L'histoire et les légendes Normandes vues par Solange

Partage de l'amour de la Normandie

 

Coup de foudre au lavoir. Chateau de Falaise. 31 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 21 h 18 min

280px-Falaise_chateau_guillaume_conquerant_2Volontairement je passerai sur quelques  Ducs normands. Ce n’est pas qu’ils soient  inintéressants,  loin de là,  mais ils ne s’inscrivent pas  dans le créneau : » histoire romanesque » que j’ai choisi. Les historiens feront le reste.

               Voici l’histoire de Robert le Magnifique fils du Duc Richard et d’Arlette fille d’un Pelletier de Falaise.

Il fait un temps superbe et Robert , faucon au poing revient de la chasse vers le château de son père situé à Falaise, chevauchant avec sa suite de gentilshommes , de valets et de chiens.

Quel superbe équipage ! On est en plein milieu d’après midi et les jolies lavandières foulent le linge dans le lavoir que l’on peut toujours admirer à Falaise.

Bien que la saison soit déjà avancée, les jeunes filles tout à la joie de leur travail, se sont un peu dénudées, retroussées bien haut pour ne pas mouiller leurs vêtements et peut-être un peu aussi pour aguicher le regard de ces beaux jeunes hommes qui chevauchent en prenant plaisir à les regarder .

La chair rose des bras, le modelé des jambes, forment un joli tableau et les rires fusent comme autant d’appel à l’amour.

L’une d’elle s’arrête  un instant pour regarder avec plus d’insistance passer le long cortège.

Ses yeux ont croisé le regard du jeune comte qui pudiquement a baissé les siens.  C’est indéniable, la passion a envahi le jeune homme qui rentré au château ne pense qu’à sa belle lavandière.

Combien de jours Robert de sa tour épia t-il la jolie jouvencelle parmi les claires jeunes filles ? Combien d’hésitations dues à son jeune âge et à l’amour qui vient de naître.  Et si la belle refusait ses avances et si…et si..?

N’y tenant plus, Robert veut une réponse à sa  question : m’aimerait-elle un peu?

Il envoie un  vieux comte qui a toute sa confiance , avec son chambellan faire sa demande au père, Bourgeois de Falaise,  pelletier de son  état.

On ne promet pas le mariage , c’est ainsi chez les Ducs normands qui ont pris des concubines et ont assuré ainsi leur descendance » A la danesch manère « 

Le père hésite car sa fille, qui a reçu une bonne éducation est promise à un riche brasseur des alentours. Mais la belle  insiste!  Père, le Comte est tellement beau laissez -moi aller au château !

-Ce n’est pas convenable mon enfant! Et le qu’en dira- t-on?

Mais c’est le comte et je meurs d’amour pour lui!

Le père finit par donner son accord, non sans inquiétudes . Les émissaires viennent chercher la jolie pucelle vers le soir et lui conseillent de se vêtir d’une grande cape pour ne pas être l’objet de commérages de la part de ses voisins.

-Il ferait bon  que je me cache pour aller voir mon amoureux! Je saurais bien rabattre le caquet aux médisants!

Et c’est toute parée pour son aimé qu’elle franchit les portes du château.
Restés seuls, c’est un tendre babillage entre les deux jeunes gens, jusqu’au moment où Robert  se met au lit . Arlette ne tarde pas,  la coquine,  à le suivre non sans s’être déshabillée , gardant sa chemise de lin -rien de sexy – comme c’était la coutume du temps.
Surprise de Robert : le vêtement est fendu du haut jusqu’en bas. Arlette explique au jeune comte qu’il ne serait pas convenable que le bas de la chemise retroussée ne vienne jusqu’à sa bouche.

Le chroniqueur Wace nous écrit un quatrain sur cet évènement comme s’ il avait été présent à la scène.

   
                                                        Ce n’eut pas été de mise

                                                                Que  le bas de ma chemise

                                                               Qui sur mes jambes frotte et touche

                                                               Soit retroussé jusqu’à votre bouche.

Au matin, dans les bras de Robert , Arlette s’éveille dans un grand cri: elle vient de rêver qu’un arbre immense sorti de ses entrailles ombrage la Normandie, mais aussi la grande terre Anglaise! Présage qui devait s’avérer véritable , puisque le fruit de leur amour, Guillaume dit  le » Bâtard » devait effectivement  devenir, outre Duc de  Normandie, Roi d’Angleterre. Beaucoup de péripéties et d’anecdotes à vous conter à son sujet,  car c’est le plus grand de nos Normands.

