L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

La pie de Nestor. 30 avril 2015

Classé dans : Diableries en tous genres — histoiresetlegendesnormandes @ 16 h 01 min

290px-01-MagpieL e Vieux   Nestor avait rendu l’âme ces jours derniers dans le Calvados et toute la famille suivait le Corbillard pour le conduire à sa dernière demeure.

Il faisait un temps superbe.  Les pommiers aux troncs noueux faisaient ressortir  le rose et blanc de leurs fleurs en bouquets. Les petites maisons en colombage semblaient être posés là comme sur des coussins d’herbe tendre et le merle chantait en attendant les premières cerises.

Il faisait trop beau pour partir d’un temps pareil !  surtout qu’en Normandie……

Les premiers assistants, derrière le corbillard se croyaient obligés de montrer des mines  d’enterrement mais plus on allait vers la fin du cortège,  plus les assistants s’égaillaient .

-Ce vieux Nestor, c’était quand même un bon vivant! 

-C’était un bon gars mais  il aimait bien le Calva!  

-On en a pris des cuites ensemble quand on était jeunes,  après plus question,  nos bergères nous surveillaient de près!

-Il avait eu une drôle d’idée d’avoir apprivoisé une pie !

-C’est du jamais vu!

-Oui mais moi je l’ai vue  et entendue: quand on rentrait chez lui,  elle disait : « Bonjour, je m’appelle Nestor, ça va t’y ?    Le pis c’est qu’en rangeant les affaires de son cher disparu, la femme de Nestor,   qui savait que la bestiole avait mouru il y a quelques temps,  a retrouvé l’animal tout «  déssequi »  dans un placard.

-Il en avait eu du chagrin sur le coup  le Nestor,  mais c’est là qu’il nous avait dit  qu’après sa mort il reviendrait sur terre sous la forme d’une pie.
-Il en avait tout de même des  drôles idées !

Pour se consoler, on se dirigea vers le repas des funérailles qui en Normandie ressemble plutôt à un repas de communion,  c’est souvent l’occasion de revoir la famille lointaine qu’on ne verrait jamais autrement. On se fait pourtant la promesse qu’on attendra pas le prochain enterrement pour se rassembler.

On mangea de bon appétit on but de même,  bien content de se revoir même si l’on trouvait les autres un peu vieillis.

Or à la fin du déjeuner, une pie vient se poser sur le rebord de la fenêtre restée ouverte et cria joyeusement à deux reprises ! Bonjour, je m’appelle Nestor ça va t-y?  puis elle s’envola aussitôt.

Un silence glacial plana sur les convives qui eurent carrément l’appétit  coupée.

On ne revit jamais l’oiseau!

Les plus septiques démontèrent que Nestor avait dû  apprivoiser une deuxième pie en cachette de sa femme,  mais la plupart pensèrent qu’il  s’était réellement réincarné  comme il le souhaitait tant!     

D’après l’ouvrage de Jean Paul Lefèvre-Filleau : Mystères en Normandie

 

 

 

la légende du camembert 29 avril 2015

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 16 h 59 min

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                                 L’origine du camembert.    

  On était en 1790 et la Révolution battait son plein .

   Tout ce qui portait un habit ecclésiastique était en péril et avait bien plus de chance de se retrouver la tête tranchée que d’aller  en paradis.

  Quelques prêtres  avaient prêté  »serment à la constitution civile du clergé » pour se             soustraire à la persécution des rouges (On a qu’une vie, que Diable!  et  l’on ne sait pas ce qui nous attend  dans l’autre) D’autres ecclésiastiques avaient cédé à l’envie de s’exiler.

  Celui dont il va être question ne choisit ni la guillotine, ni l’exil : il attendit que l’orage passe. Pas question cependant de rester dans le département de la Manche où il exerçait son ministère . Les sbires du fameux Lecarpetier qui semaient la terreur l’auraient bien vite débusqué.

Il décida de revêtir des vêtements civils et d’aller se réfugier chez une nièce, Marie Fontaine, épouse d’un dénommé Harel qui exploitait une ferme près de Vimoutiers dans l’Orne.

La route pouvait être pleine d’embûches : Il dormit à l’ombre des  » villotes  » (meules de foin), dans les petits bosquets , loin des regards et il finit par rencontrer un fugitif comme lui, à qui il proposa spontanément de rendre les derniers sacrements , vu que ce dernier était tellement mal en point qu’il aller rendre l’âme d’un instant à l’autre.  »J’étais moine à l’abbaye d’Hambye, je sais que mon chemin s’arrête ici , prenez ce parchemin , il vous  sera peut-être utile un jour !

