L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 
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La brèche au Diable et le tombeau de Mary Joly. 13 février 2016

Classé dans : histoire - biographie,légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 05 min

 

 

Le site de la brèche au Diable  et le tombeau de Mary Joly.

 

Si vous vous intéressez à la Normandie, votre curiosité vous a certainement poussé jusqu’en  Suisse Normande, qui comme son nom l’indique,   n’est pas un pays de plaine.

Mettez vos chaussures de randonnées  et suivez moi .  nous sommes dans le Calvados dans les communes de Potigny puis Soumont saint Quentin  à 7 Kilomètres de Falaise.

Là, coule tranquillement la rivière appelée le Laizon.  Mais dans un temps très reculé cet endroit ne fut pas de tout repos . Je vous ferai grâce de toutes les légendes qui circulent sur ce lieu  désolé sur le laizon et vous raconterai ma préférée.

Lassé de voir son manoir inondé chaque année par la crue du Laizon, qui obstruait en partie son cours, le Seigneur de Poussendre se voua en vain à tous les saints du ciel!

Le malin, toujours à l’ affut d’un mauvais plan,  le surprit un soir la tête dans les mains  entrain de pleurer.

Son chagrin fit rire d’aise Satan qui frotta ses mains noires et velues l’une contre l’autre en pensant: Il y a bien longtemps que je l’attendais au tournant celui-là ! Cette fois, c’est dans la poche !

Le démon, qui sait être charmant prit un air attristé en abordant le désespéré : » Que vous arrive t’il Messire, quelle est la cause de votre chagrin? »

Le Seigneur mis en confiance  par la compassion de son interlocuteur , lui parla de ses soucis à cause de son  manoir qui menaçait de s’engloutir à chacune  des crues fréquentes et la tristesse de ne pouvoir transmettre ce patrimoine à ses enfants.

-Qu’à cela ne tienne , Monseigneur, vous m’êtes très, très sympathique et je suis en mesure de vous rendre  service. Si vous êtes bien décidé à accepter mon aide, signez ce pacte avec quelques gouttes de votre sang et tous vos soucis disparaitront comme par enchantement.  Au mot de pacte,  le Seigneur sursauta et sut tout de suite qu’il avait à faire au prince des ténèbres,  d’autant plus qu’il avait remarqué que ce dernier dégageait une forte odeur de souffre.

C’est que… je voudrais réfléchir un peu  car je suppose que vous me demanderez  mon âme en échange.

C’est vraiment un plaisir de parler affaire avec vous! Je vous laisse à vos réflexions: N’hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin de moi.

La dessus le Diable disparut dans une épaisse fumée.

Notre homme se retrouva tout hébété d’être resté  seul avec ses emmerdes , d’autant plus que le vent se mit à souffler en rafales, le tonnerre , dans un bruit d’enfer, fit zébrer dans le ciel des éclairs fulgurants dans des nuages d’encre,  et l’eau de Laizon , grossi par une pluie cinglante  envahit tant et si bien le manoir que son propriétaire dut se réfugier tout tremblant au plus haut de la tour.
 »Satan, si tu es capable d’arrêter ce déchainement des éléments , fais le je t’en supplie afin que je laisse ma demeure à mes descendants !
Allez, prend mon âme ! donne-moi ton contrat de malheur que je le signe avec mon sang. »

Le malin qui attendait tapi dans un coin s’exécuta rapidement de peur que notre homme  ne se ravise et que l’âme du malheureux ne lui passe sous le nez.

Dans un grand fracas, la roche se fendit sur toute sa hauteur et un éclair plus fulgurant foudroya le seigneur qui roula dans le précipice en proférant des jurons et il alla rejoindre directement l’enfer où l’attendait le Démon.
Aussitôt le ciel redevint serin, le Laizon changea de cours et s’engouffra dans la brèche ,  permettant à l’eau accumulée de s’écouler rapidement et plus jamais le manoir ne fut inondé.

C’est ici que nous allons faire connaissance avec le capitaine Dulomboy  habitant du manoir de  Poussendre  hérité de son  lointain ancêtre. 

Un peu avant la Révolution,  ce jeune homme se rendit à Caen pour voir jouer » Le Malade Imaginaire ».

Une belle  actrice du nom de Marie Joly interprétait le rôle de Louison et recevait chaque soir une ovation bien méritée, surtout de la part des messieurs.

Peine perdue elle était très sage et ne vivait que pour son art.

Pourquoi laissa t’elle entrer dans sa loge le brillant jeune homme qu’elle avait remarqué depuis quelques semaines?  Seul Cupidon devrait savoir nous répondre! 