Un petit coucou sur mon mail solangelaurent.l@orange.fr me ferait grand plaisir

 

 

 

Guillaume longue épée. 27 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 35 min

 

 Si l’on ne sait pas trop qui était Robert le Diable,  sauf par ses exploits diaboliques , on sait très bien qui était Guillaume surnommé « Longue épée » .

Fils du bouillant Rollon et de  Popa  sa concubine à la « manière Danoise » il se montra plus affale et plus humain que les rudes vikings, ses ancêtres.  

J’ai nourri l’imagination de mon petit fils de dix ans à l’époque, en lui racontant le jour où  dans un conseil,  ses barons  n’avaient pas cru bon de l’inviter. Guillaume  ne dit rien,  mais fit porter  dans la salle  son immense lame , brillante et nue, comme un reproche muet.

Mon petit fils voulait à tout prix retrouver la longue épée, soit dans les châteaux, soit dans les musées.

Mais le « Longue épée » aspirait miraculeusement à d’autres couronnes:  Il voulu devenir moine!   Après avoir relevé de leurs ruines les abbayes que ses ancêtres avaient détruites, il aspirait à une vie pépère.
Tout  plutôt que tous les sacs du nœud ou les paniers de crabe du pouvoir!

Sa crise de mysticisme  le prit comme une envie de pipi,  et ses patenôtres commencèrent à inquiéter son entourage,  notamment l’évêque de Jumièges. qui lui dit : Nous avons tous notre tâche sur cette terre : Dieu ne vous a pas crée pour être moine mais pour être prince!

Son conseiller Bernard le Danois proteste aussi avec énergie : Si c’est pour ne pas combattre,  vas te réfugier en France où tu pourras vivre comme un lâche !  

  Nous donnerons peu de choses sur les batailles qu’il fut obligé le livrer,   contre les Bretons qu’il reconduit jusque chez eux l’épée dans les reins , puis contre les vikings du Cotentin,  ses frères qui viennent de se révolter.

D’autre part le roi de France meurt en laissant son héritier Louis IV d’outremer âgé de quinze ans.   Déjà,  les vautours rôdent comme des mouches sur un pot de miel pour la succession . Hugues de France et Othon  le Germanique sont aux taquets.  Par la force et par la ruse,  Guillaume impose le jeune roi à Paris.

Louis IV  d’Outremer n’aura pour  Guillaume » Longue épée » , ce fidèle vassal,  que de l’ingratitude . Il n’aime pas se souvenir qu’il doit son trône à un fils de pirate normand et sera le complice,  sinon  l’instigateur de sa mort dans un complot perpétré en Flandre à coup d’avirons et d’épées.

Le proverbe l’a bien dit: Fais du bien à un chien  il te chiera dans la main!

 

Aimez vous mes petites chroniques normandes? Si oui faites moi un petit coucou sur mon mail solangelaurent.l@orange.fr  Merci.

 

 

Robert le Diable. 26 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 18 min

chateau robert le Diable 

 

                  Le château Robert le Diable à Moulineaux

        près de Rouen,  où vécurent les premiers Ducs Normands.

 

    Si vous prenez  l’autoroute qui va de Caen  à Rouen, un peu avant cette ville,  vous ne pouvez louper ces ruines majestueuses datant dit -on du XI° Siècle.

 

 Venons à ce Robert le Diable. En voilà un qui a intrigué les historiens ! il  aurait eu pour père un certain Duc Aubert et pour mère la Duchesse Indre.  Point de trace de ces deux là  pourtant dans la généalogie des Ducs normands.!

On va s’en référer aux troubadours qui en ont fait des tonnes et des  sagas: « Li Romans de Robert le Diable ».

 Il advint que le Duc Aubert par un jour de Samedy,   venoit de chasser en la forêt du Rouveray. Il  eut le désir de coucher avec sa femme Indre , mais elle le repoussa. Devant l’insistance de son tout puissant mari , elle devait céder en lui disant que » Dieu n’avait point aucune part de ce qu’il l’avaoit obligé faire . »

Si c’est pas  Dieu, c’est  le Diable !  voilà la malédiction formulée,  et dès sa naissance on vit l’empreinte du malin accompagner ce Robert.