Désolé de ne pouvoir lui assurer une sépulture décente, notre prêtre continua sa route et arriva bien vite en vue du petit village de Camembert où il fut reçu chaleureusement par sa nièce.  Thomas Léveillé, tel était le nom de notre héros,  mis tout son cœur à décharger l’hôtesse des durs travaux de la ferme en se faisant passer pour son valet.

Un jour, par un heureux hasard, il retrouva le parchemin que lui avait confié  le moine moribond : il s’agissait d’une recette de fromage qui n’avait pas encore été expérimentée .

Notre prêtre pensa que  Marie Harel pourrait essayer cette fabrication et  fit part de son désir à sa nièce.

Tous deux, suivant la recette,  réussirent à façonner deux petites galettes.

Les soins attentifs qu’ils prodiguèrent à ce nouveau produit portèrent leurs fruits. L’arôme délicat de ce fromage séduit bien vite les consommateurs présents sur le marché de Vimoutiers grâce au bouche à oreille.

A la fin du XIX° siècle, Napoléon III inaugurait la ligne Paris Granville qui bat tellement de l’aile aujourd’hui.( Si, si je l’ai expérimenté 3 heures de retard pour Paris)  . Marie Harel et son époux à la station de Surdon, offrirent à l’empereur l’un de ces fameux fromages. Séduit, ce dernier invita le couple au Palais des Tuileries et exigea d’avoir chaque jour à sa table ce fameux fumet.

L’arrivée du chemin de fer favorisa l’acheminement des marchandises jusqu’à la capitale et le Camembert   fut bientôt connu  dans le monde entier.  

 

 

Chanson normande su la mé 27 avril 2015

Classé dans : chansons normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 20 h 00 min

la mé et les pêchqueux                      Image de prévisualisation YouTube

Su la mé

 

Cette chanson considérée comme l’hymne du Cotentin fut écrite par Alfred Rossel  en 1895.

Elle était chantée dans les mariages, dans les écoles.

       

 


 

 

 

 

 

le paquet de tabac 25 avril 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 02 min

 

                                                                  Pour rire un peu

 

Augustin, un grand gaillard de bientôt quarante ans,  bon garçon mais un peu niais, s’occupait de la ferme avec ses parents.

Sa mère lui disait toujours : « Il serait bien temps de te marier » mais  Augustin n’était pas bien pressé. Dans le hameau plus loin, une fille, Euphrasie qui avait largement coiffé Sainte Catherine ,  lui aurait bien plu mais il n’osait pas s’avancer.

Tout de même, au printemps, il fit sa demande. La fille ne parut pas plus réjouie que ça, mais elle ne dit pas non et posa une condition : » si j’dis oui Augustin, faudra que t’arrête de fumer à cause que je ne peux pas sentir l’odeur du tabac. »

Et Augustin que l’on ne voyait jamais sans une cigarette au bec se dit : » Des filles comme celle-çi, il n’y en a point d’autres  dans le pays,  c’est pas demain que je retrouverai une pareille occasion » et il promit…

Leurs parents furent bien contents de voir se fréquenter leurs enfants. Les parents d’Euphrasie firent restaurer une petite maison séparée d’une haie d’épine . La noce fut décidée pour l’automne, au mois d’Octobre. Ce fut une grande noce: les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les voisins étaient invités et après avoir bien mangé bien bu, poussé la chansonette, les mariés se retirèrent dans leur maison.

Le lendemain matin, c’est la mariée qui sortit la première . Mélie, sa mère, dès qu’elle l’aperçut par dessus la haie, lui demanda « Est-ce que ça s’est bien passé cette nuit? « 

Ah ! dit Euphrasie, la nouvelle  mariée, il est drôle : hier soir, il a déboutonné ma robe, enlevé son pantalon et sa cravate, il s’est couché, et il a ronflé toute la nuit !

Ah !dit sa mère ! il ne faut pas lui en vouloir à ce pauvre garçon, il a pas l’habitude, ça ira mieux demain…

Mais le lendemain et les jours suivants, c’était toujours la même chose et c’est Mélie la mère qui eut l’idée suivante:

Mais ton pauvre homme, il a l’air triste on dirait qu’il lui manque quelque chose! Si tu lui donnais un paquet de tabac!

C’est ce que fit Euphrasie et le lendemain matin,  sa mère Mélie la vis sortir de chez elle  avec un sourire jusqu’aux oreilles! 

Maman, si tu savais comment ça s’est passé , encore bien mieux que ce qu’on m’avait dit: c’est incompréhensible  ce que le tabac a fait effet, je vais lui en racheter un paquet.

Je suis bien contente pour toi fit Mélie : v’là des sous, rapporte en un pour ton père!  

 

                                                                                                                    Un petit mio de patois.