Capitaine Dulomboy pour vous servir! Pardonnez moi d’avoir forcé un peu la  porte de votre loge mais l’admiration que j’ai pour votre talent et votre beauté me donne des ailes!

Que c’était joliment dit tout ça! et que cela nous semble désuet alors que l’on ne tourne pas » cent sept ans autour du pot  »pour dire à quelqu’un qu’on est amoureux et que l’on serait ravi d’avoir la clé de sa chambre!

Bref le capitaine invita la demoiselle  dans son manoir tout près de la  »Brèche du Diable  »et  lui proposa de l’initier aux joies de l’équitation.
C’est ainsi que Marie débarqua un soir de relâche avec sa chambrière,  ce qui faisait beaucoup plus convenable, au logis du capitaine.

La citadine fut bien vite éblouie par la beauté de cet endroit et elle reprit chaque semaine le chemin  qui l’emmenait vers son prétendant . (L’histoire ne dit pas si la chambrière lui servait toujours de chaperon)!


Le Capitaine profondément épris et devant les progrès de sa bien-aimée lui confia sa plus docile monture, puis lui fit découvrir main dans la main les sentiers qui mènent au site merveilleux et sauvage. ( d’où les chaussures de randonnées que je vous ai conseillé plus haut).

Marie qui faisait de grands progrès demanda un jour au jeune homme la permission de gravir seule à cheval le site qu’ils avaient tant de fois admiré.

Les voilà donc partis par une chaude après-midi d’été .
Marie est aux anges,  l’amour lui donne des ailes , elle éperonne doucement sa monture qui l’emmène par les sentiers conduisant au rocher, laissant son ami à quelques pas derrière elle, la jeune fille s’arrête et embrasse du regard le sublime point de vue, lorsque le cheval, certainement piqué par un taon s’approche dangereusement de l’abîme  et se cabre en faisant entendre un douloureux hennissement.
Dans un éclair, Marie comprend qu’elle est perdue!

Avec l’énergie du désespoir, elle tire la bride de son étalon et miraculeusement, au lieu de retomber dans le vide, les sabots de sa monture retrouvent la fermeté du rocher .

Livide, elle se laisse choir à terre tandis que son ami éperdu de bonheur  la serre tendrement dans ses bras!

 La légende dit qu’après avoir frôlé la mort, dans un grand élan de vie, Marie se serait donnée corps et âme pour la première fois à celui qui devait devenir son époux.

Jure-moi, lui aurait elle demandé,  de faire de cet endroit où j’ai bien failli perdre la vie le lieu de ma dernière demeure!

Son parcours  ne fut pas un long fleuve tranquille, loin s’en faut! Soupçonnée de royalisme,  dénoncée par Danton, elle est enfermée durant cinq mois à Sainte Pélagie avec d’autres actrices de la Comédie Française. Encore heureux qu’elle n’ai pas perdu la tête qui était fort joie. On la perdait pour moins que ça à l’époque!

Cinq maternités, un surmenage dû à son métier  et une faiblesse des poumons eurent raison de sa santé et elle d’éteignit à l’âge de 37 ans .
Fou de douleur, le Capitaine Dulomboy devait s’acquitter de la promesse faite à son épouse bien des années auparavant.

S’il ne connaissent  pas l’histoire, les promeneurs s’étonnent de découvrir ce tombeau dans un endroit aussi solitaire.

Quand le temps est favorable,  madame Kermaïdic dont la famille veille sur le tombeau depuis 5 générations,  peut vous faire visiter ce lieu étrange. Il suffit de lui téléphoner la veille au 02 31 90 67 84 vers 21 heures.    

   

    tombeau de Mary Joly

     

    

 

 

 

 

 
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Histoire d’une maison de campagne . 1 février 2016

Classé dans : Non classé — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 45 min

chaumière Fresnes

Mon histoire remonte aux années 1975, période que les moins  de vingt ans ne peuvent pas connaître , pas plus que les moins de trente ans,  voire 40 .

Mon blog n’a pas été conçu pour raconter ma vie, mais une fois n’est pas coutume .

Nous n’étions pas des Parisiens comme nous appelaient les gens du cru , mais des commerçants.   Nous exploitions un  »relais routier  »dans un village de 200 habitants .

Nous avions été 7 ans sans prendre un jour de fermeture,  le temps de payer le crédit du fonds et de subvenir aux besoins  des 7 enfants d’une famille recomposée.
Bref nous ne roulions pas sur l’or.

Pourtant un jour mon mari qui était de nature un peu fantasme m’annonce que nous allions acheter une maison de campagne !

Es-tu fou ? nous n’avons même pas un jour de fermeture et pas le premier rond pour la payer ta baraque!