Au moment de l’accouchement une tempête traverse le ciel , une tour s’écroule, une chouette entre dans la chambre de la Duchesse.  

Immédiatement,  on découvre le  caractère Diabolique du gamin : il bat ses nourrices, leur mord les seins, tue son précepteur pendant son sommeil à coup de couteau dans le ventre à l’âge de sept ans.  Adolescent, il pille les églises et les monastères, viole les nones,  tue les villageois pour leur voler leur femme .

Peut-être que si on le préparait à devenir chevalier il atteindrait un idéal noble?  déclare son père.

Pauvres parents qui ont pu croire cela ! Pendant la nuit qui précède la cérémonie où il était censé prier dans la chapelle du château, il se rend dans un monastère de Rouen, choisit la plus belle des nones, la viole toute la nuit ,  la tue au petit matin et  revient se recueillir dans l’abbaye Saint Ouen de Rouen.

le lendemain à la messe, comme le veut la coutume, le père fait venir son fils devant lui en lui  rappelant ses devoirs de chevalier,  en  lui donnant  l’accolade, il lui frappe symboliquement   l’épaule du plat de son épée . Robert  se saisit aussitôt de la sienne pour étriper son père qui ne doit la vie qu’au secours des assistants.
Puis il traîne avec lui  une bande de renégat.   Au menu : pillages, brigandages, viols :  le pauvre père n’en  peut plus et il fait publier dans tout le pays que « quiconque occira son fils Robert sera pardonné  ». Il envoie au château de  Moulineaux  des messagers pour s’en emparer , mais celui-ci les renvoient à son père les yeux crevés.

Pourtant un jour il devient las de tant de crimes. Est-cela son destin? Il veut en avoir le cœur net et va voir  sa mère qui vit alors dans un château voisin.
Il se présente à elle l’épée à la main, la menaçant de lui arracher la cervelle. si elle,  sa génitrice ne lui révèle pas la raison de son âme si méchante.

Il saura que le Diable à prit sa part dans sa naissance,   se repentira et ira  voir le pape qui lui ordonnera sept  ans de pénitence et deviendra Ermite.  Les sept ans achevés il restera loin du monde et sera béatifié.

 Sa dépouille sera transférée à Saint Jean de Latran à Rome où de nombreux miracles se produiront sur sa tombe.  Comme quoi!       

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos bouillants ducs Normands 25 mars 2015

Classé dans : les ducs normands — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 21 min

poppa à Bayeux2015 Poppa captive et concubine de Rollon a la  »manière Danoise »

 

        Je vous avais promis de vous faire connaître  l’histoire de cette belle province.

            Pas question de me substituer aux historiens dont c’est le métier,  mais plutôt de vous conter en marge    des anecdotes,  le romanesque qui entourent ces personnages, ces faits  souvent transmis par les trouvères.

              Voici comment serait née notre  belle région.

                                                                                          

                                La naissance de la Normandie.

            Nous sommes en 911. Les bouillants Vikings ont depuis près de cent ans découvert les charmes de notre   belle province, Ils se plaisent bien chez nous , et il y a de quoi,  remontant les boucles de la Seine, dévastant les abbayes, s’enhardissant  même à piller Rouen et pendant que l’on y est, pourquoi pas Paris en 845?

De vrais démons ces  »Northmans »! Aucun roi Carolingien ne pourra en venir à bout!

C’est ici qu’entre en scène leur chef appelé Hrolfr en Français Rollon. Était-il Danois ou Norvégien? Les avis divergent, mais les chroniqueurs sont unanimes la dessus: il était tellement graaaand qu’aucun cheval ne pouvait le porter d’où son surnom Rolf le marcheur!

Pour faire simple, ça n’était pas un enfant de chœur, après Rouen et Paris, il s’attaquait à Bayeux, s’octroyait tout le butin qui pouvait lui tomber sous la main  et par la même occasion capturait la fille du comte Bérenger:  Poppa pour en faire sa concubine.  Voilà donc le personnage qui veut rafler une partie de  la Normandie au pauvre Roitelet  de France qui n’a qu’un mini royaume  »L’Ile de France ».

Charles le Chauve sait bien qu’il vaut mieux éviter de rentrer en guerre ouverte  avec un pareil Coco,  et finalement il lui octroiera ce qu’il avait déjà acquit de fait,  à condition de s’en tenir là et de ne plus remettre ses grands pieds au delà de la rivière de l’Epte.