 

Gustin, eun graund gaillard de byintôt quarante auns, bouon garçoun mais un moi nio, faisait vali d’aveu ses gens.

Sa mère li disait tréjous: »i serait byin temps de te mariaer » mais Gustin n’était  brin pressi. Dans le hammé pus bas, eune file Phosène qu’avait largement coueffi Sante Cathlène, li aurait byin plleu mais il osait pas s’avaunchi.

Touot de même, chu renouvé,i fit sa demande; cha réjouit pas d’excès la file mais o  dit pas nennin et posit eune counditioun : – Si je dis oui, men poure Gustin, fâora arrêter de fumaer rapport que je peus paé senti l’odeu du tabac.

Et Gustin que no viyait jammais sauns eune cigarette au bé se dit  dans li: »Des files coume c’té chin yen a pé dans le trige; si j’arrive brin à m’n'affaire , ch’est pas deman où matin que je vas avei dé demême eune bouone occasion », et i promint.

Leus gens des déeus bords feûtent byin aise de veî leus quenales s’aloter de pae ensemblle. Les gens de Phrosène firent ragriyi eeune petite maison partagie aveu eune haie d’épène. La neuche fut décidée pouor l’arryire, chu meis d’octobe. Cha feut enun graunde neuche : les ounclles, les tauntes, les cousins, les couosènes, les veisins étaient invitaés  ô sei, ampraès avei byin mouogi, byin beu, poussaé la caunchounette les mariaés s’acachîtent dans leus maisoun

La lendeman oû matin, ch’est la mariée qui sortit la premyre. Mélie, sa mère dès qu’o l’avisit par dessus la haie lyi demandit: « Cha s’est-i byin passaé c’te nyit ?

Ah! que fit Phrosène la nouvelle mariée, il est drôle: hyir aû sei, il a déboutounaé ma robe, halaé ses tchulottes st itu sa cravate, s’est couchi et à rounflli toupte la nyit!

Ah que fit Mélie, fâot paé li en vouli à chu pouore garçoun, il a paé l’habitude, cha ira muus deman…

Mais le lendeman et les jouor d’ampraès chétait tréjous de demême et ch’est Mélie  qu’eut l’idaée la premyure:

Mais chu pouore janne houme, il a l’air trisse, no dirait qu’i y a de quei qui li maunque.Si tu li baîllais eun paquet de tabac?

C’h'est cha que fit Phrosène et le lendeman oû matin, Mélie la vit sori de tcheu lyi, la goule fendue jusqu’ès oyères: Mouman, si tu savais coument que cha s’est passaé, enco byin muus de ce que no m’avait dit, c’est incoumprenablle ce que le tabac a fait d’effet, je vas li en racataer eun paquet.

J’sis byin aise pouor tei que fit Mélie et en quemin faisaunt: v’là des sous, rapporte-z-en yeun pouor ton père!

D’après un récit d’Aleixandre Godey.

 

 

La maison de la sorcière . 24 avril 2015

Classé dans : Diableries en tous genres — histoiresetlegendesnormandes @ 14 h 38 min

Encore des esprits frappeurs.

 

Un soir d’Octobre 1982,  non loin du Mont Etenclin réputé Mont des sorciers, un célibataire qui vivait près de La Haye du Puits (Manche), regardait paisiblement la Télé quand il eut l’impression qu’un lourd objet était traîné sur le plancher du grenier de sa maison . Pour s’en assurer, il se dirigea immédiatement dans les combles où il ne remarqua rien d’anormal. Perplexe, il redescendit, croyant avoir été l’objet d’une hallucination.

Quelques jours plus tard, le même bruit se fit de nouveau entendre, pendant que le propriétaire du logis lisait confortablement  assis dans un fauteuil du salon. Cette fois, il fut certain d’avoir bien entendu. Il monta quatre à quatre les  marches de l’escalier( quel courage!) mais dès qu’il pénétra dans le grenier, le phénomènes insolite cessa.

Peu à peu, de nouveaux faits troublants se reproduisent: le fauteuil sur lequel il regardait la télé se balança tout seul, des portes s’ouvrirent et se refermèrent, les lumières s’allumaient toutes seules. Un cendrier posé sur la table alla se fracasser contre le mur de la salle à manger. Au cours d’une nuit, les étagères se vidèrent de leur contenu. Provoqués par une main invisible, d’incroyables faits semblables se succédaient sans répit.

 Le comptable craignait de s’attirer des moqueries s’il en parlait autour de lui !

Convaincu que sa maison était hantée par des esprits malins, il se mit à consulter des ouvrages traitant de la sorcellerie et de l’occultisme dans l’espoir de trouver remède à ses maux.