Mais comme il avait réponse à tout:
« Nous fermerons un jour après le repas de midi , ce qui revenait à fermer quelques heures ,  et nous prendrons un crédit. »

Il faut aussi vous dire que nous avions un concurrent direct à 50 mètres de chez nous qui ne fermait jamais non plus . Les hommes se regardaient en chien de faïence, nous les femmes,  nous en avions assez de trimer comme des malades :  nous avions eu l’occasion d’en parler entre nous deux et le vent de la révolte commençait à souffler dans nos foyers. Nous annoncions bien vite à nos maris respectifs que ma voisine prendrait un congé  le Lundi, moi, le Mercredi et  nous nourririons ce jour là  les pensionnaires de l’autre. C’était réglé : que nos hommes restent derrière leur comptoir si ça les tenait tant que ça.

Devant le fait accompli et la menace de grève,  nos maris respectifs durent se plier et la maison de campagne revint sur le tapis.

T’en fais pas mon coco ! pensais-je,  rien ne me plaira, j’espère que l’agent immobilier que tu as choisi aime bien se promener, car je ne marcherai jamais  dans ta combine.

Le jour J  nous voila parti visiter,  entre Bernay et Lieurey  en plein pays d’Auge. Première visite,  une jolie petite chaumière bien restaurée mais  beaucoup trop chère  pour notre bourse qui était vide de chez vide,  et de surcroit faite pour une famille de trois personnes alors que nous,  avec la famille recomposée de 9 personnes, les pièces rapportées et les petits enfants, nous étions vite fait 20 à table.

Deuxième visite . Une espèce de maison de maître dans la cour d’une ferme où vivaient deux culs terreux, qui nous regardaient avec un air soupçonneux. Il faut dire que les agriculteurs maintenant  sont des gens comme vous et moi,  ayant fait des études, rien à voir avec les ploucs de cette époque.

Bref mon mari semblait enchanté par le nombre de pièces de la maison et le terrain qui semblait mitoyen,  mais moi, je savais bien qu’une presque cohabitation aurait bien vite fini par un coup de fusil au pire,  d’un coup de poing au mieux de sa part,   vu qu’il avait déjà passé maintes fois au tribunal pour coups et blessures et qu’il ne fallait pas lui marcher sur les pieds.

Je mets donc mon veto et nous continuons  notre promenade.

Nous prenons un petit chemin boueux qui finit en cul de sac, et là s’offre à notre vue une longère en colombages. pas en bon état ! loin de là!  mais  tout de suite ,  j’ai  le coup de cœur, même si nous marchons dans de l’herbe d’au moins 50 centimètres pour y accéder,  si la toiture est en partie en tôle . De plus lorsque je suis rentrée régnait une odeur de suie qui me fit penser tout de suite à mon enfance lorsque j’allais chez ma grand mère.  On était au mois de mai,  les pommiers étaient tous fleuris dans la prairie qui faisait 7000 mètres carrés.Comment ne pas être séduit quand on aime profondément la Normandie?

Je trouvais que cette maison avait une âme et nous l’avons achetée :  tout à crédit : 16 pour cent d’intérêts comme cela se pratiquait à l’époque,  après avoir fait remarquer à mon mari que tout cela doublait le prix de la maison.

Il était au moins aussi emballé que moi et il me dit : on y arrivera bien et oui ! on y est arrivé,  mais c’était pendant les 30 glorieuses où il suffisait d’être bosseur pour s’en tirer.

Cette maison nous a apporté  beaucoup de travail , pour la restaurer, elle nous a aussi apporté beaucoup de joies  d’avoir réalisé ce qui était un rêve . Nous l’avons habité 27 ans dont 15 ans à la retraite. Nous étions fous!  toujours plus d’arbres!  Toujours plus de parterres!  Toujours plus de fleurs !. Mais nous avancions en âge et mon mari un jour m’a annoncé tout de go qu’il voulait vendre la maison qu’il aimait tant  pour aller vivre  en ville.  Moi, je n’étais pas prête : C’était la maison de famille avec les enfants tout les Week End. C’était super !

Nous vivions presque en autarcie  : des poules, des canards, des lapins, des moutons et même un cochon,  sans compter tous les légumes  possibles et imaginables dont nous nous régalions avec les enfants.

Comme d’habitude,  j’ai obtempéré mais je pense que c’est une des causes qui ont favorisé notre divorce. …Nous étions alors septuagénaires.  

   Nos premières économies ont servi à lui mettre un joli chapeau même si les fenêtres étaient pourries et des portes condamnées en tôles , mais il fallait  bien commencer par quelque chose.

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