Le traité stipulait que le Normand devait se faire baptiser lui et les siens et épouser la fille du Roi !

 

le traité aurait eu lieu en 911 ou 912 dans l’église  de Saint Clair sur Epte avec suivant la coutume jurement sur les reliques .
 L’usage exigeait que le Vassal mette les mains dans celles de son Suzerain . Rollon consentit avec peine à ce rituel , mais quand il s’agit de fléchir le genoux et de baiser le pied du Roi,  son sang ne fit qu’un tour et il refusa net, chargeant l’ un de ses lieutenants de le faire à sa place. Celui-ci par maladresse,  ou peut-être,  si on est méchante langue par insolence, leva le pied du Roi si haut que ce dernier tomba à la renverse , si bien que tous les témoins de la scène pouffèrent de rire.

Charles le Simple ressentit un tel affront qu’il ne trouva même pas le courage d’en tirer vengeance. Comme prévu après sa conversion, qui devait lui restait un peu à travers la gorge, Rollon se serait marié avec Gisèle la fille du Roi en l’église  de Saint Clair sur  Epte .

La légende prétend que peu avant sa mort il aurait ordonné le sacrifice d’une centaine de Chrétiens en offrande à ses anciens Dieux Thor et Odin.

Et puis alors! On ne sait jamais, il vaut mieux se concilier les bonnes grâces des Dieux de quelque bord soient-ils!

 

 

la légende du cidre. 20 mars 2015

Classé dans : légendes normandes — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 38 min

                                                                                                            

                              Résultat de recherche d'images pour "image dieu bacchus"          La légende du cidre. 

 
  Si les pommiers sont l’emblème de notre région, et nous donnent chaque année le spectacle de champs couverts de fleurs  aux couleurs tendres, il n’en a pas toujours été ainsi : voici en quelles circonstances ces arbres se sont implantés dans nos prairies.

 C’était au temps ou Bacchus,  roi de la vigne,  avait imposé ses barriques sur tout le territoire normand , et qui se  contrariait fort de voir de plus en plus les habitants  bouder le jus de ses  treilles.

Il  se confia à une fée de ses amies qui  hantait la région .

 »Tu me demandes mon aide, je veux bien te l’accorder mais testons d’abord le goût de nos normands et n’interviens en aucun cas ».

Cachés derrière un buisson près d’une auberge,  Bacchus et la fée observent un paysan recru de fatigue et de soif qui s’assied sous l’ombre bienfaisante d’un arbre.

Servante ! apporte moi quelque chose de frais je crève de soif!
Monsieur, vous tombez à pic,  aujourd’hui nous faisons une  dégustation gratuite,  vous pourrez boire autant qu’il vous plaira entre ces deux boissons :cidre et vin.  

Mais c’est Noël avant Noël !  dit le paysan qui n’hésite  pas une seconde et se sert une grande rasade de cidre puis une autre et une autre!, il les avale avec un plaisir évident, ce qui fait sortir Bacchus de ses gonds malgré le pacte conclus avec la fée.

Comment  malappris tu ne prends  pas de vin ? Tu délaisses ce jus merveilleux de la treille  pour te gorger de cet affreux liquide!

Doucement ! A ce qu’il paraît que vous êtes un Dieu,  moi,  je suis un paysan mal dégrossi,  mais je sais bien que je préfère cent fois  le nectar pétillant qui me rafraichit si bien.

Va balourd!  Lourdaud! Grossier personnage !  Les normands et toi vous n’êtes bons qu’à picoler le jus de vos purins!

Purins sans doute ! mais ce n’est pas votre vin qui éteindra ma soif , et en défiant le Dieu, il se ressert une grande rasade de cidre où se dégage tout le pétillant du jus de la pomme.

 
Depuis ce jour, pour se venger, Bacchus fit souffler sur les vignes normandes une malédiction atrophiant les grappes les plus belles tant et si bien que les celliers se refermèrent devant le vin local appelé  »Piquette ».

Las et vaincus,  les derniers vignerons arrachèrent un à un les derniers pieds pour en faire un feu de joie , afin de  planter l’arbre qui fait tout le charme de notre région.

Vengé, Bacchus s’en alla confier l’art de la vigne aux habitants de la région de Bordeaux où le soleil est roi.  