Un jour qu’il était plongé dans la lecture traitant d’esprits frappeurs , il perçut un bruit semblable à celui d’une crécelle, puis une voix venant d’outre-tombe lui chuchota à l’oreille.

Tu as peur’ hein ? (il y avait de quoi ! )

Pris de panique , notre homme qui vraisemblablement  pétait un plomb,  si ce n’est plusieurs,   sortit de sa demeure en poussant des hurlements qui attirèrent son plus proche voisin professeur d’histoire. A l’arrivée de celui-ci, le calme était revenu.

Le comptable décida de se confier à l’enseignant qui l’écouta avec beaucoup d’attention et lui conseilla d’effectuer des recherches sur l’histoire de sa propriété auprès des Archives Départementales de la Manche et des Archives Diocésaines de Coutances.: peut-être y trouverait -il la clé du mystère.

Après de longues investigations, le comptable finit par découvrir qu’en 1670 eut lieu un procès retentissant dit « Procès de La Haye du Puits » à l’encontre de sorciers qui officiaient sur le Mont Etenclin. Les archives lui apprirent que sa maison était implantées sur le territoire d’un ancien cimetière: une sorcière y avait peut-être été enterrée.

Comme les esprits frappeurs continuaient leur raffut, le comptable préféra déménager.

Propos recueillis auprès de J P Filleau.

 

 

esprits malfaisants 22 avril 2015

Classé dans : Diableries en tous genres — histoiresetlegendesnormandes @ 21 h 59 min

   

   Nuit de terreur à  Louviers.

   Les faits relatés ne sont pas le fruit de mon imagination. Ils proviennent de recherches d’archives et d’articles de  presse .

Dans les années 1591 à Louviers des faits bizarres défrayaient la chronique.

« Le 16 août de cette même année, vers minuit, on entendit de grands bruits dans une maison qui était vis à vis du portail de l’église. Le capitaine et les soldats du Gué appelés en renfort virent passer par la fenêtre de « laditte » maison, tables,  chaises et autres meubles.

La femme Legay et la femme Deshayes apparurent à la fenêtre criant à l’aide et se voulant jeter du haut en bas, tellement elles avaient grande frayeur, disant que c’était un esprit qui les avoient tourmentées et avoit tout renversé les meubles sans dessus dessous.

Elles disoient que viron sur la minuit , un esprit était descendu par la cheminée comme un brandon de feu et qu’après s’être adressé à la servante agée de 22 ans, il l’avoit  poursuivi dans la ruelle du lit , l’avoit battu d’une hallebarde , dont elle avoit le visage meurtri et avoit fait le brisement et le désordre qu’ils voyaient « .

Les soldats du guet allèrent chercher le curé exorciseur qui fit ce qu’il fallait pour retrouver le calme et qui conseilla de bien prier « Notre Seigneur et sa bonne mère la Vierge. »

 

  Le fantôme du château.

A Manneville sur Risle,  au château du Tourneur, toutes les nuits on entendait circuler un être invisible qui avait un pilon d’amputé.
On entendant le choc brutal de la jambe de bois alternant avec celui de la chaussure. Quand on allait voir, les pas venaient à vous et la lumière s’éteignait .
C’est le cocher du comte de Manneville  qui ébruita cette histoire. Il était brave, et plusieurs fois il monta au devant des pas dans le corridor du second qui était fait avec du plancher qui avait pourri. Il voyait les lames qui ployaient là où se produisaient les pas . Il résista 14 ans . Au bout de 14 ans n’y tenant plus, il changea d’employeur.

Pour être brave, il l’était,  14 ans, je ne serais pas resté 14 jours ou même 14 heures sans prendre les jambes à mon cou.

Les sorciers D’Arnières.

Journal « Rappel de l’Eure » 18 Mai 1895.

La jolie commune d’Arnières sur Iton fut le théâtre d’évènements si extraordinaires qu’on aurait pu croire que tous les démons de la terre s’y étaient donné rendez vous!

Madame Semalague, agée de 80 ans possède une vaste habitation située au centre du village.

Ayant perdu son mari depuis quelques mois,  cette dame   vit avec un vieux domestique qui loge à la maison pour effectuer de menus travaux . Depuis trois mois environ la brave dame se plaint d’insomnie, occasionnés par des bruits insolites : elle entend remuer la vaisselle et si elle allume la chandelle, elle ne voit rien . Elle dit recevoir des coups et lorsqu’elle va chercher ses voisins ils ne trouvent rien d’anormal au départ.

Où alors elle perd la boule,  ou elle noie son chagrin dans l’alcool, disent les voisins compatissants!

