L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

Histoire du pendu. 14 janvier 2017

Classé dans : histoire - biographie,humour,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 24 min

                                                                                                       J’hésite pour classer cette rubrique.

albert-besnard-le-pendu-1873-eau-forte

Découverte dans de vieux documents j’ai trouvé l’histoire plutôt drôle.                

Alors,  à vous de choisir histoire ou légende ?

 

- C’était jour de foire à Argentan (Orne) et ce jour là, le Vicomte rendait ses jugements de Haute Justice  et il venait de condamner à être pendu haut et court un certain Vannier   qui l’avait, murmurait-on bien mérité pour avoir brigandé sur les routes, égorgeant au besoin les braves bourgeois qui avaient le malheur de résister.

Bref, un mauvais sujet qu’il valait mieux ne pas croiser sur sa route.

Le cortège se composait du Hérault de la ville , suivi du Vicomte , du Bailli, d’un sergent accompagné de douze hommes d’armes, d’un moine pour le repos de l’âme du malandrin, et derrière le cortège l’exécuteur des Hautes Œuvres, le bourreau,  superbe par sa stature et son regard de brute, vêtu de l’habit  de sa profession un chaperon rouge.

 

Un murmure d’effroi parcourut la foule venue en spectateur, lorsqu’en moins de temps qu’il faut pour le dire, on mit le coupable nu comme un ver, on lui enfila une camisole de toile grossière mal taillée, on le hissa sur l’échelle , on lui mit la corde au cou , et pendant que sonnait la prière des agonisants accompagnée du glas, on le lança.

le corps fit « floc » se balança au bout de la corde, se raidit, devint tout rouge et le mort se mit à tirer un langue violette énorme.

Un brave homme s’en venait au marché d’Argentan avec un veau , il se divertit du spectacle comme tous ceux qui étaient présents et il rendit la grimage au pendu en lui tirant lui aussi la langue. 

Son veau vendu, l’argent en poche, il fit la tournée des cabarets de la ville,  Les Trois Maryes, les Trois Roys, les Trois Sauciers et la Croix Blanche,  de sorte qu’il sortit de la ville alors qu’il faisait nuit noire  et que ses pas n’étaient plus très assurés.

Passé devant le gibet où il avait vu pendre le matin, il s’arrêta, admira encore une fois le supplicié dont la tête s’inclinait et la langue démesurée s’étirait hideuse et drôle.

Le marchand éméché lui fit un petit discours de fraternelle amitié.

Frère pendu, lui dit-il mauvais gibier de potence! Hic,

Pourquoi sors tu ta langue ainsi ? Non seulement ça t’enlaidit, j’te l’dit moi, bien en face, mais en plus, ça doit te donner une soif  hic!

Tu dois bien avoir le gosier sec? descends  et viens, je vais vais t’offrir un verre Hic!

Réponds moi as  tu soif  ?

Et une voix proche de répondre 

-Puisque c’est l’effet de ta bonté, attends moi j’arrive!

L’autre dégrisé se mit à courir, suant à grosses gouttes et plus il courrait, plus la voix se rapprochait: attends moi, attends moi ! 

C’est ici que nous devons éclairer la lanterne de nos lecteurs pour la bonne compréhension du texte. 

Un brave rémouleur n’ayant pu se loger , était sorti de la ville et avait trouvé sur cette route pour gîte la berne d’un chemin . La nuit était obscure, comment pouvait t’il imaginer  qu’un gibet se dressait au dessus de lui alors qu’il était étendu sur l’herbe verte ?

Il n’a jamais compris pourquoi celui qui l’invitait à boire un verre se sauvait à toutes pattes devant lui. 

 

 

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