    

 

 

   

 

 

Pas d’obèses dans les années 40 16 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 19 h 07 min

   La nourriture n’était pas très copieuse à la ferme durant la guerre.  Le repas du midi consistait  ordinairement en galettes de Sarrazin à volonté, cuites sur une énorme poêle appelée tuile sur lequel on étalait une mince couche de beurre. Et c’était tout jusqu’au soir.

Le Mercredi, jour du marché à la ville voisine, on  voyait arriver sur la table  la morue salée, plat que j’ai toujours eu en horreur,  heureusement, il y avait des pommes de terre et de la crème.

Quelquefois, le Dimanche après la messe  on invitait de temps en temps un oncle et une tante pour manger une volaille . Pas d’assiettes sur la table, juste un grand plat où piochaient les invités prenant une tranche de pain noir où ils déposaient le maigre morceau de viande et mangeaient avec leur couteau. Après chacun sauçait le plat . Le jus coulait dans les baccantes des oncles qui arboraient tous cet ornement à la mode!

Moi qui venait de la ville ça m’interpellait un peu . Pas d’entrées, pas de fromage, jamais de fruits, sauf ceux qui poussaient dans le jardin : groseilles, cassis.

Le soir, on mangeait de la soupe à la graisse de bœuf avec des légumes : carottes,  poireaux, fèves; pommes de terre, choux.  Chacun avait sa propre soupière contenant au moins un litre et demi pour les adultes. les enfants avaient l’équivalent d’un bol et l’ on mangeait avec de grands bruits,  comme dit Jacques Brel bien plus tard.

On gardait les œufs, la crème et le beurre en trop pour les vendre à l’épicerie pour avoir du sucre , du café  avant que toutes ces denrées ne soient rationnées par les allemands. Le plus dur fut le rationnement du pain  : 250 grammes par jour et ce,  jusqu’en 1948 , quatre ans après la guerre.

250 grammes ! ça peut sembler beaucoup à nos générations qui n’en mangent plus guère, mais c’était une grande partie de l’alimentation puisqu’il n’y avait rien d’autre. On aurait fait n’importe quoi pour se procurer du pain.

 »Ventre affamé n’a point d’oreille! mais à mon avis il n’a pas non plus de cœur , car les deux femmes de la maison nous poussent avec ma jeune tante à aller  quémander du pain au  »Moulin d’Angonnet  » qui abrite l’état major allemand.
Ma grand mère nous promet 50 centimes chacune pour aller mendier  »le Brout  » Est-ce mon esprit mercantile ou la curiosité ?  nous voilà parties.

50 centimes ce n’était pas cher payé , vu la mission confiée à des enfants de 6 ans en territoire ennemi!  

Nous frappons à la porte du moulin : Etonnement du portier qui alerte tous ses coreligionnaires qui nous font rentrer . Nous sommes donc toutes les deux au milieu des allemands :de grands gaillards et nous si petites! Alors, poliment j’explique que l’on voudrait bien du pain:  Ya! Ya! .  Ils nous entrainent à travers les grands couloirs du moulin et là surprise, une grande pièce est décorée pour Noël avec sapin et tout le toutim , ils s’apprêtent manifestement à faire bombance alors que nous n’aurons qu’une orange pour l’évènement!

L’un d’entre eux nous caresse les cheveux, l’air  attristé, il nous explique que lui aussi a (petits enfants restés au pays) et commente (connerie la guerre)!

Ils semblent ravis d’avoir de la visite et commencent même à chanter des chansons de Noël.

Nous, on voudrait bien partir, nos mères  »indignes » nous attendent dehors , mais les allemands n’ont pas l’air de vouloir nous (lâcher la grappe).

D’une petite voix, je reformule la raison pour laquelle on est là,  et nous voilà avec deux belles miches de pain noir.

Le temps commence à sembler long à nos mères qui angoissent de ne pas nous voir revenir,  et bourrées de remords, du moins je l’espère, elles  frappent  à la porte  au moment où l’on sort. Personne ne demande son reste et l’on ne recommencera pas l’expérience!  »

  

    

 

 

années 40 vie à la campagne. 15 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 05 min

IMG J’avais déjà  réalisé ce qu’était la guerre , puisque les premiers bombardement furent pour nous à Rouen,  mais en entendant au petit matin,  un jour de Juillet  40,  alors que nous  avions déserté la ferme,  le bruit des motos  et des bottes allemandes qui descendaient la grande rue,  je n’en menais pas large . Grands coups de crosse dans les volets du café épicerie de grand papa . Sans résultat au départ car nous nous étions retranchés à l’étage.  Mon grand père ancien de la guerre de 14-18,  avait planqué ses décorations et tremblait de toute sa carcasse.

