortuné Pie VI qui moisit toujours en terre de France  réintègre la basilique Saint Pierre. Il ne peut plus nuire vu qu’il est on ne peut plus mort! 
C’est ici que commence notre épisode Normand que vous ne retrouverez que dans les monographies locales.

Comment la notoriété d’un maître des postes normand, Charles le Bey  le meilleur disait-on, de tout l’hexagone, originaire de Sainte Gauburge dans l’Orne était elle arrivée jusqu’aux oreilles de l’empereur ?  nul ne le sait mais ce que l’on apprend, c’était   la réputation sans taches de l’homme  chargé des transports exceptionnels et Dieu sait si celui-là  en était un !

 Voilà donc en route  Charles Le Bey et son meilleur employé Leblond chargé du corbillard du Pape, ce qui n’était pas une mince affaire . 

 A cette époque il n’y avait pas de  voies pour franchir les Alpes,   tout au plus quelques sentiers de chèvre et il leur faut escalader les pentes raides en dégageant eux mêmes  leur chemin ! 

Nous passerons sous silence les affres du convoyeur et de son employé lors du passage du grand Saint Bernard où le froid paralysait  hommes et chevaux . Leurs yeux brûlent à cause de la neige et leurs membres ne parviennent plus à se réchauffer.  Cinq de leurs chevaux manquent à l’appel , mais le grand corbillard lui est intact.

Enfin Rome est en vue et le peuple en liesse salue les deux héros!

Leur mission accomplie ils  reprennent  le chemin de retour après quelque repos,  bien mal en point, les yeux brûlés pour l’un,  les pieds gelés pour l’autre. 

Et la vie reprend son cours à Sainte Gauburge jusqu’au jour ou en 1807  une grande nouvelle se répand dans le village. 

Celui qui est devenu Napoléon arrive en malle poste.  Il a fait le détour pour saluer les deux héros . Bien mieux, il s’arrête au relais du Plessis pour  féliciter  le maître.  

Hélas, ce dernier est devenu aveugle depuis son retour de Rome  ! Napoléon tient à récompenser celui qui a si bien rempli sa mission malgré les embûches et lui demande d’exprimer ce qu’il désire en récompense de son difficile et périlleux voyage.

Emu, Charles Le Bey sollicite pour lui et ses héritiers un brevet de Maître des postes  d’une valeur de 50.000 francs or.  Ce qui lui est  tout de suite accordé par l’empereur.
Charles le Bey  devait mourir en terre Valburgeoise à l’age de 57 ans.   

 

 

 

 

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