Mais ces derniers  devaient vite changer d’avis en voyant une magnifique fontaine en Vieux Rouen se détacher du mur et se briser en mille morceaux . Les pots de lait se fracassaient d’eux même à terre et se brisaient en miette . Les mauvais esprits avaient même de l’humour  puisqu’un fromage bien mûr atterrit sur le visage d’ un voisin venu voir le spectacle.

Une marmite se souleva de dessus le fourneau et vint faire un trou au plafond. Un autre témoin regarda même en dessous du lit pour voir s’il n’y avait personne, mais pendant qu’il était baissé, les rideaux du lit se déchirèrent dans tous les sens! 

Pendant que le chambardement se faisait à l’intérieur, ce n’était pas plus réjouissant à l’extérieur . Un levier se projeta dans une fenêtre brisant toutes les vitres. Un petit vase de fer partit d’un grenier voisin.

Madame Semalague ayant été demander de l’aide à la mairie, on dépêcha deux grands gaillards  qui se postèrent à la cuisine. Ils virent très nettement le couvercle de la marmite faire une promenade à travers la pièce en leur rasant les moustaches : cela leur suffit ils déguerpirent en prenant leurs jambes à leur cou.

Le sorcier et le curé des alentours vinrent à leur tour visiter la maison. Lequel des deux réussit à convaincre les esprits et à conjurer le mauvais sort? Nul ne le sait , mais toujours est-il que la maison de madame Semalague retrouva tout son calme!

 

 

 

 

 

Poltergest et esprits frappeurs. 19 avril 2015

Classé dans : Diableries en tous genres — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 46 min

 

D’après les journaux de l’époque et des rapports de gendarmerie.

 

 

 

La pharmacie de Saint Georges du Vièvre aujourd’hui

58a2f57c9d359_head_image_21151_0 pharmacie bonLes poltergests et esprits frappeurs sont des phénomènes qui ne sont pas explicables par les moyens actuels  de la physique habituelle et de la raison.

Ils ont été constatés par des rapports de gendarmerie, relatés par la presse mais on n’en sait pas plus.

Voici quelques exemples à faire rêver la nuit.

   La pharmacie de Saint Georges du   Vièvre.(Eure)  

A été le théâtre de faits divers constatés par les gendarmes dudit lieu . 

 Le mardi 17 décembre 1929 vers 17heures,  heure où la jeune bonne faisait  le ménage dans la pharmacie, un bocal de deux litres est tombé derrière mon dos et celui de la bonne.

Plusieurs bocaux de poudre  se sont promenés un peu partout, et sont tombés alors que la bonne était de l’autre côté de la pièce.
Puis la valse des bocaux a recommencé deux jours après , dont un bocal de naphtaline qui a contourné un meuble  pour aller se briser plus loin , mais de mieux en mieux : 4 jours après,  un mortier de vingt kilos s’est renversé de son socle et un bocal de 5 litres a franchi 4 ou 5 mètres avant de se briser avec un tel bruit que les voisins sont accourus pour voir comme au spectacle.

Le curé mis au courant dit qu’il y aurait bien du » jeteux de sort » la dedans.

Comme étrangement, les faits se produisent toujours en présence de la bonne , on s’est contenté de la congédier vite fait, bien fait, et le calme est revenu.  

 

 

 

Comme aurait dit la tante Marie ! 18 avril 2015

Classé dans : humour — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 15 min

IMGMa tante Marie et l’oncle Charles.

 

Je pense que l’on est complètement mort quand personne ne parle plus de vous. Ma tante Marie, quoique n’étant plus de ce monde depuis au moins 40 ans,  nous avait prédit: » vous causerez de mé! longtemps! Elle parlait le patois et je la comprenais bien.
J’espère que vous aussi vous allez faire un petit effort.

Elle s’habillait d’une grande jupe noire et d’un corsage de même couleur et  était chaussée de gros sabots de bois d’où  dépassait un peu de paille.
Ce qui étonnait dès qu’on l’approchait était son odeur bien caractéristique : odeur de renfermé, d’urine et de feu de bois.

Au nez, parmi cent personnes je l’aurai reconnue.

La pauvre n’avait plus que quelques cheveux sur son crâne visible où il y avait des croutes comme quelquefois chez les nourrissons.

Elle n’avait plus qu’une dent, une seule, mais ça ne l’empêchait pas d’avoir un grand sourire. tout le monde l’adorait.

J’ai oublié de vous dire: elle ne portait pas de culotte, levait un peu la jambe pour faire pipi sans s’accroupir.

Un coup de torchon sur le museau pour aller à la messe de la Toussaint et des Rameaux : pour l’hygienne concernant le reste, quand on lui posait la question elle répondait: Ca s’lave ti pé tout seul! (Ca se lave ti pas tout seul.)