Il faut descendre! Ca urge! mais pas téméraire Jules ! C’est alors que ma grand mère,  victime d’une poussée d’adrénaline qui lui donne le gosier sec,   s’en prend à la cuvette où s’était rasé le  seul homme de la maisonnée (il n’y avait pas d’eau courante)  mousse, barbe,  cheveux,  elle pousse le tout pour pouvoir boire cette eau sale jusqu’à la dernière goutte,  elle si maniaque qui  n’aurait même pas bu derrière moi , sa petite fille.

En définitive c’est elle qui ira ouvrir la porte, servira les allemands qui réclament du Calva et payent sans sourciller. 

Finalement, les allemands se tiennent bien : pas de pillages, pas de viols . Nous n’aurions pas eu à nous plaindre plus que ça de leur occupation,  si nous n’avions pas été rationnés autant  pour la nourriture. Ceux qui possédaient des pièces libres furent aussi priés de se pousser pour leur laisser la place, ce qui était pour le moins très désagréable.

Lorsque la résistance s’installa sur le territoire et que les SS sans foi ni loi arriveront, ils deviendront plus agressifs et répressifs,  n’hésitant pas à prendre des otages si quelqu’un leur porte préjudice.  

Pour conclure: deux mots sur l’épicerie .

Ceux qui n’ont connu que les supermarchés, ne peuvent pas imaginer ces lieux de vente où il ne nous serait pas venu à l’idée , même en rêve ,  qu’un jour on pourrait se servir seul.

Au plafond, des morues salées donnaient une odeur très caractéristique dès qu’on avait franchi la porte. On pouvait aussi voir quantité de  balais et de brosses en chiendent  pendus au dessus de nos têtes .

Continuons notre inventaire : par terre, des sacs de jute contenant des lentilles, des haricots, des fèves,  du riz et du café.

Quelques apéritifs sur les étagères du Byrrh, du Dubonnet, du Vermoult et du Pernod que les clients commandaient pour aller boire à coté dans la salle de billard , mais ce qui se vendait le mieux c’était le café bouillu et  rebouillu sur la cuisinière,   que l’on aurait pas pu concevoir sans Calva:  plus de Calva que de café,  un vrai  »tord boyau » et aussi la  »moque de bère » genre de bol plein de cidre.

A la vitrine de grands bocaux de bonbons vendus à la pièce. rouleaux de réglisse avec au milieu un pois jaune, des coquelicots nous mettaient l’eau à la bouche mais nous étaient donnés avec parcimonie, le père Jules n’ayant pas l’habitude d’attacher son chien avec des saucisses!

L’huile, le vin, le cidre  se vendaient à la tireuse,  les clients apportaient leur bouteille pour les remplir ainsi que leur timbale à lait où l’on versait à l’aide d’une mesure,  le lait venu de la ferme distante de 3 kilomètres,  que se chargeait d’emmener quelque fois seul le cheval Favori.

On proposait aussi de la crème et du beurre faits maison.

Tout ça c’était avant les restrictions. Je vous raconterai comment s’organisa la vie lors de l’occupation des allemands, mais toujours sur le même ton léger. Je n’ai pas envie de faire pleurer dans les chaumières.    

      

 

 

La vie en 1940: les personnages. 14 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 58 min

 

Je vous ai dit que je vous présenterais les personnes qui vivaient à la ferme à cette époque .

 »Mais on en a rien à cirer de sa famille »! allez vous penser! et pourtant,  même si vous avez entièrement raison, il est nécessaire pour la bonne compréhension des anecdotes qui vont suivre  que je campe un peu les personnages.

Une petite précision :  maman et moi étions là par hasard, ayant été sinistrés à Rouen, c’est pourquoi nous avions fuit la ville pour nous réfugier à la campagne.

Ma grand mère Victorine,   était une femme dure ne s’écoutant pas . Elle avait eu la bonne idée lors d’un retour de flamme:  de faire à 40 ans une fille que était de mon âge et avec laquelle nous faisions les quatre cent coup: la tante et la nièce du même âge.   Il y avait aussi   l’arrière grand mère  Euphrasie que l’on disait gâteuse,  mais qui avait certainement  la maladie d’Alzheimer.
5 femmes à la maison, mon père étant prisonnier de guerre et mon grand père Jules possédant outre la ferme,  un café épicerie à la ville voisine distante  de 3 Kilomètres,  préférant faire son joli cœur ,  vu qu’il avait un succès certain, ( il ressemblait à Omar Sharif tout craché, sauf qu’Omar Sharif venait tout juste de naitre) et il préférait  laisser s’échiner ma grand mère au cul des vaches.

Je commencerai par l’aïeule Euphrasie  dit Frosine qui des fois débloquait  grave. : un jour nous entendons de grands éclats de rire et des voix étrangères dans la cour de la ferme ,  Il faut vous dire que  les allemands ayant envahi la France et avaient  leur QG non loin de là.

Euphrasie avait retroussé ses longues jupes qui tombaient habituellement jusqu’aux pieds , Elle ne portait jamais de culotte ou à la rigueur  des culottes fendues comme la mode l’exigeait. la neige était tombée, et la voilà qui en prend des paquets pour se laver consciencieusement » le fourchet » avec plusieurs allemands  comme témoins goguenards.

Ma grand mère abrège le spectacle en faisant rentrer vite fait l’actrice et en la réprimandant vertement!

Autre mélodrame: la mort accidentelle du cochon .

Comme beaucoup de personnes l’ignorent,  le  cochon est un animal fragile et c’est pourquoi celui dont il est question était condamné à rester bien au chaud dans sa cabane sans connaître les joies de la liberté. Pourtant un jour, le loquet mal fermé, voilà notre bestiole qui se croit en  vacances. Et que je te gambade ! et que je me baigne dans la mare fangeuse! tant et si bien que quelques jours plus tard , le fugueur est retrouvé mort de congestion sans doute, dans la cabane qu’il avait pourtant réitéré » manu militari » dès que son escapade avait été découverte.

Bon réflexe de ma grand mère qui fait venir le charcutier pour le saigner . Il fallait bien en tirer profit,  malgré qu’il ne fut pas arrivé au poids d’abatage, car  on avait si peu à manger!

Le gros hic était,  que le grand père Jules , point commode,  devait se pointer ce jour là à la ferme et il fallait qu’il ne sache pour rien au monde  que le défunt avait batifolé avant d’avoir passé de vie à trépas.

Consigne nous est donnée ainsi qu’à l’aïeule,   laisser ma grand mère exposer les faits pour édulcorer la chose,  mais à peine arrivé, Frosine crache le morceau à son fils:

Jules, tu sais,  Frosine dira ri!

Mais qu’est ce que tu as à me dire toi?

Ri ! ri du tout , et au moment de passer à table , elle crache le morceau:

-Non Jules, ton cochon il est point mort: il est sai de lait (sou d’voir bu trop de lait ) Dans la mare le cochon!  et plouf ! Et elle riait à gorge déployée , il n’est point mort.

Pas besoin de faire un dessin au grand père et ce soir là, nous avons mangé la soupe à la grimace.  

 

 

 

 

 

la vie en normandie années 40 13 mars 2015

Classé dans : anecdotes années 40 — histoiresetlegendesnormandes @ 17 h 05 min

magrand mère Victorine. Je suis née en 1934, c’est vous dire si j’ai déjà de la bouteille !  Bon pied bon œil ! un optimisme à toutes épreuves et des souvenirs pleins la caboche.!

Si cela peut vous intéresser, je vais vous raconter un peu la vie dans la campagne normande à  l’ époque de la guerre :  mais pas de catastrophisme de ma part :  que des anecdotes!

Pour commencer j’ai mis ma grand mère en photo . Elle était moderne pour l’époque, ayant un peu vécu à Caen:  pas de grandes jupes:  pas de fichu sur la tête comme ses contemporaines qui n’avaient quitté leur village que pour aller au marché situé à 3 kilomètres.  

Ce qui  était moins moderne, c’était la cabane au fond du jardin, qui malgré sa vétusté était encore en service. Ce qu’il y avait de bien,  c’est que vous pouviez lire les nouvelles car le PQ , c’était du journal coupé en morceau  !