 L’eau glacée du puits n’était pas très engageante,  et si on avait voulu utiliser le chaudron pour chauffer l’eau il y a en avait pour une heure,  et le bois était plus que rare.

Elle avait un mari,  l’oncle Charles, son ancien patron qu’elle avait déniaisé dans la soue à cochon en soignant ces charmantes bestioles.

Elle se plaisait à raconter cette anecdote car pour tout dire , elle parlait cru : » C’con là il avait jamais vu de fumelle il osait pé ‘s ‘décider.

Il trouva quand même bien le mode d’emploi, car il lui fit deux filles. »

Quand elle racontait cela,  devant l’oncle, pas méchant pour deux sous il répliquait…Hu !  mon Dieu que t’as bête! en riant dans ses moustaches.  Ce sont les seules paroles entendues de sa bouche car ce n’était pas un  »diseux ».

Tante Marie , j’aurai tant d’histoires croustillantes  à raconter sur toi, mais j’ai peur de fatiguer mon lecteur.  Si tu nous vois du haut du ciel, rassures toi on se rappelle de té ! et l’on commence quelquefois nos phrases par : comme disait la tante Marie!

              Quelques unes sont restées célèbres dans la famille : Regardant les bébés avec attendrissement C ‘est bi biau pour avoir été fait à coup   d’tchu !

Pour parler d’un dépensier:  c’est un mougeard  : y veut pêter plus haut qu’il a le tchu !

Et lorsqu’on lui parlait de la mode: Diable de mode si mon tchu peut pas dans ma culotte !

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,  le tchu avait une grande importance dans le langage fleuri de la tante Marie.

Elle avait d’autres expressions : En parlant d’un ivrogne: Viau qui tête bi n’a point besoin d’mougi.

Pour celle-ci , j’aurai pitié de vous et traduirai: A la tine mon godet plus tu berras plus t’auras sé. J’aime mieux bère et m’en ressenti que te laisser pour m’en r’pentit. 

A la tienne mon verre, plus tu boiras plus t’auras soif.  Jaime mieux boire et ressentir les effets de l’alcool que d’en laisser pour m’en repentir.

 

 

 

 

 

 

Si mes petites chroniques normandes vous amusent contactez moi : mail solangelaurent.l@orange.fr

 

 

 

Le Duché de Normandie : The End. 16 avril 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 38 min

 

   

                                                      La mort du Lion.

   Qui aurait pu imaginer  que le Duché de Normandie vivait ses dernières années lorsque le Duc Roi Richard  Cœur de Lion et le Roi  de France Philippe Auguste partent ensemble faire la troisième  croisade,  Richard Cœur de Lion ayant convaincu  son ennemi juré de l’accompagner .

Les deux Rois prennent la croix le même jour !  C’est vrai que la confiance ne règne  pas trop entre ces deux là !  le Roi de France est toujours prêt à grignoter cette Normandie tant convoitée. De toute façon dès le début de la croisade, Philippe Auguste  rebrousse chemin.

Le temps de faire quelques conquêtes en guerre Sainte,  Richard désire  aussi rentrer,  l’esprit peu tranquille. Mais c’est sans compter sur la duplicité du Roi de France que le fait capturer en route par le Duc d’Autriche qui n’y va pas par le dos de la cuillère pour  la rançon. Deux mille marcs d’or ! 280px-Château_Gaillard_(Les_Andelys),_vu_du_ciel me demandez pas à quoi ça correspond : Google qui sait tout n’a pas su me le dire !

Il aura fallu pour rassembler toute cette somme  le concours de sa mère,  Eléonore d’aquitaine, l’argent des Barons et même des paysans pour qu’il puisse être libéré un an et demi plus tard !

Plusieurs années seront  nécessaires pour restaurer la situation,  la stabiliser et tenir en respect tous les vautours;   il fait édifier plusieurs forteresses le long des rivières mais sa fierté est  Le Château Gaillard situé aux Andelys . Dominant la Seine , rapidement construit,  il l’appelle  »Ma fille d’un an. »

A 41 ans, c’est l’un des plus puissants personnages de cette époque ; Rappelons qu’à l’âge de 11 ans,  il est intronisé Duc de Normandie et Roi d’Angleterre. Il semble invincible et pourtant!

Qu’avait-il besoin d’aller guerroyer à Chalus  en Haute Vienne ,  pour récupérer,  nous dit la légende,  un trésor que le Vicomte de Limoges aurait trouvé sur ses terres,  trésor romain ayant appartenu à un proconsul  Lupius Capréolus  vivant vers 44 ans avant Jésus Christ composé de 12 statues en or grandeur nature. Le Vicomte propose de partager le magot avec son suzerain. Comment ?  partager?  il me revient de droit ce trésor! il va me » le bailler de gré ou de force ce magot »!

Et  voilà notre vaillant Lion aidé de son fidèle lieutenant Mercadier et de quelques hommes d’armes en route pour Chalus.

la forteresse est modeste et mal défendue. Richard évalue les forces en présence (une petite dizaine de soldats) sous la direction du défenseur Bertrand de Gourdon.

Les chevaliers de Chalus voyant leur cause perdue,  hissent le drapeau blanc et offrent au Roi de lui livrer le château contre la vie sauve. Richard réplique qu’il n’aime pas les lâches , qu’il prendra la forteresse de « vive force et qu’il les fera tous pendre »

Chacun se prépare au combat et c’est sans armure (il est invulnérable n’est-il pas le Lion?) qu’il s’apprête à affronter l’ennemi .

Avec son fidèle lieutenant, il fait le tour de la place pour reconnaitre l’endroit le plus propice d’où il va pouvoir donner l’assaut. C’est alors que l’arbalétrier Bertrand de Gourdon tire une flèche du haut du château atteignant Richard au bras. Il retire lui-même la flèche, mais les soins de son chirurgien n’empêcheront  pas la gangrène et la mort quelques jours plus tard. Il aura eu le temps de faire pendre, comme il en avait fait la promesse toute la garnison sauf  Bertrand de Gordon qui lui avait décoché  le coup mortel .  Est-ce pour être magnanime ? Est-ce pour le châtier plus tard  de façon retentissante?

En tout cas, le corps du Roi encore tiède, Marchadier son lieutenant fit écorcher vif et pendre l’auteur du coup mortel.

Que mon corps soit enterré à Fontevrault, mon cœur dans ma cathédrale de Rouen, quand à mes entrailles qu’elles restent à Chalus!

Tant qu’au trésor, on n’ en entendit jamais plus parler. Nous laissons le soin au lecteur de juger du bien fondé de son existence, laissons  la légende et reprenons le cours de l’Histoire avec un grand H .

La mort de Richard bouleverse la donne . Son frère Jean Sans terre est un faible et Philippe Auguste sait en tirer profit . L’armée Française entre en  Normandie en 1202.  La forteresse de Château Gaillard tombe au bout de six mois de siège. C’est la fin du Duché.

Il nous reste les belles ruines du Château  qui dominent la Seine.

 

 

 

La légende du corps nu. 11 avril 2015

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 14 h 44 min

Encore une légende historique ayant trait au Duc-Roi. La dernière!  Je crois qu’après tout  cela vous aurez eu un aperçu du personnage et comprendrez pourquoi j’ai une telle admiration pour ce dernier ,  à part le fait qu’il battait sa femme de temps en temps.

                                    Voici donc l’histoire!

   Le Seigneur du Plessis Grimoult avait reçu toute la confiance du Duc Guillaume lorsque ce dernier partit faire la conquête d’Angleterre.

    Il s’était vu confier par le Conquérant tout ce qu’il avait de plus cher : son Duché, ses deniers, ses chevaux, les clés de son cellier et…Mathilde son épouse.

    L’Angleterre est bien loin !  les embûches multiples, se dit Grimoult ! Et si le Bâtard ne devait pas revenir comme il y a de fortes chances! Je pourrais        m’approprier la belle Normandie et la jolie Mathilde dont je suis hélas !  devenu éperdument amoureux !

Prenant son courage à deux mains, il lui déclare sa flamme à genoux mais Mathilde est trop vertueuse et trop amoureuse de son mari  pour écouter l’ange de la tentation. Elle le remet vertement à sa place et l’évite à partir de ce jour.

Le temps s’écoule …Puis un jour , Grand branle-bas dans le château!  Voilà Guillaume qui revient, maître du royaume d’Angleterre arraché à son cousin Harold. Il est accompagné par tous les Barons qui l’ont aidé dans sa conquête.

C’est l’occasion de grandes ripailles !
Sitôt le banquet terminé, Guillaume demande à être seul avec Grimoult afin d’aborder la situation du Duché . Ce dernier se sent de plus en plus mal à l’aise , il n’est pas dans son assiette ou plutôt dans son écuelle,  devant le regard inquisiteur du Duc-Roi.

Bof, c’est la crise! bredouille t-il : les tailles ont du mal à rentrer à cause des paysans qui n’ont plus de quoi se nourrir, il a fallu faire de grosses dépenses et les deniers manquent ,malheureusement, nous avons dû emprunter sur les marchés financiers des Juifs et des Lombards qui pratiquent des taux usuriers….