La cabane au fond du jardin   a donné lieu à des générations de constipés car quand il gelait à pierre fendre …

Les excréments récupérés dans la lessiveuse servaient à faire de l’engrais pour le jardin et donnaient des poireaux magnifiques .

La ferme : une grande pièce en terre battue avec une porte à battants. Si vous aviez le malheur de la laisser ouverte  pour aérer, les poules passaient par dessus afin de récupérer les quelques miettes du repas,  non sans s’être soulagées copieusement.

Dans cette grande pièce trônait la cheminée où brûlait un maigre feu :quelques petits morceaux de bois, un peu de bouse de vache séchée  et lors des repas,  on mettait en dessous du chaudron pour activer,  une glane de haricots secs épluchés. pas de gaz,  pas de cuisinière, tout se faisait à la cheminée.

Dans la même pièce,  une grand table et des bancs rembourrés avec des noyaux de pêche , et au fond un lit à alcôve . Le soir on fermait les rideaux en tissus rouge à petites fleurs  pour se tenir au chaud, bien que l’on puisse se glisser sous la courtepointe et l’ édredon rouge.

Un vaisselier avec quelques assiettes apparentes ,la plupart du temps ébréchées,  et luxe  suprême !  une magnifique horloge  qui rythmait le temps et possédait   un balancier  très travaillé : une merveille!

Sur le manteau de la cheminée quelques boites à épices et la fameuse et quelquefois fumeuse  lampe à pétrole car on n’avais jamais entendu parler de l’électricité.

Deux autres chambres sans aucun chauffage, un lit en fer et une commode pour ranger nos quelques nippes:  un change pour le tout les jours, un pour le Dimanche ( la grande lessive se faisait deux fois par an) et sur la commode une cuvette et un broc.

Il ne fallait pas compter sur l’eau chaude ; celle qu’on employait  venait directement du puits et il faut avouer que l’on ne se lavait pas beaucoup…. Juste le bout du nez pour aller à l’école et la messe.

En plus il y avait un petit  »cabouin » où devait dans le temps coucher la bonne,  quand il en avait une,  et une laiterie pour faire le beurre et entreposer le lait .

Dehors il y avait le tas de fumier non loin de la maison où quelques poules grattaient inlassablement sous le regard d’un coq arrogant,  une mare où pataugeaient quelques canards malgré l’écoulement de fumier qui la polluait  et un bâtiment qui abritait le cochon.

Les quelques vaches et le cheval  »Favori » dormaient à la belle étoile. 

Comme il n’y avait pas de pollution:  des étoiles,  il y en avait des myriades et on essayait de repérer les constellations.
ma grand mère disait  » y va g’ler le ciel est etelé.  » (Pas besoin de traduction je crois)

Voilà pour la présentation .

Demain je vous parlerai des personnages atypiques qui habitaient cette ferme.  

 

 

quelques recettes insolites. 11 mars 2015

Classé dans : médecine insolite — histoiresetlegendesnormandes @ 18 h 36 min

Les règles  intriguaient beaucoup nos ancêtres.

Si une femme n’a plus ses règles, sans raisons, il faut appliquer des sinapismes (application faites avec de la farine de moutarde sur les cuisses) mettre des sangsues près de la vulve (quelle horreur!)  faire des bains de pieds sinapisés et quelque fois des saignées aux pieds.

Pour les arrêter volontairement, réduisez en poudre la peau qui est sur les noix, mélangez avec du vin, et boire ce mélange durant plusieurs jours. 

Si les Anglais ont oublié de débarquer, prenez une infusion d’armoise à raison de 10 à 15 grammes de sommités fleuries par litres d’eau.  

 Pour se préserver de toutes les maladies, il faut porter sur soi un linge avec lequel on a frotté les pieds d’un mort.

Si vous manquez d’appétit avalez cinq ou six grains de poivre chaque jour comme des pilules sans les croquer.

Pour faire repousser les cheveux des personnes chauves, faites infuser une petite quantité de sulfate de cuivre dans l’alcool pendant quelques jours , puis décanter le liquide. On lave une fois par jour les endroits dénudés et avec beaucoup de chance, l’on devrait bientôt voir ces derniers réapparaître .

Joindre à cette médication externe l’usage d’un sirop antiscorbutique.

Contre le venin de serpent et par extension pour vous libérer du Diable faites appel à l’aubépine.  

 

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