Et la Reine ? Car je vais la faire sacrer bientôt en Angleterre! demande Guillaume? Grimoult se voit déjà taillé en pièces s’il avoue sa traitrise, il tourne autour du pot  laissant entendre que s’il avait voulu…et que même le petit page…essayant de devancer le récit que fera Mathilde à son Bien-aimé.

Guillaume n’en croit pas ses oreilles !Ma Mathilde si douce, si aimante! elle s’encanaillait pendant que je lui gagnais un royaume! Ah l’infâme je la tuerai! Puis comme il monte tout de suite sur ses grands chevaux : Qu’on me donne une corde!  Il fait appeler Mathilde qui ne soupçonnant rien de ce qui se trame,  le sourire aux lèvres,  tend les bras à son époux tant espéré, mais n’écoutant que sa rancœur, Guillaume l’attache par la corde à la queue de son cheval et remet la bride à son cocher compatissant qui freine le destrier pour éviter les cahots trop rudes à la belle Mathilde,  subissant le martyr sans une plainte : elle ne s’en tirera qu’avec quelques égratignures.

Néanmoins la colère de Guillaume ne tarit pas et il fait mettre son épouse au cachot au pain noir et à l’eau .

Les Dames de la Trinité viennent plaider la cause de Mathilde, l’échevin familier maître Oger fait de même : sans succès , on les laisse à la porte du Pont levis.

Puis vient en visite Golet, le Fou de Guillaume , coiffé de son bonnet à grelots: c’est l’ami, le pote, le confident. Il a déjà sauvé la vie de son maître au temps où celui-ci n’était pas encore Duc.

-Et bien mon pauvre Guillaume, il me semble que tu es entrain de broyer de noir: que t’arrive t-il?

-Ce qu’il m’arrive: je suis cocu!

-Comment sais tu ça ?

-On me l’a dit!

-Qui te l’a dit?

-C’est Grimoult !

- Guillaume! je t’ai toujours dit qu’il valait mieux te méfier de tes amis plutôt que de tes ennemis!

- Je connais un moyen de savoir la vérité: tu sais comme Mathilde est pieuse et craint l’enfer.
Je te prêterai ma fausse barbe qui fait tant rire les enfants, tu emprunteras le froc du bon moine Hugues et tu gagneras la prison où ton épouse s’étiole! N’oublies pas de changer ta voix lorsque tu la confesseras: ainsi tu sauras si oui ou non…

Ce qui fut dit fut fait.

Belle Dame dit le pseudo confesseur , je suis le frère Hugues et je viens vous confesser pour peu que vous le désiriez .

A votre bon vouloir mon père et aussitôt se mettant à genoux elle commence …

-Bénissez moi mon père parce que j’ai péché , et de s’accuser de broutilles comme l’aurait fait une fillette de dix ans .

-Et c’est tout! ma chère fille, c’est bien tout ?

-Oui c’est bien tout mon père !

- Et bien tant mieux!  Par la splendeur de Dieu !  cela me rassure,  et Guillaume enlève la barbe et le froc empreintés.

Vous dire quel effet produit ce subterfuge sur Mathilde: elle rit , elle pleure, se serrant dans les bras de Guillaume qui n’attend pas un instant de plus pour l’étreindre farouchement….et je te jure…et je te crois et je te promets et encore et encore! .Les ébats finirent bien par prendre fin, et subitement revient en mémoire l’accusation mensongère :

Grimoult? Oh, celui-là il ne l’emportera pas en paradis !

Sitôt dit, sitôt fait, Guillaume rameute ses troupes et se met à la poursuite du félon qui n’a pas attendu son reste, ventre à terre, sachant que la vengeance du Duc  Roi sera terrible.

Un instant, il échappe à tous les regards: où est-il passé? heureusement un jeune pâtre l’a vu prendre la direction d’Esson petit village du Calvados

Bonne nouvelle dit Guillaume!  Hé bien, si je rattrape ce fourbe, je ferai bâtir  une chapelle à cet endroit .

Et les voilà repartis, bride abattue, traquant le fuyard comme du gibier. Il est vite rattrapé. Les cavaliers l’entourent, il sait qu’il est perdu et demande grâce , se traînant aux genoux du Conquérant.

-Bourreau, fais ton travail !   lentement le tortionnaire coupe la main du fautif, cruel, impassible, il le dépouille de ses vêtements, le lie à un sapin et l’écorche vif en mettant son cœur à nu.
– Voilà dis le bourreau, mon travail est fait !la peau servira de selle à Guillaume jusqu’à ce qu’elle soit tannée comme du vieux cuir.

L’endroit fut appelé « la Brière au corps nu »

Tant qu’à la chapelle « Bonne nouvelle « on peut encore la voir à Esson Calvados.

 

 

 

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